Jean-François Chanal, SNLVLD : «Un million de véhicules circulent en location longue durée !»

Président du syndicat des loueurs (SNLVLD) et Directeur général d’ALD Automotive, Jean-François Chanal tire un premier bilan de l’année écoulée et dresse quelques perspectives pour 2007.

- Magazine N°125
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Flottes Automobiles : Le biocarburant va-t-il faire l’actualité des flottes cette année ?

Jean-François Chanal : Pour l’instant, il n’y a pas de pompes délivrant ce carburant. Quant aux clients des loueurs, ils demandent d’abord des conseils et tentent de s’informer afin de savoir si les mesures fiscales entourant les biocarburants sont durables ou pas. L’exonération de TVS pour les véhicules propres va-t-elle par exemple s’inscrire politiquement sur le long terme ?

D’une manière générale, nous sommes en veille et nous faisons tout ce qu’il faut pour aider les entreprises à acquérir des voitures propres. Mais à condition que cela aille dans le sens des besoins de nos clients. Le GNV actuellement ne peut être utilisé que par des véhicules effectuant des tournées journalières et opérant un retour à leur base chaque jour ; mais cela ne correspond pas aux besoins des gros rouleurs. Les entreprises n’oublient pas en effet que le poste automobile est le second poste de dépenses après les salaires. Si on leur propose des solutions plus chères que celles dont elles disposent actuellement, elles ne les prendront pas.

Êtes-vous satisfait de la fiscalité qui régit désormais les véhicules d’entreprises ?

J. -Fr. C. : Un fait est certain, il y a encore trop de fiscalité sur les véhicules d’entreprises. Cela bloque le marché des ventes d’automobiles aux sociétés. Toutefois, nous sommes satisfaits de l’équilibre trouvé : la LLD n’est pas pénalisée par rapport aux autres modes d’acquisition de véhicules d’entreprises.

La gronde qui avait entourée l’an passé la réforme de la TVS est-elle apaisée ?

J. -Fr. C. : Il n’y a plus en tout cas de protestations. L’équité fiscale est respectée : celui qui pollue va payer et l’on ne pourra plus se faire immatriculer en Allemagne afin d’être doté de plaques minéralogiques permettant, en France, d’échapper aux radars.

Quels sont les grands dossiers suivis actuellement par le syndicat des loueurs longue durée (SNLVLD) ?

J. -Fr. C. : Nous travaillons principalement sur le nouveau système d’immatriculation des véhicules et sur les envois de procès verbaux aux loueurs. Nous sommes ainsi en contact avec les services des amendes dans le but de parvenir à des échanges avec les préfectures. Nous voulons que les loueurs puissent être considérés comme des intermédiaires et qu’ils soient moins amenés à affronter les huissiers pour les amendes destinées à leurs clients. Nous suivons également attentivement l’évolution de la fiscalité des véhicules propres ainsi que le marché des véhicules d’occasion. Dans ce domaine, nous examinons les performances des VO par grands segments afin de déterminer les tendances.

Comment s’est comporté le marché de la LLD en 2006 ?

J. -Fr. C. : A fin septembre, les résultats faisaient état d’une progression de + 6 %. Sur l’ensemble de l’année, c’est une progression proche de 5 % qui devrait être finalement enregistrée ; soit un parc d’un million de véhicules en location longue durée. Pour 2007, il n’y a pas de raison majeure pour que cette croissance du marché de la LLD faiblisse ou se renforce. Nous savons tous que le marché des grands comptes est désormais un marché de renouvellement et nous cherchons tous à progresser sur le marché des PME et des TPE. Reste le fleet management dont la part devrait progresser de l’ordre de 8 % en 2007 en raison du marché du ministère de la Défense dont le contrat vient d’aboutir.

Et comment s’est comporté ALD Automotive l’an passé sur ces marchés ?

J. -Fr. C. : 2006 aura vu ALD Automotive dépasser les 200 000 unités en parc ; 206 671 précisément dont 131 000 qui sont notre propriété. Ce chiffre traduit en fait une progression de + 8,2 % de notre parc, + 8,3 % de nos activités LLD et + 12,7 % pour le fleet management.

Nous sommes plutôt satisfaits des résultats de notre politique commerciale en direction des PME. Celles-ci mesurent de plus en plus les risques de pertes auxquelles elles s’exposent avec d’autres modes de financement que la LLD. Elles sont également intéressées actuellement par des conseils en matière de biocarburant. Concernant les TPE, nous avons à l’heure actuelle 5 000 véhicules placés auprès de clients ayant moins de cinq véhicules en parc. Cela reste peu et je suis perplexe quant à l’énergie et l’investissement qui ont été déployés pour ce résultat. Je n’attends pas de miracle dans ce secteur de marché.

Quelles sont vos objectifs de croissance en 2007 ?

J. -Fr. C. : Cette année, ALD Automotive devrait enregistrer une croissance un peu inférieure à celle de 2006. Nous attendons beaucoup du lancement de notre activité de revente des véhicules d’occasion aux particuliers. Il s’agit là d’un enjeu important permettant de se prémunir des à-coups du marché de l’occasion. Par ailleurs, le développement de contrats européens va être un bon moteur pour nos activités. C’est notamment le cas au travers du « cross selling » appliqué aux entreprises ayant des implantations sur seulement deux à trois pays et pour lesquels, elles souhaitent disposer d’un contrat unique auprès de leurs prestataires.

Enfin, cette année, nous allons développer un plan de fidélisation des conducteurs. Il s’agit d’une demande de nos clients qui souhaitent que nous proposions à leurs conducteurs des services sur mesure. Cette démarche va dans le même sens que le service VIP lancé en 2006 et qui est, lui, spécifique aux cadres et dirigeants d’entreprise. C’est aussi une réponse apportée à la compétition qui se joue sur le marché des grands comptes, laquelle porte notamment sur la capacité des loueurs à prendre en compte les besoins des utilisateurs des parcs d’entreprises.

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