Le Bibendum s’habille en vert

Le Bibendum s’habille en vert

Michelin a initié le 20 octobre dernier une grande campagne de communication sur ses pneus dits verts. A cette occasion, la marque au Bibendum annonce qu’elle va baisser par deux la résistance au roulement de ses pneus d’ici à 2030.

- Magazine N°134
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La communication autour du développement durable bat son plein. Dernière initiative en date, Michelin a installé à Berlin, New York, Paris et Shanghai des écrans où apparaissent les litres de carburant et les émissions de CO2 économisés grâce à l’utilisation de ses pneus verts. Ainsi, depuis 1992, l’utilisation des pneus verts de Michelin a permis d’économiser plus de 9 milliards de litres de carburant, soit 43,91 litres par seconde. Depuis l’introduction des pneus verts Michelin, près de 23 millions de tonnes de CO2 n’ont pas été rejetées dans l’atmosphère, soit 110 kilogrammes chaque seconde. Cette dernière performance correspond à ce que peuvent capter 880 millions d’arbres par an.

A première vue, il apparaît difficile de lier pneumatique et consommation de carburant. Et pourtant, la résistance au roulement des pneus assure adhérence et tenue de route, mais engendre ainsi une consommation importante. « Le pneu est responsable de 20 % de la consommation de carburant, explique Michel Rollier, président de Michelin. Un plein sur cinq est consommé par les pneus. » Ces ratios sont encore plus importants pour les poids lourds puisque les pneus de ces véhicules sont responsables d’un tiers de la consommation de carburant. Et Michel Rollier de replacer cette consommation dans l’évolution du parc roulant : « En 1950,50 millions de véhicules circulaient à travers le monde. En 2000, ils étaient 800 millions et en 2030, ils seront 1 milliard 800 millions. » En inaugurant ses écrans, le président de Michelin a pris un engagement fort : réduire de moitié la consommation de ses pneumatiques à l’horizon 2030 : « A cette date, nous aurons divisé par deux la résistance au roulement de nos pneumatiques et multiplier par deux leur durée de vie ».

Retour sur une politique volontaire

La volonté de réduire l’impact environnemental des pneumatiques et la consommation de carburant s’est très vite imposée chez Michelin. En 1946, l’invention du pneu radial a permis de faire progresser les performances tout en diminuant la résistance au roulement et donc la consommation de carburant. En 1992, Michelin introduit de la silice dans la bande de roulement en substitution partielle du noir de carbone. Elle permet une amélioration de la résistance au roulement tout en préservant les performances d’adhérence et la résistance à l’usure. Cette innovation a permis une diminution de la consommation de 0,15 litre aux 100 kilomètres. D’où l’utilisation du qualificatif vert pour désigner les pneumatiques qui utilisent la silice. Depuis cette date, Michelin a mis au point quatre générations de pneus verts. Enfin, lors du dernier salon de Francfort, le manufacturier a dévoilé son dernier pneu vert en date. Baptisé Michelin Energy Saver, ce nouveau pneu améliore encore le bilan énergétique et l’impact environnemental des automobiles avec 0,2 litre de carburant non consommé aux 100 kilomètres et près de 4 grammes de CO2 non rejetés dans l’atmosphère à chaque kilomètre parcouru. Ainsi, Michelin annonce une économie de 2 euros à chaque plein effectué. Durant la vie du véhicule, cette économie correspond à environ une tonne de CO2 non rejetée dans l’atmosphère.

Autre initiative, Michelin est le premier manufacturier à recommander la mise en place d’un système d’index d’efficacité énergétique pour les pneumatiques. Sous la pression de Michelin, l’ensemble de la profession travaille en Europe à la réalisation de ce projet. Cette information devrait apparaître sur les pneus à partir de 2011. Et l’enjeu est loin d’être négligeable. Michel Rollier rappelait lors de la conférence de presse d’inauguration des écrans Michelin que les véhicules sont responsables de 18 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone. La maison brûle et Michelin a décidé d’apporter sa contribution pour éteindre l’incendie.

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