L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi repense son modèle

Après les annonces du président Macron pour le soutien au secteur automobile, le groupe Renault dévoile un nouveau business model pour l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

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Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi veut revoir son fonctionnement suite aux difficultés liées à l’épidémie de covid-19 (voir la brève). Dans le cadre d’un plan d’économies de 2 milliards d’euros présenté par la direction du groupe vendredi dernier, Renault pourrait ainsi décider de supprimer 5 000 postes d’ici à 2024. Il ne s’agirait pas forcément de licenciements ni de départs volontaires, mais plutôt du non-remplacement des salariés partant à la retraite.

Un PGE de 5 milliards d’euros

Si l’État actionnaire ne peut s’opposer à cette restructuration, il va accorder au constructeur un PGE (prêt garanti par l’État) pour un montant total de 5 milliards d’euros, de quoi combler son déficit de liquidités. Ce plan d’aide est conditionné à des engagements fermes en matière de maintien en France d’activités à valeur ajoutée (voir notre brève sur le plan de soutien à l’automobile). Renault produira ainsi son futur moteur électrique commun aux trois marques de l’Alliance (Renault, Nissan et Mitsubishi) dans l’usine de Cléon. La production sur site d’assemblage de Douai devrait également être maintenue.

Un nouveau business model pour l’Alliance

Le groupe Renault profite de ce plan d’aide pour renforcer les coopérations et les synergies au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Avec à la clé un nouveau business model basé sur le principe « leader-follower ». Il s’agit de déterminer un « véhicule mère » (voiture leader) et des « véhicules sœurs » (voitures follower) par segment et par marque, en fonction des marchés les plus compétitifs. Ce schéma vise à renforcer la standardisation des modèles depuis la plate-forme jusqu’au véhicule complet. Il devrait permettre de réduire les coûts et les dépenses d’investissements par modèle jusqu’à 40 %. Près de 50 % des voitures de l’Alliance seront développées et produites selon ce principe « leader-follower » d’ici à 2025.