In/Out Rennes : la mobilité durable entre techno et comportement

Pour les rencontres In/Out de Rennes, la métropole rennaise a convoqué le ban et l’arrière-ban de la mobilité durable. Objectif : se promouvoir et définir de quoi la mobilité durable sera faite.

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In/Out Rennes

Il y avait quelque chose d’agaçant dans les rencontres In/Out de Rennes du 28 au 29 mars 2019. Ce rendez-vous de la mobilité durable a aussi été l’occasion pour les édiles locaux d’entamer un début de campagne électorale (municipale) en vantant leurs mérites et leurs actions de transport dans la ville.

Une fois dépassé ce sentiment, ces rencontres restent une réussite avec quelque 1 000 participants et de la présence de nombreuses entreprises : Enedis, Thales, la SNCF ou des start-up comme Yokogo. Sur scène, dans l’atmosphère abbatiale d’un couvent du XIVe siècle, les spécialistes ont posé deux conditions nécessaires et suffisantes à une mobilité durable.

La clé des nouvelles technologies

La première consiste en un saut technologique. Éric Diserbeau, directeur de la mobilité à Rennes Métropole, a ainsi mis en avant une navette autonome qui parcourt depuis fin 2018 l’un des campus de la ville. « Cet engin sans chauffeur effectue 1,2 km avec des défis technologiques comme l’analyse par l’engin du stationnement des deux côtés de la voierie. » Cette navette a déjà transporté 5 000 voyageurs.

L’université technologique de Compiègne a pour sa part présenté une application permettant de disposer de chiffres sur la mobilité comme les pics de transport. « Ce système autorise les donneurs d’ordre à mesurer et prendre conscience de la nécessité d’une nouvelle piste cyclable ou d’une ligne de bus en supplément », a précisé la chercheuse Cristina Pronello.

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Susciter l’adhésion des usagers

La région Île-de-France a également mis en avant son projet de location, en masse, de vélos à assistance électrique (40 euros par mois) appelé Veligo Fluow. Date de démarrage : septembre 2019 avec 20 000 vélos proposés en location longue durée de neuf mois puis à l’achat. « Notre système a pour but de désengorger le territoire en montrant aux Franciliens les plus éloignés des gares l’intérêt et la possibilité d’utiliser puis d’acheter ces VAE », a commenté Delphine Bürkli, administratrice d’Île-de-France Mobilités et conseillère régionale.

Car outre la partie technologique, rien ne peut et ne pourra se faire en matière de mobilité sans la seconde condition : l’adhésion des populations. Ces dernières sont les plus concernées. Bruno Marzloff, sociologue et fondateur du cabinet d’études Chronos, a ainsi précisé que 66 % des habitants interrogés par son étude 2019 « voulaient vivre ailleurs que là où ils habitaient… »

De son côté, Catherine Dameron, du bureau des temps de Rennes, a expliqué comment son service a désengorgé le métro de Rennes en demandant à l’université de décaler de quinze minutes ses heures de cours. « Après une fin de non-recevoir, l’établissement d’enseignement supérieur a joué le jeu. Nous avons ainsi abaissé de 6 % le nombre de passagers en heure de pointe. Suffisamment pour fluidifier nos rames sans en acheter d’autres… »

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Des résultats tangibles

Parfois, de vieilles méthodes peuvent aussi fonctionner. Dans le Finistère, la presqu’île de Crozon a ainsi lancé un service d’auto-stop dans le cadre d’Octopouce, le réseau de transport citoyen de la presqu’île. Là encore, il faut convaincre les habitants. « 8 000 voitures par jour circulent dans la presqu’île et 80 % des automobiles ne sont occupées que par une personne, a commenté Armel Menez, représentante d’Octopouce. Reste à savoir si un patron acceptera un retard de quinze minutes de son salarié utilisant notre service… »

Chacun doit donc faire des efforts. Avec des résultats très importants pour de petites actions. « Si un habitant covoiture ne serait-ce qu’une seul fois par semaine, cela réglerait tous les soucis de circulation d’une métropole comme Rennes », a conclu Emmanuel Couet, le président de cette communauté de communes de 443 192 habitants (en 2016), soit la onzième métropole de France par son nombre d’habitants.