GT Location repense le rôle de ses chauffeurs

Spécialiste de la location de véhicules industriels avec chauffeurs, GT Location a changé son modèle de gouvernance pour responsabiliser les acteurs du terrain et en particulier les conducteurs.

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Avec une croissance de 9 % au premier semestre 2017, GT Location bénéficie de la conjoncture favorable liée à la reprise dans le secteur du BTP et notamment au chantier du Grand Paris. La société bordelaise s’est également développée dans le domaine de la distribution frigorifique en milieu urbain. Elle compte actuellement 1 350 moteurs, dont 1 150 porteurs et 200 tracteurs. Mais en contrepartie, le loueur doit faire face aux allongements des délais de livraison des châssis et surtout à la pénurie de chauffeurs. Et ce alors qu’il absorbe tout juste la réorganisation de la logistique de son client Michelin, qui a nécessité une requalification de 1 850 salariés qui lui étaient dédiés en France (voir notre brève).

Une rude concurrence pour trouver et fidéliser les conducteurs

« Sur trois embauches, deux personnes finissent par quitter l’entreprise », a observé Pascal Guillot, directeur général adjoint de GT Location. Une partie des chauffeurs est en effet rebutée par la partie manutention du métier ou bien attirée par des salaires plus élevés ou un lieu de travail plus proche du domicile, ce qui entraîne un turn over important. La sécurité est également un problème quotidien, tant sur les routes que sur les chantiers.

C’est pourquoi GT Location est en train de repenser le rôle de ses conducteurs : « Nous voulons faire en sorte que le conducteur puisse prendre toutes les décisions qui le concernent sur le terrain », a expliqué Michel Sarrat, P-DG de GT Location. Nous sommes convaincus qu’un collaborateur responsabilisé dans son activité est plus efficace ». Par exemple, des équipes de conducteurs se sont vu confier la gestion de leur planning de congés payés. « Nous avons une quarantaine d’équipes en France qui travaillent sur quelles tâches peuvent être assurées par les conducteurs et comment requalifier leurs managers », a précisé le P-DG.

Une gouvernance plus horizontale et axée sur le terrain

Cette démarche s’est inscrite dans la réorganisation globale du modèle de gouvernance de l’entreprise « Nous avons voulu rompre avec la dimension statutaire du comité de direction, nous a précisé Michel Sarrat. Notre fonctionnement descendant ne collait pas avec notre volonté de favoriser une prise de décision sur le terrain. »

Le comité de direction et le comité opérationnel ont ainsi été supprimés et remplacés par quatre nouvelles instances : le comité stratégique, les réseaux métiers, les groupes de pairs et enfin le comité des leaders. Ce dernier réunit la direction et les quatre leaders des axes stratégiques, mais aussi deux responsables de services supports et deux directeurs de filiale élus pour un an par leurs collaborateurs.

La mutation du rôle des conducteurs fait aussi partie de la démarche de transformation participative de GT Location. Baptisée Vision, elle repose sur quatre axes : bien-être au travail, innovation avec les clients, international et métier du conducteur.

Améliorer l’interface client-conducteur

Dans ce cadre, le loueur mise tout d’abord une meilleure communication interne, via notamment un système d’information amélioré, des smartphones pour les conducteurs ou encore des adresses mail professionnels pour tous les salariés. « Nous souhaitons aussi que les conducteurs soient partie prenante lors de tout renouvellement de véhicule chez nos clients », a indiqué Pascal Guillot. L’entreprise se dit aussi prête à refuser des marchés si la santé ou la sécurité de ses conducteurs est remise en question : « Pour la livraison de produits alimentaires, par exemple de viandes pendues ou de boissons, nous exigeons que les chauffeurs disposent d’une solution pour ne pas porter de charge lourde », poursuit-il.

Outre le bien-être des salariés, l’enjeu est également d’améliorer l’interface client-conducteur, l’un des facteurs de différenciation de l’entreprise. D’autant que de plus en plus de clients de GT Location développent des démarches similaires, et en premier lieu Saint-Gobain et Michelin. « Nous venons souvent nous greffer à une flotte existante, et nos clients ont les mêmes problèmes que nous », a constaté Pascal Guillot. Dans cette optique, plusieurs interviews ont été menées par des chauffeurs auprès de clients pour recenser leurs besoins d’innovation. Les retours ont notamment mis en avant la demande en véhicules GNV, déjà au nombre de 50 dans la flotte de GT.

L’entreprise compte sur cette nouvelle organisation pour soutenir son développement à l’international et plus particulièrement en Allemagne où son client Saint-Gobain a une filiale. Un premier partenariat avec une société allemande est en cours de négociation.

« Avec l’arrivée des véhicules autonomes, je suis convaincu que le rôle du conducteur sera plus lié à la sécurité, la manutention et à la relation client qu’à la conduite. Le fait d’être aujourd’hui dans cette dynamique nous permettra demain d’être prêts dans nos têtes et capables d’augmenter la qualification de nos chauffeurs », a conclu Michel Sarrat.

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