Global Bioenergies et Audi testent le biocarburant

En partenariat avec Audi, Global Bioenergies a testé hier sur le circuit de Linas-Montlhéry son nouveau mélange contenant plus de 34 % de carburant renouvelable à base d’isobutène.

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Global Bioenergies Audi

Une Audi A4 2.0 TFSI blanche s’est livrée hier à un test un peu spécial sur le circuit de Linas-Montlhéry (91). Objectif : prouver qu’un véhicule essence standard, non Flexfuel donc, peut fonctionner avec un taux de biocarburant supérieur à 15 %.

Sous le regard des journalistes et des invités, Marc Delcourt, directeur général de Global Bioenergies, a rempli le réservoir de l’auto à l’aide d’un bidon de G-612. Ce fameux mélange d’essence contient plus de 34 % de carburant renouvelable, dérivé de l’isobutène. Conforme à la norme EN228, il peut en théorie alimenter n’importe quel véhicule essence, neuf ou ancien, et ce sans boîtier ni transformation préalable. L’A4 en question s’est d’ailleurs élancée aussitôt autour de l’anneau de vitesse, sans broncher.

Performances énergétiques garanties

Pour la société Global Bioenergies, spécialisée dans la conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures par fermentation, cette première démonstration marque le début des tests de ce carburant de synthèse en condition réelle, sous le contrôle du groupe Utac Ceram. Jusqu’ici, des essais préliminaires avaient été menés par FEV, l’un des spécialistes européens des essais moteur. Le carburant G-612 vise à dépasser le mur de mélange imposé aujourd’hui avec notamment le SP E10, qui ne contient que 10 % d’éthanol. Avec à la clé des performances énergétiques équivalentes grâce à un indice d’octane égal voire supérieur au pétrole fossile.

Bilan CO2 réduit

Si la consommation de ce carburant vert pourrait être un peu plus élevée (jusqu’à 3 %), son bilan écologique serait bien plus favorable que celui des carburants classiques. La part d’énergie renouvelable permet en effet de réduire les émissions de CO2 du véhicule sur l’ensemble de son cycle de vie, notamment en amont de son utilisation. Par ailleurs, ce carburant devrait réduire les émissions de polluants locaux par rapport au gazole et à l’essence, avec un potentiel de 50 % de particules et de NOx en moins. Mais il faudra attendre les premiers résultats des essais routiers pour valider ces hypothèses. Pour l’heure, Global Bioenergies préfère ne pas s’avancer sur des chiffres. De même, aucune estimation du coût de ce carburant n’a été donnée.

Une première usine en préparation

En développement depuis 2008, le mélange de Global Bioenergies est obtenu à partir de matières premières renouvelables, telles que la mélasse de betterave ou la paille de blé. Il peut aussi provenir des excédents de l’industrie sucrière ou forestière. En attendant une mise sur le marché prévue en 2021, Global Bioenergies doit encore passer du stade actuel de laboratoire au stade industriel. Une première usine devrait voir le jour prochainement dans le cadre d’une licence avec le sucrier Cristal Union pour un coût de 115 millions d’euros. Ce premier site sera capable de produite 50 000 t de carburant par an. Si la filière se développe, Global Bioenergies prévoit ensuite de déployer entre 30 et 60 nouvelles usines sur le territoire.

Des constructeurs intéressés

Les carburants alternatifs suscitent un intérêt croissant chez les constructeurs qui ne peuvent compter uniquement sur l’électrification de leurs véhicules pour mener à bien la transition énergétique. Les biocarburants permettent en effet de continuer à faire vivre les moteurs thermiques tout en réduisant leur impact écologique. C’est pourquoi Audi soutient les projets de Global Bienergies depuis 2011 (voir la brève). « L’objectif de notre partenariat est de développer une offre d’e-carburant pour nos clients, a rappelé Reiner Mangold, directeur du développement durable chez Audi (voir la brève). La réduction potentielle des émissions de CO2 associée à ce type de carburants synthétiques constitue d’importants atouts pour notre stratégie. »

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