Le CPF de transition professionnelle pour changer d’horizon

Successeur du CIF, le compte personnel de formation de transition professionnelle (CPFTP) finance des formations certifiantes pour changer de métier ou de profession. Pour le responsable de flotte, ce CPFTP peut ainsi aider à devenir par exemple mobility manager.

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CPF de transition professionnelle

« Le projet de transition quoi ? » Dans les bureaux et les entreprises, le compte personnel de formation de transition professionnelle (CPFTP) reste peu connu. Cette méconnaissance générale s’explique. « Le CPFTP est récent puisqu’il a succédé, au 1er janvier 2019, au congé individuel de formation (CIF) », commente Annie Cerbelle, responsable du pôle conseil en ingénierie financière du Fongecif Île-de-France, l’un des premiers financeurs de France avec 30 % des dossiers financés dans l’Hexagone (voir l’application fongecif-idf téléchargeable sur Google Play ou App Store).

Comprendre le CPFTP

Le but de ce nouvel arrivant dans le monde du financement de la formation continue est de remplacer un CIF sous-employé et de permettre aux « salariés souhaitant changer de métier ou de profession de financer des formations certifiantes en lien avec leur projet », précisent les documents du ministère du travail. Ce CPFTP est donc une modalité particulière de mobilisation du compte personnel de formation (CPF) afin de financer des formations certifiantes, éligibles au CPF et pouvant être de longue durée. « Mais attention, ajoute Annie Cerbelle, tous les cursus éligibles au CPF ne le sont pas au CPFTP. C’est pourquoi la première mesure à prendre, lorsque l’on se destine à financer un projet de formation de transition, est de se rapprocher de nos conseillers. Cela évite de perdre son temps ». Et on peut aussi en profiter pour mesurer si l’on est soi-même éligible à ce financement.

Des conditions d’ancienneté

En effet, tout le monde ne pourra pas être financé par ce biais. Pour faire partie des heureux élus, le salarié en CDI doit justifier d’une ancienneté d’au moins 24 mois, consécutifs ou non, dont 12 mois dans l’entreprise, quelle qu’ait été la nature des contrats de travail successifs. Par dérogation, des modalités particulières d’ancienneté sont prévues pour les CDD, les travailleurs handicapés et les salariés licenciés pour motif économique ou pour inaptitude, ou ceux n’ayant pas suivi de formation entre leur licenciement et leur nouvel emploi.

Peaufiner son projet

Ceci défini, reste l’essentiel : la construction de son projet de formation. « Afin de le définir au mieux, il est impératif de s’appuyer sur un conseiller. Je préconise alors de prendre rendez-vous avec un conseiller d’évolution professionnelle (CEP). Ce service gratuit est organisé par cinq opérateurs dont l’Apec », expose Alain-Frédéric Fernandez, intervenant universitaire, conseiller en ingénierie de la formation professionnelle et auteur de Réforme de la formation professionnelle : 101 conseils opérationnels pour en tirer profit (ESF Editeur). Ce conseil en évolution professionnelle aide aussi à valider le projet et permettra à la commission qui statue, in fine, de l’accepter plus facilement.

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Évaluer sa motivation

« Tout réside dans cette préparation, acquiesce Saadi Fermas, conseiller en période de transition professionnelle pour la société de conseil en transition professionnelle CEPT06. Cela facilitera le travail des spécialistes que l’on contactera tout au long de ce processus de financement et de réflexion sur son futur professionnel. Car ce cursus s’accompagne forcément d’une diminution de revenu, de changements dans son quotidien qui affectent sa vie personnelle et professionnelle. Est-on en capacité de mener cela à bien ? La volonté de changement est-elle réelle ? J’ai des clients qui se rendent compte que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Que ces changements ne sont pas pour eux, tant ils influent sur leur économie personnelle, leur couple, leur famille… »

Bâtir un projet solide

« Un positionnement préalable est à réaliser obligatoirement avec son centre de formation, ajoute Annie Cerbelle du Fongecif Île-de-France. Le but de ce diagnostic : individualiser le parcours du bénéficiaire afin, si cela est envisageable, de réduire le temps de formation en validant des expériences et des compétences déjà acquises, voire d’abaisser le montant du devis initial. » Il faudra aussi définir le métier visé, le marché du travail, les possibilités d’insertion dans une région donnée. La logique n’est évidemment pas de former un salarié qui ne trouvera pas d’emploi à l’issue du cursus.

Ensuite, le salarié pourra effectuer auprès de son employeur une demande d’absence 120 jours avant le début du cursus choisi si ce dernier dure plus de six mois, et 30 jours s’il dure moins de six mois. « L’employeur doit répondre au salarié dans les 30 jours suivant la réception de la demande de congé », rappelle le ministère du travail.

S’adresser au Fongecif

Il faudra, après, s’adresser au Fongecif puis, à compter de janvier 2020, à son remplaçant dénommé assez facétieusement le CPIR (comité paritaire interprofessionnel régional), contrôlé par la région et supervisé par France compétences (autorité nationale de financement et de régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage). « Si j’ai pris la précaution de faire valider mon projet via un CEP, il a toutes les chances d’être financé via ce futur comité et via le Fongecif jusqu’en décembre 2019 », pointe le consultant Alain-Frédéric Fernandez. Le Fongecif met aussi en garde le salarié en précisant qu’il existe des publics ciblés dont les dossiers ont plus de chance que les autres d’être financés. « Il s’agit des publics dont le niveau d’études est inférieur au bac, des salariés des TPE-PME de moins de 100 salariés, des ouvriers-employés ou des individus qui n’ont pas bénéficié des subventions de la formation continue au préalable », rappelle Annie Cerbelle.

Financer le projet

Enfin, pour mettre toutes les chances de son côté, le CPFTP sera d’autant plus accepté si le salarié cofinance le cursus via l’utilisation de la VAE (validation des acquis de l’expérience), s’il se forme en dehors de son temps de travail ou encore s’il additionne d’autres financements comme le CPF, ses propres deniers ou des aides de son employeur.

Pendant le projet de transition professionnelle, le salarié est considéré comme stagiaire de la formation professionnelle : il bénéficie du maintien de sa protection sociale et il est couvert contre le risque d’accident du travail. Durant cette période, le contrat de travail est suspendu mais pas rompu : le salarié doit donc justifier de sa présence en formation. À l’issue de ce cursus, il réintègre son poste de travail ou un poste équivalent. L’employeur n’est malheureusement pas tenu de proposer un autre emploi qui prenne en compte la qualification acquise pendant la formation.

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