Grèves : quel impact sur les déplacements domicile-travail en Île-de-France ?

Le bureau d’études 6t a publié les résultats d’une enquête consacrée à la mobilité domicile-travail des Franciliens le premier lundi de la grève. Bilan : 72 % des sondés se sont tout de même rendus au travail ce jour-là, mais seuls 24 % sont encouragés par leur entreprise à utiliser des modes de transport alternatifs à la voiture.

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greves enquete 6t

Le bureau d’études 6t a interrogé 1 062 personnes via un questionnaire en ligne diffusé entre le 13 et le 23 décembre, dans le but de comparer leur mobilité habituelle avec les déplacements effectués le 9 décembre 2019, premier lundi après le début de la grève.

L’enquête révèle que 72 % des sondés se sont rendus sur leur lieu de travail ce jour-là. Parmi ces derniers, 52 % utilisaient habituellement les transports en commun, 31 % leur voiture personnelle, 9 % la marche à pied et 4 % le vélo. Le 9 décembre, ils ont privilégié la voiture personnelle (36 %, + 5 points), la marche à pied (18 %, + 9 points) au détriment des transports en commun (31 %, – 21 %). Une faible part d’usagers s’est également tournée vers le vélo (6 %, + 2 points) ou s’est essayée au covoiturage (4 %), mais serait prête à réutiliser ces modes de transport.

Peu d’entreprises encouragent les alternatives à la voiture

Autre enseignement : la majorité des sondés (64 %) a indiqué que leur entreprise ne propose pas d’avantages aux employés qui ne viennent pas au travail en voiture. Parmi les 24 % ayant accès à des aides, les plus courantes sont la possibilité de télétravailler hebdomadairement (55 %) et la prise des en charge des frais de déplacements en vélo (24 %) ou d’un abonnement à un service de mobilités partagée (24 %). Certains ont également accès à une plate-forme de covoiturage interne à l’entreprise (21 %), à une aide à l’achat d’un vélo (17 %) et à la prise en charge des frais de covoiturage (9 %). Des pratiques plus répandues dans les entreprises de plus de 250 salariés que dans les autres.

Le télétravail avant tout

Parmi les sondés qui ne sont pas déplacés le 9 décembre (28 %), 12 % ont pu télétravailler. Sans surprise, la part de télétravailleurs a été plus importante parmi les cadres (24 %) et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (17 %) que parmi les professions intermédiaires (8 %) et les employés (7 %), tandis qu’aucun agriculteur ni ouvrier n’a logiquement télétravaillé.

Au total, ce sont donc les cadres qui se sont le moins déplacés (33 %), mais ce sont les ouvriers et les employés qui ont le plus pâti de la grève puisque dans les deux cas, 24 % des sondés n’ont pas pu travailler.

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