L’armée française va rouler en Peugeot et en Citroën

Autres gagnants de la compétition, les deux constructeurs livreront les 280 bases militaires réparties en France entre mai 2007 et juin 2008.

- Magazine N°125
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Lorsque le ministère de la défense a lancé l’appel d’offres multimarques pour externaliser sa flotte de véhicules commerciaux, l’ensemble de la profession, des constructeurs aux leasers (Arval, Lease Plan, ALD, GE Fleet Services…), s’est mobilisé. Les constructeurs ont d’abord concouru en direct mais la taille et la structure du marché ainsi que les exigences du client impliquaient le recours à un leaser multimarques. « Après avoir été en lice en tant que Citroën, nous nous sommes rangés derrière les leasers. Nous étions présents dans plusieurs offres », rappelle Pierre Laromiguière, responsable des ventes aux administrations pour la marque aux chevrons. Peugeot a effectué le même parcours. Les deux derniers leasers en lice, GE Fleet Services et Ineo ont interrogé les constructeurs afin d’examiner leur offre. Chaque leaser a du répondre au cahier des charges segment par segment. Au final, GE a été retenu par le ministère de la défense et GE a choisi les offres de Peugeot et de Citroën, résume Bruno Pierre, en charge des ventes directes et occasion à la direction du commerce France de Peugeot. Au final, la marque au lion rafle la plus belle part du marché avec 93 % en volume des véhicules à fournir et Citroën, le solde. Les deux constructeurs se sont engagés à livrer les 280 bases militaires réparties sur le territoire français entre mai 2007 et juin 2008. Les constructeurs sont aussi prêts à intervenir en soutien des équipes de GE Fleet Services lors de leur mission d’informations des utilisateurs et des 400 personnes employés par le ministère qui feront l’interface entre le leaser et les utilisateurs.

GE a sélectionné ces deux constructeurs en fonction de critères établis avec le ministère de la Défense. Le prix pesait pour 60 % de la note finale attribuée à l’offre et l’aspect technique pour 40 %. Et sur ce dernier point, les émissions de CO2, la consommation et la sécurité active et passive représentaient 25 % du total, précise Bruno Pierre. La capacité des marques à proposer des véhicules répondant en particulier aux préoccupations environnementales du client a joué un rôle clé dans la décision. Les véhicules bénéficient de la toute dernière technologie HDI et sont équipés de filtre à particules. Ils affichent une consommation très raisonnable selon les deux groupes. Autre atout de Peugeot et de Citroën, leur capacité à intervenir partout en France grâce à la densité de leur réseau : les exigences du client en matière de services après-vente ont privilégié les constructeurs français, note un observateur. Ce qui n’a cependant pas empêché des marques étrangères bien implantées en France et familières des contrats avec des organismes publics comme Ford de participer à l’appel d’offres.

Au niveau de la rentabilité d’un tel contrat, les deux marques, tout comme GE Fleet Services, affirment qu’il leur assure une rentabilité correcte compte tenu de sa taille. Avant chaque marché, un objectif est fixé par la direction. Le mixproduit nous a certainement avantagé de ce point de vue, déclare Pierre Laromiguière. le prix sur lequel nous sommes tombés d’accord préserve une rentabilité satisfaisante. Chaque marché pris est doté d’un compte d’exploitation propre. Tous doivent être bénéficiaires, insiste pour sa part Bruno Pierre.

Pour les deux marques, un contrat aussi emblématique est important : il s’agit d’un volume assuré avec une rentabilité correcte qui donne, en outre, une belle visibilité à nos produits, souligne Pierre Laromiguière. Nous touchons des clients potentiels qui découvrent nos produits à titre professionnel mais qui pourraient ensuite acheter nos véhicules pour leur usage privé, ajoute-t-il.

Ces constructeurs tenaient en outre à pérenniser leur présence au sein de la flotte des armées françaises. Historiquement, elles ont toujours occupé une place de choix. Ainsi, sur la période 2000-2003 (la dernière grande vague d’achat de véhicules par le ministère de la Défense),50 % des véhicules provenaient de PSA. Quant au parc concerné par l’externalisation, Peugeot et Citroën en détenaient 40 % du total.

A noter enfin que Peugeot et Citroën participent au second appel d’offres lancé fin 2006 pour l’externalisation des voitures de fonction des armées. Les consultations ont déjà débuté et les offres devaient être formalisées et remises au client d’ici à la fin janvier.