Clément Chandon, Iveco : la hausse des prix ne dégrade pas la compétitivité du GNV

Directeur produits d’Iveco France, Clément Chandon explique pourquoi le GNV reste compétitif du fait de son potentiel actuel et futur et comment les transporteurs peuvent lisser l’impact de la hausse en augmentant la durée du TCO.
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Clément Chandon
Le prix du GNV a augmenté parce qu’il est corrélé au prix des carburants fossiles.

Les transporteurs sont tentés d’arrêter leurs véhicules au GNV à cause de son prix. Quelle est votre analyse de la situation ?

Clement Chandon Iveco

Clément Chandon: La guerre en Ukraine a jeté le chaos dans les prix des carburants. Ces carburants avaient déjà augmenté fin 2021 à cause du manque de réserves. Mais si le gaz a vu son prix multiplié par sept, ceux du pétrole et de l’huile de colza ont doublé. Et celui de l’électricité a octuplé. Avec les impératifs en transport et en TCO des véhicules, une hausse du coût du transport est inévitable jusqu’à ce que la France devienne indépendante énergétiquement. Les chargeurs doivent l’accepter en payant leur pied de facture. Mais un retour à la normale est attendu d’ici 18 mois, quand l’UE aura renoncé aux hydrocarbures russes.

Que peuvent faire les transporteurs d’ici là ?

Iveco BioGNC
Pour Iveco, le BioGNC offre le meilleur TCO et le meilleur bilan économique pour la transition énergétique.

Clément Chandon : Les transporteurs doivent se tourner vers le biogaz. 85 % de ce bioagz est produit en France. Son prix de production est fixé pour quinze ans. L’UE ayant doublé son objectif de production à 30 milliards de mètres cubes d’ici 2030, le biogaz sera le socle de la transition énergétique. Aujourd’hui, les transporteurs le paient au prix du gaz fossile. Mais le gouvernement peut lui appliquer la taxe incitative à l’utilisation d’énergies renouvelables dans les transports (Tiruert). Et ce, pour développer sa consommation et le soutenir en décorrélant son prix des cours du gaz naturel fossile. Il doit aussi aller au-delà des 0,15 euro/kg d’aide sur le carburant GNV pour assurer la parité des coûts et rendre les véhicules GNV éligibles au fond France Relance de 100 millions d’euros.

Les transporteurs ne peuvent-ils recourir aux biocarburants ou à l’électromobilité que vous proposez aussi ?

Production biomethane
Clément Chandon recommande aux transporteurs de passer au bioGNV dont 40 % alimentera 50 % du parc routier en 2050 et 60 % servira à l’industrie.

Clément Chandon : C’est parce que nous avons ces solutions que nous pensons que le biogaz reste la solution d’aujourd’hui et de demain. Nous proposons du XTL, produit à partir d’intrants vertueux comme les graisses animales ou recyclées, plutôt que du B100, dont la production nécessite beaucoup de pesticides, mais leur production restera limitée. Quant à l’électromobilité, les transporteurs doivent savoir qu’ils auront à leur charge 75 % des coûts de raccordement au réseau. Et qu’ils assureront 98 % des investissements en bornes de recharge. Celle-ci se fera en effet principalement dans leurs dépôts, quoi qu’en disent les chargeurs et les industriels.

Quelles solutions proposez-vous pour le transport ?    

Porteur chargeant GNC
Selon Iveco, allonger avec son accord la durée de possession du camion lissera son TCO .

Clément Chandon : Nous recommandons au gouvernement d’autoriser l’achat de garanties d’origine biométhane pour le GNL. Et d’étendre à 4,5 t le PTAC des VUL propres pour renforcer leur intérêt. Nous invitons les transporteurs à lisser le surcoût en prolongeant d’un an la possession de leurs véhicules GNV. Et nous les suivrons dans cette démarche. Nous augmenterons aussi l’autonomie des VI au GNC en leur ajoutant des réservoirs. Et en réfrigérant le gaz à 250 °C pour en réduire le volume.

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