Le choix du véhicule et les services associés

Comment choisir ses véhicules, quelles options prendre chez son prestataire ? Un casse-tête pour de nombreuses petites entreprises. Entre le « tout compris » qui permet d’éviter les contraintes, et l’aspect financier, l’équilibre est souvent difficile à trouver.

- Magazine N°152
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En moyenne, les sociétés spécialisées dans la LLD et la gestion de flottes automobiles remarquent que 45 % des véhicules sont des véhicules utilitaires et 55 % des VP, indique David Velay chez Elat. « La tendance, ajoute-t-il, est à la limitation des coûts liés à la fiscalité, notamment la TVS (taxe sur les véhicules de société) qui est due pour les véhicules particuliers et dont le barème est assis sur le taux d’émission de CO2. Cette tendance est également liée au système de bonus-malus lui aussi calculé en fonction des émissions de CO2. »

« Les PME-PMI restent dans la même catégorie de véhicules mais ont commencé à prendre conscience du poids de la fiscalité et choisissent des moteurs moins puissants, donc moins polluants et moins gourmands en carburant. La chasse à la gabegie commence, comme cela s’est produit avec un temps d’avance dans les grandes flottes. Nous sommes également présents pour les conseiller sur le choix des véhicules et les aider à maîtriser l’ensemble des coûts liés au parc automobile », souligne Grégory Libre chez Arval. Mais ces coûts ne sont pas toujours pris en compte par les toutes petites flottes. « Il reste encore de nombreuses petites sociétés qui n’ont pas changé leurs comportements d’achats et préfèrent payer 10 euros de plus de TVS par mois que de mécontenter leurs commerciaux en les obligeant à prendre une voiture d’une catégorie inférieure », affirme Francis Harnie chez Peugeot.

Pas question, en revanche, de grappiller sur le confort ! « Nous mettons à disposition de nos chauffeurs un maximum de confort comme la climatisation, le lecteur CD et le Bluetooth qui nous permet de communiquer avec nos chauffeurs », indique Eric Cerizza de Nexilis Crudeli. Monceau fleurs ne lésine pas non plus sur ces accessoires et les véhicules de la société sont tous équipés de régulateurs de vitesse.

De manière générale, Peugeot comme ses concurrent Renault et Citroën, bénéficient d’une pénétration supérieure, à celle enregistrée auprès des particuliers. « Pour un véhicule de société, l’entreprise mise sur la proximité des garages et l’importance du réseau afin d’assurer la mobilité de ses collaborateurs », souligne le responsable de Peugeot. Les trois marques nationales se partagent ainsi 60 % du marché de la flotte automobile. Peugeot commercialise essentiellement des 308 et des 207 et se félicite « du succès de la 3008 auprès de la clientèle de PME-PMI. Nous réalisons deux fois plus de ventes que ne le prévoyaient nos objectifs ».

Des services à la carte

Si la PME achète son véhicule en LOA ou à crédit, elle prend les formules proposées par le concessionnaire. Dans le cadre d’une LLD, elle peut se dégager de contraintes en prenant un certain nombre d’options à la carte : assurance, entretien, réparations, voiture de remplacement, changement des pneumatiques, carte carburant… « Au plus la plate-forme de services s’élargit, au plus cela se traduit par un avantage pour le client. Il n’a plus qu’un seul interlocuteur », souligne David Velay chez Elat.

Les spécialistes de la LLD ont souvent leur propre produit d’assurance, choisi auprès d’un assureur spécialisé avec qui ils ont des liens préférentiels. L’assistance est externalisée, auprès d’un ténor du marché. Cependant, aux heures ouvrables, le client joint directement son interlocuteur auprès de son loueur. Pour les réparations ou l’entretien, chaque chauffeur a une carte accréditive qui lui permet de passer par l’ensemble du réseau du concessionnaire ou par le réseau de garages et de carrossiers mis en place par son loueur. « Cette carte accréditive assure au garage le paiement par notre société », explique Elat. Dans la pratique, « les clients des petites sociétés prennent toujours l’entretien et la réparation mais beaucoup moins l’option assurance ou carte carburant », note Francis Harnie. Les services sont aussi de plus en plus sophistiqués. Ainsi Cofiparc propose une formule «après-vol» pour 3,90 euros par mois. « Ce service permet de retrouver rapidement le véhicule en cas de vol », indique Claude David.

Autant d’options que de choix !

Si le tout-compris a ses adeptes, toutes les PME sont loin de faire ce choix. « Nous prenons les services entretien et maintenance ainsi que les réparations, précise Eric Cerizza. En revanche, nous gérons à part l’assurance et le remplacement des pneus. Nous avons aussi abandonné l’assurance pour pertes financières qui coûte 4 à 5 euros par mois et par véhicule. Cette formule permet de stopper le contrat et donc les loyers lors de la perte d’un véhicule, suite à un accident grave. Nous avons calculé notre sinistralité et remarqué que sur les trois ans écoulés, nous n’avons eu à déplorer la mise à la casse que d’un seul véhicule, à la suite d’un vol, ce qui était donc déjà couvert. » Un risque que d’autres ne prennent pas, étant donné le coût réduit de l’option. A chacun sa stratégie !

Côté pneumatiques, « les comportements diffèrent entre les petites entreprises qui font confiance à leur concessionnaire où à leur garage, et les sociétés plus importantes qui préfèrent gérer elles-mêmes leur budget pneumatique et les remplacer à moindre coût », remarque Francis Harnie. Mais, tout dépend souvent du nombre de véhicules et de la politique de la société. Ainsi Laurent Vitteau, passé d’un grand groupe (Lustucru) à Monceau Fleurs continue de gérer au plus près : « nous ne prenons pas l’option pneumatique qui nous oblige à changer au moins huit pneus sur un contrat de 150 000 km alors que tout dépend de l’usure. En outre, nous incitons nos collaborateurs à changer leurs pneus chez des pneumaticiens comme Vulco ou chez Norauto, ce qui revient nettement moins cher qu’un changement de pneumatiques chez le concessionnaire. De même, nous ne prenons pas la carte carburant et les collaborateurs vont s’approvisionner le plus souvent en grandes surfaces. »

En matière d’assurance, la plupart des PME choisissent la formule « tous risques ». « Nos véhicules sont souvent garés sur des chantiers et il y a toujours des risques, comme un petit accrochage ou un rétroviseur arraché », explique Eric Cerizza chez Nexilis. Selon Thierry Dubois, directeur du développement Flottes automobiles chez Diot, un spécialiste de l’assurance des flottes, « une PME peut difficilement supporter le coût de la perte d’un véhicule, d’où la nécessité de s’assurer le plus largement possible. Les grands font souvent le choix de l’auto-assurance et prennent à leurs charges d’importantes franchises ou des coûts de réparation pour éviter les taxes qui pèsent sur les primes d’assurance. Une solution qui n’est absolument pas adaptée aux plus petites sociétés. »

Les PME fidèles à leur assureur

Dans la pratique, les PME-PMI restent fidèles à leur courtier ou agent et ne prennent pas l’option assurance chez leur loueur. « Nous assurons nos véhicules auprès de Delta Assurances qui est notre assureur pour l’ensemble de la société. Cela nous permet d’avoir de meilleurs tarifs, une meilleure couverture et une plus grande proximité », explique Eric Cerizza. « Prendre une assurance au niveau du groupe, incluant les véhicules, permet de massifier cette prime avec les autres assurances concernant l’immobilier ou la sécurité », estime aussi Laurent Vitteau.

Pour Grégory Libre, « les PME-PMI ont pourtant tout intérêt à n’avoir qu’un seul interlocuteur. Elles ont souvent des difficultés à appréhender le coût de leur sinistralité qui avoisine pourtant les 15 % du coût global de leur flotte. Il faut prendre en compte le montant des franchises, les couvertures et garanties, les prestations spécifiques ainsi que le temps passé entre les différents intervenants. En tant que loueur, nous pouvons leur offrir des solutions simples et économiques grâce notamment à la prise en charge intégrale de toute la chaîne d’intervention (dépanneur, assisteur, carrossiers…), mais surtout la maîtrise des coûts directs et indirects liés aux dépenses d’assurance comme la gestion du sinistre, l’immobilisation des véhicules et le coût des réparations. »

Mais les chiffres restent têtus.« Environ 10 % des clients prennent leur assurance chez le loueur. Les autres s’assurent auprès de leur courtier ou agent. Ceux-ci peuvent souvent, au travers d’un assureur spécialisé dans la flotte automobile, leur proposer une assurance plus adaptée à leurs besoins que le produit standard des loueurs », estime Thierry Dubois.

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