Le courant passe à la base navale de Brest

Le groupe de construction navale DCNS a équipé son site de Brest d’une flotte de véhicules électriques. Question de préservation de l’environnement et d’image avant tout. Mais l’industriel y gagne aussi en efficacité.

- Magazine N°143
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Goupil Industrie  pour  Le groupe de construction navale DCNS

Pour effectuer la maintenance des navires à quai dans la rade de Brest, la division services de DCNS dispose de 120 véhicules servant aux interventions du personnel et au transport des pièces de rechange. A l’occasion du renouvellement de cette flotte, le groupe d’armement naval a choisi de remplacer 70 véhicules diesel par des camionnettes électriques. Un choix guidé par des préoccupations écologiques et par des contraintes inhérentes au site et à l’activité du groupe. « A ce jour, nous ne sommes soumis à aucune obligation particulière, mais nous avons décidé d’anticiper car nous avons pour objectif d’obtenir la certification ISO 14000 d’ici la fin de l’année 2008 », indique Jean-Marie Daviron, directeur de la communication de la division services de DCNS.

L’atout «électricité»

Le comité de direction s’est d’emblée intéressé au mode de propulsion électrique. Car la plupart des véhicules utilisés pour la maintenance évoluent sur le site fermé de la rade de Brest comprenant 14 kilomètres de quais. Ils y effectuent de multiples allers retours entre les ateliers et les navires ainsi que de fréquents arrêts. Par ailleurs, le groupe est tributaire de ses clients -la Marine nationale en l’occurrence- en matière d’équipements de la base navale, ce qui limitait l’emploi de GPL ou de biocarburants, par exemple. Suite à une étude réalisée par ses services de l’environnement et de la sécurité du travail, le groupe a très vite identifié les atouts de la motorisation électrique face au diesel et opté pour des utilitaires G3 fabriqués par Goupil Industrie, société basée dans le Lot et Garonne (47).

« L’hypothèse a été validée d’un point de vue économique mais aussi en termes d’efficacité et d’image », précise Jean-Marie Daviron. Hormis l’absence de rejet de CO2 et de nuisance sonore, le mode de propulsion électrique améliore la sécurité et l’efficacité du personnel de maintenance. « En raison de leur petit gabarit, ces véhicules électriques permettent aux opérateurs de s’approcher au plus près des navires et de circuler à l’intérieur des ateliers sans risques d’asphyxie », illustre le directeur de la communication.

Plusieurs types d’utilitaires cohabitent désormais dans la rade de Brest : des camions dotés de plateau à ridelles capables de transporter des charges de 700 kg, des fourgons bâchés, des modèles à rideaux équipés d’ateliers mobiles ainsi que 50 véhicules diesel conservés pour les interventions hors site.

Les utilitaires fabriqués par Goupil Industrie ne dépassant pas les 30 km/h, leur usage reste en effet limité à l’enceinte de la rade. En revanche, ils répondent aux spécificités géographiques du site : trajets en forte déclivité, passage de ponts flottants, etc. Les utilitaires G3 fonctionnent à l’aide de batterie de 200 à 240 Ah dotées d’une autonomie de 80 km en conditions optimales. Pour les recharger, opération qui nécessite entre 8 et 10 heures, DCNS a fait installer 15 bornes électriques réparties en différents endroits de la rade.

L’achat : trop contraignant

Déjà adepte de la location pour sa précédente flotte, l’industriel a opté pour un contrat longue durée incluant l’entretien et la maintenance des utilitaires. Formule la plus adaptée, selon le responsable communication du groupe. « A l’achat, les véhicules électriques sont souvent plus chers, sans compter les coûts liés au remplacement et au recyclage des batteries », explique ainsi Jean-Marie Daviron. Au final, pour le groupe DCNS, le budget alloué à la location s’avère quasiment équivalent qu’il s’agisse de véhicules électriques ou thermiques. En revanche, en termes de coûts de possession, le groupe estime réaliser entre 15 et 18 % d’économie sur sa flotte.

Avant de se lancer dans l’aventure, le groupe de construction navale a souhaité impliquer ses salariés. Lors des négociations, une quinzaine de personnes ont pu tester les utilitaires acheminés sur le site par Goupil Industrie. « Et une fois le contrat signé, nous avons organisé une semaine d’essais sur circuit fermé afin de permettre à nos collaborateurs de s’habituer à la conduite de ces véhicules, relate Jean-Marie Daviron. Entre les prémisses du projet et le déploiement de la flotte, il aura fallu huit mois à DCNS pour franchir le pas de l’électrique. Un choix qui s’avère pertinent puisque le groupe envisage aujourd’hui d’équiper également ses sites de Lorient et d’Angoulême.