Développement Durable : quel mode d’emploi ?

Jean-Charles Berge, responsable du garage central de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille

L’arrivée de Jean Charles Berge à la tête d’un parc automobile est relativement récente. Un concours lui fait intégrer l’APHM en 2003 et met fin à plus de 20 ans passés dans le transport portuaire et aéroportuaire.

- Magazine N°151
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Mais avec derrière lui une double formation Institut International des Transports et EST Paris, c’est un vrai décideur qui arrive dans ce service alors embryonnaire, qui ne s’occupe que de transport sanitaire. Un état des lieux lui donne à la fois l’ampleur du chantier à accomplir mais aussi tout le potentiel qu’on peut y développer. « On transportait de tout, de la nourriture, du linge, du matériel médical, des patients, des produits pharmaceutiques, en s’appuyant sur une pléthore de sous-traitants, ce qui induisait une gestion extrêmement lourde avec très peu de moyens d’action sur eux en cas d’urgence comme on a pu s’en rendre compte quand Marseille a été pris sous la neige et que tout s’est alors arrêté. » En l’espace de quatre ans, le nouveau responsable du garage central fait passer le nombre de transports traités en interne de 30 000 à 350 000 et la demande ne cesse d’augmenter compte tenu de la qualité de la prestation mise en œuvre. « Nous nous considérons comme un fournisseur au service d’un client. »

A la tête de son service qui emploie 90 agents, Jean Charles Berge a dû aussi remotiver ses troupes. « Nous avions des professionnels de très grande qualité, électriciens, mécaniciens, carrossiers, mais qui travaillaient avec des moyens dérisoires. Nous leur avons donné les moyens de faire du bon travail : le résultat ne s’est pas fait attendre. » Du fait de cette gestion interne avec des mécaniciens qui peuvent même opérer un dimanche, le service possède une souplesse que ne pourrait lui apporter aucun sous-traitant ni concessionnaire local. Quant aux coûts, il est intéressant de les analyser : « En 2003, nous possédions 270 véhicules pour 15 000 agents, on a réussi à «déflotter» en mutualisant le matériel roulant. Nous sommes passés à 240 véhicules. Nous anticipons également sur les réparations, les révisions ; les temps d’immobilisation sont donc plus réduits. » De plus, le parc est devenu homogène avec un maximum de trois marques ce qui, là aussi, en terme de formation du personnel et d’outillage, réduit considérablement les dépenses. « Nous raisonnons par campagne d’entretien : vidange, pneumatique… Nous sommes toujours dans un processus d’amélioration : on prend de la norme environnementale chaque fois qu’on le peut comme pour les pneumatiques avec Ecotec. Tous nos déchets font l’objet d’une gestion verte, avec un circuit très tracé. »

Quand un véhicule est retiré du parc, il n’est pas revendu mais il part en destruction. « Nous estimons qu’ils ne sont plus aux normes en matière environnementale ». Selon Jean-Charles Berge, son métier a fortement changé. « Avec la modernisation des moyens, les nouvelles formations des chauffeurs ambulanciers, la communication avec les patients…, nous sommes parvenus à moins gaspiller sans vraiment qu’on nous le demande. Avant, nous changions un BSI de 800 euros, aujourd’hui, on se contente d’en changer le relais qui coûte 5 euros. En sous-traitance mécanique, on est passé d’un budget de 80 000 euros annuel à 10 000 euros. Avec l’adaptable d’origine, j’ai divisé les factures de pièces par trois à qualité identique. Quant aux voitures hybrides à 25 000 euros, à ce prix là, j’ai 2,5 voitures. »

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