Hyper-connexion et trottinettes : bêtes noires de la sécurité routière

Axa Prévention a dévoilé les résultats de son 15e baromètre concernant les comportements des automobilistes français sur la route en 2019.

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En 15 ans, l’environnement des automobilistes a bien changé. Réalisé sur un panel de 2 000 personnes, le baromètre Axa Prévention révèle de grandes tendances : l’utilisation intensive du smartphone au volant, la prise de conscience des conducteurs des dangers lié à la vitesse et à l’alcool sur la route, mais aussi l’apparition d’engins de déplacement personnel motorisés qui s’intègrent dans le paysage routier.

Utilisation intensive du smartphone

Ainsi, 7 conducteurs sur 10 utilisent leur smartphone au volant. En 2006, 22 % des Français téléphonaient en conduisant, contre 38 % en 2018 et 46 % en 2019. En outre, 1 conducteur sur 4 envoie des textos ou lit un sms au volant, quand 1 sur 2 à l’œil rivé sur le GPS intégré au mobile. Des comportements dangereux encore plus présents chez les jeunes de 18-24 ans, ultra connectés : ils sont 83 % à reconnaître utiliser leur smartphone en conduisant. « L’hyper-connexion mondiale est un mal qui tue », note le président d’Axa Prévention Éric Lemaire qui y voit un phénomène de société.

Baromètre axa prévention 2019
Source : Axa Prévention

Les EDP : sujet d’angoisse pour les Français

Autre enjeu crucial : le partage des voies de circulation avec de nouveaux engins de déplacement personnel (EDP). Si les Français considèrent toujours les conducteurs de deux-roues motorisés comme les plus dangereux sur la route (51 %), suivis par les automobilistes (47 %), les trottinétistes arrivent en troisième position (36 %). De fait, faute d’encadrement et de zones de circulation dédiées, les utilisateurs de trottinettes électriques s’autorisent des comportements dangereux comme passer à côté d’un piéton à vive allure (61 %), transporter des passagers (41 %) dont une large majorité d’enfants de moins de 11 ans (72 %), ou encore utiliser son smartphone (41 %). Afin de lutter contre ces attitudes risquées, un projet de décret est prévu dès septembre qui intègre ces EDP dans le Code de la route. Citons pêle-mêle parmi les futures dispositions : l’interdiction des trottinettes électriques aux enfants de moins de 8 ans, aux transports de personnes ou encore une vitesse maximale de 25 km/h.

Recul des comportements à hauts risques historiques

Si le pilotage des EDP est à améliorer, il semble en revanche que les Français aient pris conscience du danger de l’alcool et de la vitesse sur la route. Ainsi, en 2019, seuls 6 % des Français déclarent prendre le volant après avoir bu plus de 4 ou 5 verres d’alcool alors qu’en 2004 ce pourcentage s’élevait à 19 %. En outre, la conduite en milieu urbain s’est améliorée avec seulement 30 % des Français déclarant rouler à plus de 65 km/h en ville quand en 2004 ils étaient 48 %. Sur autoroute, même baisse des pratiques dangereuses : ils ne sont plus que 11 % à déclarer y rouler à plus de 160 km/h, contre 29 % en 2004.

Des comportements illégaux toujours aussi présents

Malgré tout, certaines manies des automobilistes sont encore très présentes : ne pas s’arrêter à un feu orange (71 % en 2019 contre 73 % en 2004), doubler ou tourner sans mettre son clignotant (41 % contre 48 %), conduire après avoir bu plus de deux verres d’alcool (26 % contre 28 %) ou encore doubler par la droite sur une autoroute (22 % contre 19 %). À noter également que 34 % des Français conduisent sans s’arrêter pendant 4 heures ou 5 heures d’affilée. Un pourcentage en hausse de dix points par rapport à 2004.