Laurent Latour : « VIP Service : Un choix seulement assumé par les people »

Laurent  Latour est Président de CEO (spécialiste des services de conciergerie automobile).

- Magazine N°134
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« En France, vous pouvez acheter n’importe quel véhicule, mais pas les services de qualité qui l’accompagnent. Si vous ne trouvez pas par vous-même un chauffeur ou un homme à tout faire, il n’existe aucun service d’exception. Le VIP Service proposé par Lancia sur la Musa devrait peut-être faire évoluer les mentalités. En France, c’est une première qui va en annoncer d’autres. En général, les propriétaires des véhicules d’exception ont leurs propres moyens comme ce footballeur du FC Barcelone qui a trois véhicules de grande exception dont s’occupe un domestique. Lorsque vous avez un certain nombre de véhicules, et c’est le cas pour les possesseurs de véhicules d’exception, vous avez un homme de confiance qui peut s’en occuper. Autrement, un trader qui a une Ferrari dans son parking parisien s’en occupe lui-même car c’est une source de plaisir pour lui. En général, ce type de véhicule est acheté à titre personnel. Seules les sociétés de production peuvent se permettre d’avoir des véhicules de ce type au nom de l’entreprise. La personnalité de leurs dirigeants – animateurs de télévision, producteurs…-, les autorise à assumer ce choix. Dans des cabinets d’avocats ou de consultants, il est hors de question d’avoir ce type de voiture. Parfois, des Bentley Continental immatriculées TT circulent dans Paris. Elles sont louées 15 à 20 000 euros par mois pendant 6 mois, le temps d’un séjour, à des particuliers richissimes. En revanche, la culture française n’autorise pas les chefs d’entreprise à rouler dans des véhicules d’exception. Le fait que le président de la République ne puisse pas partir en vacances sur un yacht est symptomatique. Il ne faut pas exposer son statut, son argent. Le président d’un groupe du CAC 40 possède des véhicules d’exception, mais roule en 607 dans le cadre de ses activités professionnelles. En France, les dirigeants d’entreprise font très attention au regard de leurs salariés, de leurs clients, de leurs actionnaires et ne veulent pas éveiller la jalousie. A Londres ou à New York, les traders n’ont pas ces problèmes et peuvent s’afficher en Rolls, en Ferrari ou en Bentley. »

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