Henri Seydoux, Président de Parrot : « Ce sont les critères technologiques qui vont faire la différence »

Le cheveu ébouriffé lui donne un air lunaire, mais Henri Seydoux dirige Parrot avec les pieds sur terre. A 48 ans, le fils de Jérôme Seydoux affiche un faux air de Bill Gates et s’appuie sur une âme d’inventeur développée depuis l’enfance pour créer de nouveaux usages autour de technologies innovantes. Il revient sur le savoir-faire de Parrot et répond aux critiques sur les dangers des kits mains-libres.

- Magazine N°142
616
Henri Seydoux - Président - Parrot

Flottes Automobiles : Quelle est la valeur ajoutée de Parrot ? Quelles technologies Parrot maîtrise-t-il ?

Henri Seydoux : Nous avons une position intermédiaire entre les fabricants de téléphones mobiles et les constructeurs automobiles. Notre société opère sur le marché high-tech grâce à la compétence de 200 ingénieurs. Notre spécialité reste la reconnaissance vocale, mais la fabrication de kits demande d’autres compétences : le traitement du signal, le traitement de la parole, le débruitage, l’annulation de l’écho, le text-to-speech, c’est-à-dire la capacité de transformer du texte en voix, mais aussi en matière de musique : l’élargissement spatial ou encore la capacité de tromper l’oreille pour lui faire entendre des basses là où il n’y en a pas, la création d’harmonique dans les haut-parleurs, mais aussi, l’intégration de nos propres processeurs.

F. A. : La sécurité routière affirme que « téléphoner au volant multiplie par quatre le risque d’accident, et même par huit durant les premières minutes de la conversation (…). Quel que soit le dispositif utilisé (appareil tenu en main, kit mains-libres, oreillette. . . ), la conduite est donc incompatible avec l’usage d’un téléphone. Environ 7,5 % des accidents mortels auraient pu être évités en 2006 si aucun conducteur n’avait téléphoné au volant. » Quelle est votre position sur ce point ?

H. S. : Le cadre réglementaire a une importance. Nous ne proposons pas d’oreillettes pour respecter la législation. Mais nous sommes fournisseurs de fonctions et de valeurs pour des utilisateurs qui réclament un confort supérieur à celui des oreillettes. En matière de sécurité routière, certains organismes ont une position extrême sur le sujet, mais d’autres acteurs considèrent que téléphoner de manière raisonnable peut être toléré. Cela étant, je constate que les chiffres de la sécurité routière s’améliorent alors que le nombre de téléphone en circulation ne cesse de croître. Ce qui tend à prouver que ce n’est pas une pratique accidentogène.

F. A. : La clientèle des flottes est-elle stratégique pour Parrot ? Pour quelles raisons ?

H. S. : La clientèle des flottes est plus importante en Grande- Bretagne qu’en France. Mais c’est un équipement naturel pour beaucoup de flottes. Nos kits sont standards et faciles à monter. Dans les flottes, beaucoup de professionnels les utilisent au quotidien pour téléphoner. Désormais, pour le même prix, ils peuvent aussi écouter la musique stockée sur leurs mobiles, leurs lecteurs MP3, leurs iPod ou leurs iPhone.

F. A. : Quels critères doivent guider un acheteur dans le choix d’un kit mains-libres ?

H. S. : Ce sont les critères technologiques qui vont faire la différence. Tout d’abord, il faut étudier la compatibilité du kit avec l’ensemble des téléphones existants. Mais, il faut également s’assurer que le kit sera adapté aux nouveaux téléphones qui vont sortir dans les six mois. Chez Parrot, nous maintenons en permanence une base de données de tous les téléphones et nous proposons des mises à jour gratuites des logiciels que nous utilisons. Le deuxième critère concerne la facilité d’utilisation. La synchronisation, la manipulation doivent se faire le plus naturellement possible. Enfin, troisième et dernier critère, la qualité audio doit être particulièrement adaptée à l’environnement sonore d’une voiture.

F. A. : Quelles seront les prochaines fonctions développées dans vos kits mains-libres. De plus en plus de smartphones comme l’iPhone permettent de visionner des vidéos. Peut-on imaginer la mise à disposition de ces vidéos à travers le kit pour une diffusion sur les sièges des passagers arrière ?

H. S. : Il existe un grand avenir pour l’iPhone (sourire). Cela étant, nous cherchons des cas d’utilisation majoritaires. Il s’agit de fournir peu de fonctions, mais que celles-ci s’utilisent facilement. La nouvelle gamme MKi est le résultat de 5 ans de travail et de recherche…

PARTAGER SUR