La Peugeot 308 Hybride HDi à l’essai

Présentée en 2007, la Peugeot 308 Hybride HDi sert aujourd’hui de «démonstrateur» auprès des pouvoirs publics et des grands comptes afin de prouver la viabilité et les atouts d’une hybridation diesel-électrique. Nous avons pu la conduire sur quelques dizaines de kilomètres en région parisienne et nous vous livrons ici nos premières impressions. Mais sachez que ce modèle ne sera pas produit en série mais qu’il laissera la place à une version plus haut de gamme : la 3008 Hybride HDi dont la commercialisation est prévue courant 2011.

- Magazine N°145
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Peugeot 308 hybride

Contact, moteur, silence ! C’est, d’emblée, la première impression qui surprend -et séduit !- lorsqu’on démarre la 308 Hybride HDi de Peugeot : pas un bruit, tout juste le sifflement du déplacement de la voiture qui s’élance. La fée électricité est passée par là et, pour peu que l’on n’enfonce pas trop la pédale d’accélérateur, le moteur diesel ne se met pas en marche car l’énergie stockée dans les batteries (nickel-métal hydrure) est suffisante pour rouler, en ville, jusqu’à 50 kilomètres par heure environ.

Mais pas plus de 3 kilomètres, à l’instar des concurrentes japonaises. Pas de « plug in », ni de batteries lithium-ion, légères et donc plus nombreuses à pouvoir être embarquées. Mais Peugeot mise raisonnablement sur une disponibilité lors de la prochaine décennie, ce qui augmentera alors nettement l’autonomie en tout électrique.

Performances haut de gamme

Outre ce fonctionnement en tout électrique, un enfoncement très prononcé de la pédale d’accélérateur remet alors en fonctionnement le 1. 6 HDi de 110 ch qui vient seconder le moteur électrique de 16 kW, soit 22 ch. L’équivalent, une fois combinés ensemble, du plus gros 2. 0 HDi FAP de 136 ch de la 308.

Les performances deviennent alors étonnantes avec une poussée bien plus franche qu’en diesel «classique». Normal puisque le couple maxi du moteur électrique est disponible immédiatement, soit 80 Nm qui viennent s’ajouter aux 240 Nm du diesel à partir de 1 750 tr/mn. Ponctuellement, la puissance passe même à 23 kW et 130 Nm de couple ! Ainsi, les reprises de 30 à 60 km/h (en mode auto de la boîte six vitesses pilotée) sont de 3,0 s contre 4,9 s pour la 308 HDi 2. 0 l de 136 ch équivalente. Et de 80 à 120 km/h en 7,4 s contre 9,5 s pour cette dernière.

Des performances haut de gamme que l’on retrouvera sur la 3008 HDi 2. 0 l de 163 ch couplées à un moteur électrique de 27 kW, soit les performances du 3. 0 V6 HDi actuel (lire page 5). Gageons que d’ici là, Peugeot aura complètement résolu le seul problème qui demeure : la gestion des à-coups de transmission lors de la mise en route du moteur diesel en roulage en mode électrique. Une question de programmation plus fine du soft de pilotage de la boîte de vitesses nous assure-t-on.

Une réelle sobriété

Pour l’heure, ce qui étonne le plus, outre le bas niveau sonore, c’est donc la consommation en conduite urbaine avec 3,0 l/ 100 km selon le cycle normalisé (mesuré par Peugeot). A l’inverse des chiffres habituels évidemment puisque, avec un peu d’entraînement, il devient possible réellement de ne pas faire appel au moteur thermique. C’est donc sur route et sur autoroute que la consommation est la plus élevée… Toutes proportions gardées !

Ainsi, de retour Avenue de la Grande Armée au siège de Peugeot après notre périple urbain et suburbain, nous jetons un coup d’œil à la consommation indiquée sur l’ordinateur de bord : 3,4 l/ 100 km et 90 g/km de CO2 émis, soit exactement le chiffre en cycle mixte normalisé ! Nous aurions pu atteindre les 3,0 l/100 km «officiels » en cycle urbain mais notre style de conduite en ville n’est manifestement pas celui retenu pour les mesures normalisées… Mais c’est de toute façon, environ 35 % de moins que la 308 2. 0 HDi FAP de 136 ch équivalente qui pointe à 5,5 l/100 km et 146 g de CO2 en cycle mixte. Et c’est près de 60 % de moins en cycle urbain puisque la 308 HDi 2. 0 FAP est à 7,2 l/100 km et 191 g de CO2.

Sur le plan technique, cette 308 Hybride 1. 6 HDi 110 ch FAP est strictement identique à sa sœur de série, exceptés les batteries logées à la place de la roue de secours, le petit moteur électrique dans le carter de la boîte de vitesses, l’onduleur refroidi par le circuit du moteur thermique et le convertisseur. Au total, la voiture pèse 1 460 kg dont 110 kg pour l’hybridation seule. Pour mémoire, la 308 2. 0 HDi de 136 ch pèse «déjà» 1 426 kg.

Pas de production en série

Cette 308 Hybride HDi a donc tout pour plaire… le seul problème, c’est qu’elle ne sera jamais commercialisée ! En effet, Peugeot estime que le surcoût engendré par l’hybridation (1 500 € environ), venant s’ajouter au surcoût du diesel HDi (1 500 € à nouveau) toujours prohibitif serait dissuasif et anti-économique pour la clientèle privée comme professionnelle. C’est la raison pour laquelle l’hybridation diesel électrique sera proposée uniquement sur des modèles haut de gamme plus gros et plus chers sur lesquels le surcoût sera proportionnellement plus faible et acceptable (lire, ci-contre, l’interview de Laurent Blanchet-Delrieu).

Et Peugeot affirme toujours que l’hybridation essence-électrique n’a aucun intérêt, économique ou écologique. Cette 308 Hybride HDi s’en veut la démonstration !

Notre avis

Bien

Réelle sobriété en usage urbain

Silence en mode électrique

Excellentes performances.

A revoir

A-coups de transmission

Faible autonomie en mode électrique

Surcoût toujours prohibitif.