Iveco à la manœuvre pour imposer le biogaz et l’hydrogène

Iveco travaille à promouvoir le biogaz auprès de l’Union Européenne et s’est associé à Air Liquide pour préparer un réseau d’avitaillement pour ses Nikola Tre et Two à hydrogène.
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Iveco biogaz hydrogène
Avec la Déclaration sur le biométhane, Iveco (S-Way LNG en photo) a obtenu l’accord de l’UE pour que le transport routier roule au biogaz jusqu’au moins 2040.

Iveco mise sur le biogaz et l’hydrogène. Mais avec plus de 40 000 véhicules au gaz vendus en Europe, l’italien fait cavalier seul sur cette technologie. Car les autres constructeurs surfent sur la vague subventionnée de la motorisation électrique et s’associent pour mettre en place des réseaux de recharge. Livré à lui-même par sa sortie du giron de CNH pour entrer à la bourse de Milan, le 3 janvier, Iveco a entrepris de rompre son isolement en promouvant le biogaz et l’hydrogène vert auprès de l’Union Européenne et de fournisseurs choisis.

Iveco accélère sur le biogaz

Le 7 décembre 2021, Iveco a ainsi conduit une délégation de 28 entreprises actives dans l’usage du biogaz, auprès du commissaire européen à l’énergie Kadri Simson. Cette délégation comprenait les énergéticiens Engie, GRDF, Suez ; le transporteur Heppner et les compagnies maritimes MSC, NYK Line et Costa ; les groupes agroalimentaires Mars, Carrefour et l’organisme Copa Cogeca représentant les agriculteurs européens et, enfin, Volvo Trucks et Scania.

… et reçoit le soutien de Bruxelles

Ces derniers ont remis à Kadri Simson une Déclaration sur le biométhane. Celle-ci argue que le biogaz est plus vert que l’électrique, qu’il contribuera à la neutralité carbone du transport routier souhaitée par l’UE pour 2040 par une production de 350 TWh dès 2030. Le commissaire a accepté cette déclaration et ce projet, ouvrant ainsi au biogaz un accueil durable. Dans la foulée, Bruxelles a envoyé début janvier aux États-membres de l’UE un projet de labellisation verte facilitant le financement d’usines de gaz remplaçant d’anciennes unités plus polluantes et n’émettant que 100 à 270 g de CO2 par kWh.

Une fois leur approvisionnement sécurisé, Iveco pourra vendre ses Nikola Tre et Nikola Two à hydrogène en l’Europe de l’Ouest.

Hydrogène : l’autre choix d’Iveco

Avec des fournisseurs d’hydrogène, Iveco prépare aussi le terrain pour ses futurs Nikola Tre et Nikola Two. Déjà, le 14 avril 2021, Iveco et Nikola avaient signé un accord avec l’énergéticien allemand OGE. Cet accord couvre le déploiement en Allemagne d’une infrastructure de pipelines à hydrogène, connectée à des points d’avitaillement stratégiques pour les poids lourds à hydrogène. Le 14 décembre, c’est avec Air Liquide qu’Iveco s’est associé pour coupler « la vente de camions lourds électriques longue distance à pile à combustible au déploiement d’un réseau de stations de ravitaillement en hydrogène renouvelable ou à faibles émissions de carbone ».

Iveco et Air Liquide : de l’hydrogène vert

Programmé sur les principaux corridors de transport européens du projet HyAMMED, ce réseau s’étendra aussi au Royaume-Uni. Comme Air Liquide s’est associé en novembre avec ENI pour développer un réseau de stations hydrogène en Italie, c’est l’ensemble de l’Europe de l’Ouest qu’Iveco pourra prospecter pour vendre ses Nikola à hydrogène. Le constructeur bénéficiera aussi de l’hydrogène vert qu’Air Liquide et TotalEnergies ont prévu de produire depuis leur accord de collaboration signé le 14 septembre.

En s’associant à Air Liquide pour créer un réseau de distribution d’hydrogène dans les corridors européens de transport, Iveco bénéficiera aussi du réseau italien d’ENI.
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