IRVE : l’Ademe fait le point sur les résultats du PIA 2

Selon l’Ademe, environ 15 000 points de charge ont été déployés en France avec le soutien du deuxième programme investissements d’avenir de 2014. L’analyse détaillée de 11 147 points de charge montre des coûts inférieurs aux prévisions et témoigne d’une utilisation de ce réseau principalement en appoint.
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décret infrastructures recharge
Photo d'illustration © Freepik

Dans un rapport publié en mars 2021, l’Agence de la transition énergétique (Ademe) a fait le point sur les infrastructures publiques de recharge électrique déployées dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA) lancé en juillet 2014.

Sur 79 projets déposés, 77 avaient été retenus pour financement en juin 2016, représentant une aide globale de 61 millions d’euros sur un budget prévisionnel de 140 millions d’euros. Ces projets prévoyaient le déploiement de 10 384 bornes, pour un total 20 533 points de charge dont 90 % en recharge accélérée (18 402 PDC), 9 % en recharge normale (1 825 PDC) et 1 % en recharge rapide (306 PDC). À noter que le coût d’installation des seules bornes rapides représentait « 8 % du montant global des dépenses prévues dans les dossiers, soit plus de 11 millions d’euros », signale l’Ademe.

Moins d’IRVE installées que prévu

Au final, en mars 2021, environ 15 000 points de charge avaient été installés. L’Ademe a pu analyser plus en détails 59 projets, dont 50 portés par des syndicats d’énergie. À l’heure actuelle, leurs dépenses s’élèvent seulement à 62 millions d’euros, soit 40 % de moins que prévu, avec des aides de 27,4 millions d’euros. En effet, « il y a eu moins d’IRVE installées et le coût des bornes s’est avéré plus faible que prévu », indique l’Ademe.

L’agence a comptabilisé 5 714 bornes installées, avec 11 147 points de charge dont 94 % de type accéléré (10 527 PDC), 5 % de type rapide (528 PDC) et 1 % de type normal (92 PDC). C’est 30 % de moins que prévu. Seule exception : le nombre de PDC de type rapide a été plus important qu’anticipé. « Certains aménageurs ont adapté leur schéma initial au regard des évolutions technologiques des véhicules », explique l’Ademe, ou encore pour « répondre aux forts besoins de charge pour l’itinérance sur de plus grandes distances. » Par ailleurs, « de nombreuses bornes rapides proposent aujourd’hui 2 PDC, voire 4 », contre un seul au début des projets.

Type de PDCPDC prévisionnelsPDC installésDifférence en %
PDC de type normal44892– 79 %
PDC de type accéléré14 84110 527– 29 %
PDC de type rapide251528+ 110 %
Total15 54011 147– 30 %
Comparaison des installations d’IRVE des 59 dossiers (prévus versus installés). Source : Ademe

Bornes : des coûts inférieurs aux prévisions

Côté coûts, toujours sur les 59 projets, le prix moyen d’installation s’élève à 8 494 euros pour une borne normale, soit 7 % de moins que prévu ; 9 043 euros pour une borne accélérée (- 29 % comparé à 12 793 euros prévus) et 31 383 euros pour une borne rapide (- 28 % comparé à 43 887 euros prévus). Dans ce dernier cas, l’importante baisse des coûts « peut s’expliquer d’une part par un effet de volume et d’autre part par une optimisation des implantations en fonction du réseau électrique, permettant de limiter les coûts de raccordement et de génie civil », estime l’Ademe.

Type de borneBorne de type normalBorne de type accéléréBorne de type rapide
Minimum prévu2 500 €7 300 €18 945 €
Minimum réel6 505 €16 628 €
Différence– 11 %– 12 %
Moyenne prévue9 130 €12 793 €43 887 €
Moyenne réelle8 494 €9 043 €31 383 €
Différence– 7 %– 29 %– 28 %
Médiane prévue10 194 €12 000 €44 000 €
Médiane réelle9 205 €31 452 €
Différence– 23 %– 29 %
Maximum prévu13 700 €36 050 €54 643 €
Maximum réel19 496 €69 996 €
Différence– 46 %28 %
Statistiques de coûts des bornes (prévu versus installé). Source : Ademe

Quant à la tarification, elle est « assez éclectique », résume l’Ademe, avec une tarification au temps (47 % des projets), au kilowattheure (36 %), au forfait (5 %) ou hybride (3 %). 5 projets ont en outre opté pour la gratuité (9 %).

Quels taux d’utilisation ?

L’Ademe s’est également intéressée à l’utilisation des bornes, en se concentrant sur 60 projets représentatifs. Concernant les bornes accélérées, malgré une hausse de la fréquentation entre les années 1 et 2 d’utilisation – passant de 54 à 75 recharges par borne et par an (+ 39 %) –, « les valeurs restent faibles, signe d’une utilisation très occasionnelle », indique l’Ademe (voir le tableau ci-dessous). Les bornes rapides sont deux fois plus utilisées, avec 115 recharges par bornes en année 1 puis 176 en année 2 (+ 52 %), en dépit d’une tarification supérieure.

Type de borneIndicateursAnnée 1Année 2Évolution
AccéléréeNombre de recharges173 713242 27439 %
 Recharges par borne547539 %
 Énergie totale délivrée (en GWh)2,433,4642 %
 Énergie moyenne par recharge (en kWh)1414,32 %
 Durée moyenne par recharge (en minutes)20522912 %
RapideNombre de recharges261323984952 %
 Recharges par borne11517653 %
 Énergie totale délivrée0,340,5768 %
 Énergie moyenne par recharge13,1414,299 %
 Durée moyenne par recharge607525 %
Synthèse d’utilisation de 3 240 bornes accélérées (36 projets) et 242 bornes rapides (24 projets). Source : Ademe

Un « réseau d’IRVE de réassurance »

De fait, l’énergie moyenne délivrée est presque identique entre les deux types de bornes, mais la durée moyenne de recharge est trois fois plus courte avec une borne rapide. Par ailleurs, « les bornes rapides sont installées sur des emplacements plus fréquentées », avance l’Ademe, et leur disponibilité accrue leur permet d’accueillir plus de véhicules. Dans les deux cas, l’énergie moyenne délivrée par recharge « correspond généralement à une recharge incomplète de la batterie du véhicule, précise l’Ademe. De plus, la durée des recharges reste de l’ordre de grandeur de l’heure ». Ces caractéristiques suggèrent une utilisation d’appoint.

Pour finir, l’analyse de l’Ademe montre que les bornes sont principalement utilisées entre 8 h et 18 h (76 % des recharges), avec des pics à 10 h et surtout à midi. « Le faible nombre de recharges durant la nuit prouve que la grande majorité des utilisateurs de VE se rechargent chez eux, note l’Ademe. Ainsi, le réseau déployé par le PIA semble constituer un réseau d’IRVE de réassurance. »