Hayette Bouguerouche, SGS : « Sans avoir agi sous la pression de la crise, nous l’avons en quelque sorte anticipée »

Installé à Cachan dans le Val de Marne (94), SGS occupe la place de N°1 mondial de l’inspection, du contrôle, de l’analyse et de la certification. Entretien avec Hayette Bouguerouche, responsable des achats de SGS.

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Hayette Bouguerouche, Responsable des achats de SGS

La société ne connaît pas la crise, elle prévoit d’ailleurs de recruter 500 personnes partout en France et pour ses dix secteurs d’activité au cours de cette année, qui viendront étoffer des équipes fortes de 2 200 collaborateurs dans l’Hexagone (55 000 personnes dans le monde).

« Nous devons reconnaître que la crise économique affecte peu nos métiers qui sont pour l’essentiel liés à des aspects réglementaires. Il faut toujours réaliser des contrôles ou de la certification. Nous ne sommes donc pas pour le moment dans une logique de réduction de notre parc automobile ou d’allongement de la durée de nos contrats. Nous n’allons pas non plus nous mettre à acheter des véhicules », souligne Francis Bergeron, DRH de la société. Avec un parc auto de plus de 850 véhicules dont 80 % de modèles utilitaires 2 places, SGS s’inscrit pourtant dans ce que la direction qualifie de « démarche de coûts globaux d’optimisation », en collaboration avec Overlease, son loueur principal.

Hayette Bouguerouche, en charge des achats, explique : « Nous essayons d’avoir une flotte auto la plus profilée possible. Nous cherchons aussi à l’harmoniser car l’histoire de l’entreprise s’est largement faite par croissance externe. Entre les véhicules achetés ou loués chez divers prestataires et ceux que nous louons auprès de nos fournisseurs, les différences de coûts d’utilisation peuvent atteindre 20 à 40 %. »

Refonte de la car policy

Une première phase d’harmonisation a eu lieu l’an dernier. A cette occasion un catalogue type a été établi, un nouveau loueur (Arval) a été choisi aux côtés d’Overlease pour faire entrer d’autres modèles (des Opel notamment) et la décision a été prise de ne plus avoir en parc de motorisations supérieures à 110 ch (sauf pour les membres de la direction générale). En contrepartie, les véhicules mis à la disposition des collaborateurs sont choisis dans une gamme plus large et bénéficient de plus d’options. A l’époque, trois familles de collaborateurs avaient été définies : les membres des comités de direction des 17 sociétés de SGS en France (80 personnes) bénéficiaient de véhicules 4 places pour un prix catalogue de 26 500 € ; les commerciaux et chefs d’agences (80 personnes également) roulaient à bord de véhicules dont le prix catalogue pouvait atteindre 22 500 € ; enfin les commerciaux de terrain se voyaient affecter des voitures dont le tarif démarrait à 16 000 €. « Sans avoir agi sous la pression de la crise, nous l’avons en quelque sorte anticipée en procédant déjà à une sélection de véhicules. Nous avons notamment profité de l’arrivée du bonus-malus puisque nous avons définitivement sorti les malus de notre flotte. Aujourd’hui nous passons à une nouvelle étape d’optimisation », résume Hayette Bouguerouche.

La nouvelle car policy qui est en cours d’élaboration et devrait être mise en place au printemps, abandonne la notion de prix catalogue. L’attribution des véhicules choisis dans un certain segment se fait en fonction du poste du collaborateur. Désormais, les commerciaux terrain auront le choix entre 2 modèles, alors que les chefs d’agences, les directeurs de grands services ou les membres des comités de direction disposeront de 3 ou 4 modèles différents. Il devrait y avoir trois ou quatre niveaux hiérarchiques. La flotte SGS roulera majoritairement sous les couleurs de Renault, tandis qu’Arval interviendra pour les voitures des membres du comité de direction (une vingtaine de personnes). Cette nouvelle orientation permet, selon Francis Bergeron, « de réorganiser la gestion de notre parc ».

Quand réorganisation rime avec économies. . .

« Nous sommes animés par un souci constant d’amélioration de la rentabilité et nous nous sommes lancés dans la centralisation de la gestion du parc avec deux gestionnaires. Nous cherchons à externaliser le maximum de tâches vers le loueur, notamment la relation avec le conducteur pendant la durée du contrat et lors de la restitution », souligne-t-il.

Cette réorganisation de la gestion du parc devrait permettre de générer environ 6 % d’économies supplémentaires, et ce malgré la location systématique de véhicules toujours mieux équipés. En 2009, la politique de renouvellement devrait porter sur une quarantaine de véhicules 4 places (soit un quart du total) , alors que pour les 2 places, la moitié du parc sera renouvelée en raison d’un roulage moyen de 50 000 kilomètres par an. Depuis un an, grâce à la mise en place du PRK au sein de SGS, cette stratégie de renouvellement est affinée. « Nous évitons de faire des modifications dans les durées-kilométrages de nos contrats. Nous opérons des élections toujours plus fines d’options de contrat, en choisissant systématiquement le meilleur PRK des véhicules », souligne la responsable des Achats de l’entreprise.

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