Motorisations : les industriels appellent à la neutralité technologique

Selon les intervenants du symposium sur la qualité de l’air organisé par l’équipementier allemand Bosch le 7 novembre, de multiples solutions pourraient permettre d’atteindre les objectifs de réduction des émissions fixés par les législations selon les cas d’usage.

306
symposium bosch
Source : Bosch France

À l’occasion du symposium sur la qualité de l’air organisé le 7 novembre par l’équipementier allemand Bosch, le président de la filière automobile et mobilités (PFA) Luc Chatel a de nouveau appelé le législateur à respecter la neutralité technologique lorsqu’il fixe des objectifs au secteur. « Le débat sur le changement climatique est derrière nous, il n’y a plus le choix, et l’industrie automobile est devenue l’un des acteurs principaux de la lutte contre ce changement climatique, a-t-il affirmé. Nous sommes dans une époque passionnante : toutes les solutions sont sur la table et tout peut arriver. » Et si les constructeurs prévoient d’investir 220 milliards d’euros dans l’électrification sur les cinq prochaines années en Europe en plus de leurs dépenses R&D annuelles pour respecter les objectifs européens, cela ne signifie pas qu’il faut arrêter d’investir dans le thermique.

Encore 75 % de véhicules thermiques produits en 2030

En effet, « nous sommes convaincus qu’il y aura encore 75 % de véhicules thermiques produits en 2030, avec ou sans hybridation », a déclaré Heiko Carrie, président de Bosch France-Benelux. Bosch avait ainsi présenté l’année dernière une technologie permettant de limiter les émissions de NOx d’un moteur diesel. « Cela a eu un effet d’annonce au niveau de nos clients et nous sommes aujourd’hui en discussion avec l’ensemble des constructeurs qui mettront à la route des modèles diesel avec des émissions de NOx réduites dans les années à venir », a indiqué Christian Mecker, vice-président senior « powertrain solutions » de Bosch Allemagne. Pour cela, « on peut par exemple travailler sur la qualité de l’air qui entre en effectuant dix micro-injections au lieu d’une seule pour optimiser la combustion, ou encore passer de un à dix SCR », a-t-il ajouté. Seul souci selon lui : « L’ajout de technologie ajoute aussi des coûts, au risque de rendre les véhicules des segments A et B voire C moins compétitifs. »

« Le challenge est de répondre à l’ensemble des solutions »

Il est également nécessaire d’optimiser les moteurs essence dont les ventes progressent à mesure que reculent celles de diesel : « Nous nous sommes déjà préparés pour les filtres à particules essence », s’est ainsi félicité Egbert Lox, vice-président senior affaires gouvernementales chez l’industriel Umicore. Ce dernier vient en outre d’installer deux containers pour exploiter pendant dix à quinze ans des batteries de véhicules électriques âgées de plus de cinq ans ; il dispose aussi d’une équipe pilote travaillant ensuite sur le recyclage de ces batteries.

De son côté, Bosch se penche en parallèle sur l’hybride, notamment 48 V, la pile à combustible, les e-fuels et même les solutions de mobilité qui, selon l’équipementier, pourraient devoir se décliner ville par ville. « Le challenge est de répondre avec l’ensemble de ces solutions dans un marché qui n’est plus en croissance, a résumé Christian Mecker. Il va donc falloir faire des choix ou développer de plus en plus de coopérations pour partager les coûts. » Une tendance que souhaite encourager Luc Chatel : « L’avenir sera transverse au-delà de notre écosystème », a-t-il conclu.