Le « green washing premium » en vedette mondiale

Le « green washing premium » en vedette mondiale

Les salons automobiles internationaux se suivent et… se ressemblent. Pour ce millésime 2008, le Mondial de l’auto ne déroge pas à ce constat (hormis les études de style et conceptcars) et fera la part belle aux véhicules et prototypes hybrides ainsi qu’aux technologies censées réduire les émissions polluantes. Mais plutôt réservé aux véhicules haut de gamme ainsi qu’au «premium» comme lors du salon de Francfort il y a un an ou celui de Genève au printemps dernier.

- Magazine N°142
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Premier constat : le grand « green washing » des constructeurs continue donc son show planétaire, avec des solutions plutôt coûteuses et d’une efficacité toute relative pour le consommateur acheteur lambda. Entre une Mercedes Classe S400 BlueHybride, un ML 450 du même métal, une Lexus RX400h et un BMW X3 Hybride, tous carburant à l’essence avec une dose d’électricité, on ne peut pas vraiment dire que l’environnement est préservé et que tout un chacun pourra facilement y accéder.

Il n’y a vraiment de tangibles que les annonces de commercialisation pour la mi-2009 des hybrides essence-électrique Toyota Prius, Honda Insight (plus petite et moins chère que la Civic IMA), Chevrolet Volt et Smart Hybride qui pourront concilier véritablement portefeuille et environnement.

Pour les autres, constructeurs allemands et américains en tête –alliés pour le meilleur et le pire dans ce domaine– cela concernera surtout le haut de gamme à destination du marché US. Dans ce contexte, la présentation par Peugeot de son concept-car Prologue préfigurant la 3008 commercialisée en 2009, sorte de cross-over sur la plate-forme de la 308- Citroën C4 Picasso, ressemble à de la poudre aux yeux lorsqu’est annoncé sans autre précision qu’une version hybride diesel électrique de 200 ch et 109 g de CO2 est à l’étude !

«Premium» ou « low cost » ?

Deuxième constat : l’arrivée toujours reportée de cargos remplis à ras bord de voitures chinoises qui illustre bien la difficulté des asiatiques à pénétrer le marché européen avec des pro- duits et des marques « ultra low cost ». Monter un stand sur un salon auto, c’est bien, vendre des voitures, c’est beaucoup plus difficile ! Cette année, Thierry Hesse le patron du Mondial, s’étonne même qu’il y ait si peu d’exposants Chinois sur son salon ! C’est donc plutôt du côté des nouveaux et vrais « low cost » qu’il faudra regarder : les Indiens comme Tata ou encore Maruti-Suzuki ainsi que Toyota qui étudie sa propre voiture à bas prix. On parle même d’une renaissance de la marque Talbot par Peugeot qui en ferait sa propre « Logan du Lion » fabriquée à bas coûts entre l’Europe orientale et l’Asie du Sud. Mais tous les constructeurs y regarderont à deux fois avant de se lancer sur ce segment car, pour certains, c’est un peu comme de se tirer une balle dans le pied.

La « voiture du peuple » est bien celle que l’on croit

Et il vrai que cette stratégie va à l’encontre de la troisième tendance de ce Mondial de l’auto : le «premium» fait de plus en plus recette et serait la formule miracle pour les constructeurs généralistes et spécialistes en perte de vitesse et de diffusion sur le Vieux Continent. Tous annoncent leur volonté de monter en gamme (et en prix), mettant en relief la stratégie inverse de Renault avec Dacia. Soulignant par là même et a contrario, l’échec programmé des Laguna, Vel Satis et autres Espace… La Mégane III a intérêt à faire bonne figure ! Car, en face, Volkswagen avec sa Golf VI annonce fièrement qu’elle sera aussi «premium» que sa cousine Audi A3, mais moins chère, tout en offrant dans quelques mois une version BlueMotion à 99 g de CO2 (et 1 000 euros de bonus), ainsi qu’une version hybride diesel électrique (déjà vue au salon de Genève en mars dernier) mais aussi une 100 % électrique rechargeable (en cours d’expérimentation à Berlin). Une belle panoplie non ? Et sûre de ses choix technologiques, Volkswagen annonce même que la gamme Golf abandonne la boîte auto classique et ne sera plus que disponible avec sa boîte DSG à double embrayage. Bref, le n°3 mondial a su rester un généraliste tout en se hissant dans le «premium » et en développant de nouvelles technologies. Les trois piliers de la réussite automobile aujourd’hui.

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