Heure d’hiver : attention à la baisse de luminosité sur la route

En 2020, le passage à l’heure d’hiver a eu lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre. Alors que la nuit va tomber plus tôt, les usagers de la route sont invités à redoubler de prudence, les piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinette étant moins visibles.

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Heure d'hiver - MMA Crash test
Crash-test entre une voiture roulant à 50 km/h et un vélo ne disposant pas d'équipements rétroréfléchissants par manque de luminosité. Source : MMA

Le passage à l’heure d’hiver n’est pas anodin en termes d’accidents de la route. « Nous observons chaque année un pic d’accidentalité après le week-end du changement d’heure », rappelle Marie Gautier-Melleray, déléguée interministérielle à la sécurité routière. Selon l’Onisr, le nombre d’accidents impliquant un piéton augmente de 42 % entre octobre et novembre sur le créneau horaire de 17 h-19 h, et de 13,6 % entre 7 h et 9 h. « Le risque d‘accident est amplifié par la baisse de la luminosité qui engendre nécessairement un manque de visibilité », explique la déléguée.

Heure d’hiver : un pic d’accidentalité

Celle-ci appelle donc les automobilistes à redoubler de vigilance et les usagers vulnérables à se rendre bien visibles sur la route, alors que la pratique du vélo et de la trottinette a fortement augmenté en 2020 dans le contexte de l’épidémie de covid-19.

« Ces derniers mois, nous avons enregistré une forte hausse de la mortalité des cyclistes, précise Marie Gautier-Melleray. En septembre, 37 cyclistes ont été tués, ce qui est le bilan le plus dramatique des dix dernières années. Et il ne faut pas oublier que 21 % des cyclistes tués ou blessés le sont la nuit. »

Les assureurs s’inquiètent aussi d’une augmentation du risque routier. MMA a ainsi organisé le 23 octobre à Paris des crash-tests pour sensibiliser aux dangers du manque de visibilité. Trois accidents ont été mis en scène entre une voiture roulant à 50 km/h et un usager vulnérable : un piéton, un utilisateur de trottinette électrique et un cycliste.

Des équipements pour une bonne visibilité

« L’objectif est de montrer qu’un bon équipement permet d’améliorer considérablement la visibilité et donc la sécurité de ces usagers, explique Cécile Lechère, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA. Sans aucun équipement rétroréfléchissant, les piétons et les cyclistes ne sont visibles qu’à 30 m, alors qu’ils sont visibles à plus de 150 m lorsqu’ils en sont équipés. Or, pour un automobiliste, la distance d’arrêt est d’au minimum de 25 m à 50 km/h. »

Pour circuler en sécurité, la Sécurité routière invite les automobilistes à ralentir, respecter la priorité aux piétons et se tenir à au moins 1 m des trottoirs. Les usagers vulnérables doivent quant à eux porter des vêtements clairs, faire attention aux angles morts et bien indiquer leurs changements de direction. « Il serait très judicieux que les cyclistes et utilisateurs de trottinettes portent un bandeau ou un gilet rétroréfléchissant, gilet qui, je le rappelle, est obligatoire la nuit, ou lorsque la visibilité est insuffisante quand on circule hors agglomération », recommande Marie Gautier-Melleray, la déléguée interministérielle à la sécurité routière.

Rappelons aussi que depuis le 1er juillet 2020, les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) doivent s’équiper, comme les cycles, de feux de position avant et arrière, et de catadioptres avant, arrière et latéraux. L’absence de dispositifs d’éclairage ou de signalisation sur les vélos et EDPM est punie d’une contravention de première classe.