Kangoo 2 : la classe au-dessus

Si le concept et la philosophie du nouveau Kangoo sont inchangés, l’adoption de la plateforme du Scénic transfigure les prestations routières, le confort et l’habitabilité de cette deuxième génération.

- Magazine N°134
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Deux chiffres suffisent à mesurer le changement de catégorie du nouveau Kangoo : + 18 cm en longueur et pas moins de 15 cm de plus en largeur. Du jamais vu entre deux générations de véhicules. Dans ces conditions, ce Kangoo n’a plus grand chose à voir avec l’ancien. A commencer par la plateforme qui passe de l’ancienne Clio 2 à celle, très moderne, de la Mégane Scénic. On comprendra mieux alors l’encombrement à la hausse de ce nouveau Kangoo : 4,21 m de longueur pour 1,83 m en largeur et en hauteur sur un empattement de 2,70 m (+ 10 cm). On ne s’étonnera donc pas non plus de l’espace aux jambes des passagers arrière équivalent à celui d’une Vel Satis, belle référence. Et en largeur aux coudes, ce sont 9 cm supplémentaires à l’avant et pas moins de 12 cm à l’arrière qui sont disponibles ! Un géant qui se transforme en VP comme en VU en véritable cargo pour emmener le nécessaire comme le superflu. Le coffre est déjà une soute de 660 dm3 sous le cache-bagages et peut passer à plus de 2,6 m3 au maximum. Et l’astucieuse cinématique de la banquette arrière fractionnable et du siège passager avant (les deux se repliant d’un seul geste pour s’effacer dans le plancher) autorise le chargement d’objet encombrant, de 180 cm à 250 cm. La hauteur sous pavillon s’affiche à 1,15 m dans le coffre.

Toutes ces dimensions donnent la sensation d’entrer dans un univers proche de la camionnette. De luxe, bien sûr, mais tout de même, la compacité et la légèreté de l’ancienne génération sont oubliées au profit de la capacité de chargement et du confort. Et pour tous ceux qui regretteront l’ancien Kangoo, Renault répond avec le Kangoo Compact, amputé entre les deux essieux de plusieurs dizaines de centimètres. Disponible au printemps prochain, il ne sera proposé qu’en version VU…

Mieux partout

Cette inflation des dimensions se traduit, vous l’aurez deviné, par un poids en nette hausse (+ 200 kg), ce qui met ce nouveau Kangoo à 1,4 tonne de poids à vide en version VP. Plus lourde et plus haute, cette caisse prend par conséquent du roulis en virage. Et la plateforme du Scénic délivre ici tous ses atouts en matière de filtration des imperfections de la chaussée avec un confort de roulage inédit sur le segment. Parfaitement tenue sur la route, malgré un centre de gravité encore plus élevé que sur le monospace compact de la marque, ce Kangoo surprend par son agrément de conduite et son équilibre général.

Autre bon point : le 1. 5 dCi en 105 ch et 240 Nm de couple est largement suffisant pour imprimer au Kangoo 2 des performances très honorables. Plus surprenante est la consommation qui reste raisonnable malgré le poids et le design d’armoire normande de ce Kangoo 105 ch : 5,5 l/100 km en usage mixte et, lors de nos essais, 6,5 l/100 km, plus proche d’un usage courant. Nous n’avons pas pu conduire les versions 70 ch et 85 ch du 1. 5 dCi au catalogue – tout aussi frugales a priori – mais qui risquent tout de même de limiter la polyvalence du nouveau Kangoo (voir tableau comparatif). Une version E85 (superéthanol) basée sur le 1. 6 16v 105 ch et une version B30 (agrodiesel) sur le 1. 5 dCi 85 ch seront disponibles au printemps 2008. Et la compatibilité B30 sera progressivement étendue au 1. 5 dCI de 70 ch et 105 ch. Le 1. 6 l essence sera aussi disponible en version 90 ch et, à terme, une version 4×4 et un modèle tout électrique seront aussi proposés.

Les prestations routières, de confort et d’habitabilité constituent donc une nouvelle référence sur ce segment des «ludospaces»… En attendant les concurrentes Peugeot Partner et Citroën Berlingo qui pointent leur nez au printemps prochain. Pour l’heure, ce Kangoo avance donc des arguments de poids qui font oublier certaines faiblesses plus «visibles» aujourd’hui : volant non réglable en profondeur, plastique de la planche de bord dur et brillant, boîte-àgants minuscule, absence d’habillage des mécanismes de sièges, pas de fioritures égayant l’habitacle, feutre du pavillon peu valorisant… Un bon point tout de même : la tôle peinte apparente a pratiquement disparu de l’habitacle.

Tarifs en légère hausse

Malgré une offre globalement très enrichie, le nouveau Kangoo soigne ses tarifs avec une hausse moyenne de 2,3 %, soit 400 euros de plus en fonction des versions. Remarquez, le Kangoo était déjà assez cher… La fourchette s’établie aujourd’hui entre 16 100 € (1. 5 dCi 70 ch Authentique) et 19 600 € (1. 5 dCi 105 ch Privilège, essayé ici). Au passage, l’équipement de série ou le catalogue d’options s’épaissit avec, par exemple, outre l’ABS avec aide au freinage d’urgence AFU et la régulation du couple moteur au rétrogradage MSR de série, l’ESP avec contrôle de sous-virage CSV et antipatinage ASR en option. Le régulateur- limiteur de vitesse, l’allumage automatique des feux et des essuie-glaces ou encore la climatisation régulée sont dorénavant proposées grâce à l’architecture multiplexée de cette plateforme « C ». Il faut tout de même noter que le premier niveau Authentique fait l’impasse sur les vitres arrière descendantes (elles sont entrebaîllantes) mais que les deux portes sont coulissantes. Le niveau Expression (+ 1 300 €) y ajoute la climatisation, les racks de rangements sous pavillon avant, le siège conducteur réglable en hauteur, la boîte de rangement entre les sièges avant ou encore les vitres avant électriques et le cache-bagages. Le siège passager avant escamotable et les coffres «aviation » à l’arrière qui n’apparaissent qu’au niveau Privilège, augmentent encore la facture de 900 €. Au total, il faudra donc monter en gamme pour vraiment apprécier le saut de catégorie. Cela en vaut la peine !

Notre avis

Bien

Prestations globales en nette hausse

Confort et habitabilité

Agrément de conduite du 1. 5 dCi 105 ch

A Revoir

Plastiques peu valorisants

Sièges trop mous

Hayon arrière gigantesque

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