GNV : l’expérience concrète de Valbonne

La commune de Valbonne (06) qui englobe la première technopole européenne (Sophia Antipolis) s’est impliquée dans la mise en place de véhicules communaux et de minibus propres au gaz naturel. Objectifs principaux : limiter la pollution et réduire la circulation routière.

- Magazine N°133
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Avec plus de 60 000 déplacements quotidiens à proximité de l’échangeur de l’autoroute A8 s’ajoutant au reste du trafic, l’agglomération devait rapidement prendre des mesures. Depuis quelques années, les édiles de Valbonne, le maire Marc Daunis en tête, considéraient comme prioritaire une action telle que le développement des véhicules propres au GNV, notamment au profit de la technopole de Sophia Antipolis, regroupant plus de 1 270 entreprises et près de 27 000 emplois. Pour donner un signal concret, la ville a, depuis 2003, fait évoluer son parc de véhicules propres : des Citroën Berlingo et Jumper, un Fiat Doblo, un Peugeot Partner et deux utilitaires de plus de 3,5 t sont apparus, tous hybrides « gaz-carburant » (à l’exception des deux poids lourds totalement GNV). De son côté, la société de transport en commun STCAR (dont la CFT a pris la suite) a mis en circulation sept minibus en remplacement de véhicules au gazole : des Citroën de 23 places équipés en série tant pour le GNV que pour l’essence (bicarburation) d’une autonomie totale de 700 kilomètres, 250 kilomètres pour le gaz naturel et 450 kilomètres pour l’essence. En 2004, pour ravitailler efficacement ces moyens de transport, la ville a créé à Sophia Antipolis, avec Gaz de France / GNVert et la société de transport en commun, une station GNV haute pression, démontable, utilisée par les véhicules de la commune, ceux d’EDF/GDF ainsi que par les sept minibus et plusieurs entreprises privées du secteur. Coût : près de 150 000 euros.

Un choix écologique et pratique

Si un GNV est 20 % plus cher qu’un véhicule classique à l’achat, ses économies d’énergie sont sensibles (- 40 % par rapport à l’essence et 0,57 euros par m3 équivalant à un litre de carburant). Ensuite, au plan environnemental, en matière d’effet de serre, le gaz naturel produit peu d’émissions tant lors de sa production que de son transport via des canalisations souterraines et que de sa consommation. L’Ademe estime à 10 % le gain écologique du GNV par rapport au gazole pour ce qui est des émissions globales de gaz à effet de serre. Techniquement, le site d’approvisionnement le plus spectaculaire, celui de Sophia Antipolis, fonctionne 7 jours sur 7. On y accède avec un badge. Il est raccordé au réseau classique de distribution de gaz naturel. On stocke le GNV compressé dans 32 bouteilles. Le stockage offre une utilisation optimale du compresseur et, pour les utilisateurs, une durée de remplissage très courte (2,15 mn pour un véhicule léger ou un minibus), explique Pierre Trami, attaché au délégué régional de GDF. De même que la Région, l’Ademe s’est engagée dans le projet de Valbonne. En ce qui concerne la station du centre technique de la mairie, une aide a été attribuée pour couvrir 40 % du surcoût lié au GNV. Le programme a bénéficié d’un apport forfaitaire de 20 % pour l’achat de la station et, pour chaque véhicule acheté, 1 500 euros ont été accordés. 15 000 euros ont été apportés pour chaque minibus (d’une valeur unitaire de 75 000 euros). Les collectivités territoriales et l’Ademe se sont associées pour assurer une large part des investissements nécessaires à la création du site de Sophia Antipolis (80 % du surcoût remboursé par la Région et l’Ademe, 10 % du total de l’opération pris en charge par le département).

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