GlaxoSmithKline soigne sa prévention

Depuis 2005, les laboratoires GlaxoSmithKline mènent une politique volontaire pour réduire la sinistralité de leur flotte. Des efforts récompensés par un Trophée remis par Arval lors du dernier Mondial de l’Auto.

- Magazine N°146
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GSK

Le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) est aujourd’hui sous les feux de l’actualité. Ainsi, les laboratoires ont annoncé la suppression de 850 postes sur le sol français d’ici 2011-2012. Une décision qui influe sur la flotte puisque le nombre de véhicules va décroître progressivement. Début 2008, GlaxoSmithKline était à la tête de 1 750 voitures constituées à 95 % de véhicules de fonction. « La flotte est gérée par un seul loueur, explique François-Marie Chambon, responsable Performance et Mobilisation des Réseaux. Cette décision a été prise pour simplifier son fonctionnement. »

Si GlaxoSmithKline traverse une période compliquée, en revanche sa direction ne lâche rien sur son plan de prévention des risques routiers. « Assurer la sécurité de nos collaborateurs est un des éléments importants de la culture d’entreprise, assure François- Marie Chambon. C’est une exigence du groupe au niveau mondial, même si la décision de mettre sur pied un plan de prévention des risques routiers a été prise localement. » Cette action n’a pas été initiée sous la pression d’une situation dramatique puisque la sinistralité de GSK reste inférieure à la moyenne de l’industrie pharmaceutique. Le laboratoire n’a eu aucun sinistre grave à déplorer au cours des 12 dernières années. « Ce plan n’a pas été conçu dans l’urgence, reprend François-Marie Chambon. Notre volonté était d’anticiper les problèmes et d’améliorer nos points faibles. » Il n’en reste pas moins que les visiteurs médicaux sont particulièrement exposés aux risques routiers et que GlaxoSmithKline enregistre encore des accidents. Le plan de prévention des risques routiers a aussi pour objet de faire baisser la sinistralité et de réduire les frais de remise en état.

Un plan sur trois axes

Initié en 2005, le plan se décline selon trois axes : formation, communication et événementiel. Première action : tous les nouveaux collaborateurs bénéficient d’un stage théorique pendant lequel sont présentés les risques routiers propres à l’environnement des visiteurs médicaux. Deuxième action : les multi-accidentés bénéficient une fois par an d’un stage de formation chez Centaure. Avant cette formation, le laboratoire a décrit à l’organisme de formation le type de sinistre qu’il enregistrait. Ainsi, Centaure concentre son action sur les risques propres au métier de visiteur médical après une présentation plus générale sur la sécurité routière. Enfin, GlaxoSmithKline dispense une formation complémentaire lorsqu’après un stage chez Centaure, le collaborateur enregistre un nouveau sinistre. Dans ce cas de figure, un formateur accompagne le collaborateur sur le terrain pendant une journée complète et lui dispense conseils et avertissements. « Nous avons écarté les formations sur pistes humides, précise François- Marie Chambon, car le coût est important et ce, d’autant plus que des professionnels nous ont confié que les résultats ne sont pas forcément à la hauteur. »

Deuxième volet du plan, la communication est récurrente et emprunte plusieurs canaux. Tous les trimestres, GlaxoSmithKline édite et distribue une publication où la sinistralité est analysée et où quelques règles de sécurité sont rappelées. Autre action de communication, en janvier ou février, le journal interne distribué à l’ensemble des collaborateurs reprend et analyse l’ensemble des statistiques de l’année. Enfin, la communication passe aussi par le management. Organisation par organisation, un bilan et une analyse sont effectués pour que les managers accompagnent leurs collaborateurs vers une conduite plus sûre. Le laboratoire organise aussi chaque année un événement autour de la sécurité routière à l’occasion des grandes conventions.

Bénéfice : le triple de l’investissement

Par ailleurs, la société a mis en place un système de pénalités pour les mauvais conducteurs. Si le collaborateur enregistre 3 sinistres responsables en moins de 18 mois, le véhicule qui lui est alloué baisse de catégorie et embarque moins d’équipements. Il passe ainsi d’un Scénic, d’une Laguna, d’une Mégane ou d’une Passat à un Renault Modus. Depuis 2005, trois collaborateurs ont eu à subir cette sanction. « Nous ne récompensons pas les bons conducteurs, explique François- Marie Chambon, car nous estimons que bien conduire est la règle. En revanche, comme la loi nous interdit les sanctions financières, nous avons mis en place cette mesure qui a un impact important. »

Grâce à toutes ces actions, GSK enregistre des résultats plus qu’encourageants. Ainsi, en 3 ans, la fréquence des sinistres a baissé de 23 %. Quant à la fréquence des accidents, elle est passée de 51 % à 38,5%, soit une baisse de 12,5 points. Encore plus probant, le nombre de jours d’arrêt de travail enregistrés à la suite d’un accident de la route a baissé de moitié. « L’économie réalisée équivaut au triple de notre investissement », se félicite François-Marie Chambon.

Pour parvenir à ses résultats, François-Marie Chambon insiste sur l’importance de l’implication du management et, plus spécialement, du nouveau président de GlaxoSmithKline. Mais si le plan de prévention a rencontré le succès, c’est aussi grâce à des actions menées sur le long terme : « C’est un travail de longue haleine, souligne François-Marie Chambon. Il ne s’agit pas de faire une opération « one shot ». Ce plan implique un véritable investissement de la part de notre fleet manager. La situation ne devient pas bonne du jour au lendemain. Il faut se répéter et être présent en permanence. De plus, la population concernée doit être réceptive. Enfin, il faut diversifier les actions sinon le plan s’essouffle. »

Le bilan est donc particulièrement positif et ce, d’autant plus que la population visée est plutôt âgée, enregistre 40 000 kilomètres au compteur par an et, à ce titre, se considère comme informée. « Les actions que nous menons peuvent paraître contraignantes pour eux, explique François-Marie Chambon. Mais les réticences disparaissent quand le fond et la forme des actions sont correctement étudiés et abordés. » La preuve ultime que la prévention atteint son but quand les actions sont correctement organisées.

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