Le luxe séduit toujours

Avouez-le : lors de vos shopping lists pour vos collaborateurs, vous jetez un oeil intéressé, si ce n’est de convoitise, sur ces voitures qui font rêver. Les sportives bien sûr, pour leurs performances pures, mais aussi et surtout les berlines prestigieuses et limousines que sont les Rolls Royce, Bentley Continental ou encore Maybach et Lexus LS. Nous nous limiterons à cette catégorie du très haut de gamme.

- Magazine N°134
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Dans ce petit panorama en forme de clin d’œil au Père Noël, nous avons volontairement placé la barre au delà des 100 000 euros/pièce sans vraiment se soucier des PRK, TVS et autres ponctions fiscales ou coûts d’entretien sachant que détenir ce genre de voitures à rêver nécessite un coût total forcément irréaliste. Pas de discrimination non plus sur les motorisations : le diesel n’est plus LA référence, on parlera plus d’architecture en V et au minimum six, huit, dix, voire douze ou plus de cylindres. En revanche, les moteurs hybrides de Lexus et bientôt de Mercedes devraient rapidement modifier la donne. Si le type de carburant et la consommation ne sont plus des critères de choix (nous ne les mentionnons pas ici), en revanche la sophistication technologique de chaque véhicule est un atout décisif, une marque de fabrique, une histoire ancienne que l’on achète.

Si l’acquisition de ce genre de voitures relève plus de la séduction fatale ou du coup de cœur, des choix plus «raisonnés» peuvent s’effectuer sur des critères de services (financement, entretien…) ou bien encore de «hiérarchie» dans l’entreprise ; la gamme Jaguar ou même Bentley se prêtant bien à ce genre d’exercice si l’on veut rester dans une marque. Notez, pour finir, que les marques françaises sont totalement absentes dans ces catégories du luxe alors que d’autres secteurs font la renommée de la France. L’offre est totalement dominée par les Allemands et leurs filiales «anglaises», les Japonais, les Italiens et les Américains. Pour plus «d’impartialité», nous avons retenu un ordre alphabétique de présentation des marques.

Audi bichonne son A8 depuis sa deuxième génération née fin 2002. Châssis en aluminium – le seul de la production avec la Jaguar XJ – transmission intégrale, qualité de finition parfaite et palette de motorisations complète qui ravira chacun. Le plus «petit» moteur essence (tous atmosphériques et boîte Tiptronic) est un V6 3. 2 l FSI à injection directe d’essence de 260 ch suivi par le V8 4. 2 l FSI de 350 ch, mais les plus exigeants se dirigeront sur le fameux W12 6. 0 l de 450 ch, unique dans la production. Plus «pointu», le V10 5. 2 l de même puissance a notre préférence car il s’agit du bloc Lamborghini «détaré» dont le ronflement n’a d’égal que la vivacité. Une vraie berline sportive qui d’ailleurs revêt l’appellation S8. En diesel, deux moteurs au programme avec le V6 3. 0 TDI de 233 ch et le V8 4. 0 TDI de 326 ch. La finition Avus est la plus complète et le châssis long Limousine n’est disponible qu’avec les 4. 2 V8 FSI,6. 0 W12 et 4. 2 V8 TDI.

Dans le groupe Audi-Volkswagen, Bentley a bénéficié de toutes les attentions de sa maison- mère et décline une gamme complète avec pas moins de six modèles : Continental GT, GTC et Flying Spur, Arnage, Azure et Brooklands (limité à 500 exemplaires). La «berline» de la gamme est donc la Continental Flying Spur animée par le W12 6. 0 l Audi qui développe 560 ch flanqué de ses deux turbos. Transmission intégrale bien sûr pour cette berline haut de gamme qui flirte avec la catégorie des limousines de prestige comme la Rolls Royce Phantom. Mais avec des performances de GT : 0 à 100 km/h en 5,2 s, vitesse maxi de 312 km/h, la plus rapide des berlines luxueuses. De quoi donner largement la réplique à une Maybach !

BMW a récemment rectifié le tir de sa Série 7 avec un relifting sage et bienvenu, y compris à l’intérieur. Moins sage mais pour la bonne cause (!), le V8 4. 4 l de la 745d aligne 329 ch, laissant le 6 cylindres en ligne de 231 ch sur le tapis. Cette dernière est curieusement la seule en diesel à être proposée en version longue limousine. En essence, le choix est vaste pour les amateurs de belles mécaniques : six cylindres en ligne 3. 0 l de 258 ch (730i),8 cylindres en V 4. 0 l de 306 ch (740i) ou en 4. 8 l de 367 ch (750i) et, enfin, 12 cylindres en V de 445 ch (760i). Ce dernier est alimenté à l’hydrogène sur la flotte d’une centaine de 760h en test actuellement en Europe. A apprécier sans modération mais en choisissant l’option suspension pilotée EDC avec le correcteur d’assiette et les barres anti-roulis du Dynamic Drive (en série sur 760i).

Dans le groupe General Motors, Cadillac est toujours en charge de représenter le luxe et les limousines de prestige. En mettant de côté le Meccano que constitue la BLS (une Saab 9-3 redessinée) et la CTS, c’est la STS, digne héritière de la Seville, qui reprend le flambeau du vrai haut de gamme à l’américaine. Aidée en cela par son retour à la propulsion pour cette génération née en 2004, elle réfute le diesel pour s’équiper récemment du V8 4. 4 l de 470 ch pour sa version STS-V. En entrée de gamme, un petit V6 de 3. 2 l et 255 ch donne déjà le sentiment de rouler à l’américaine. Et le V8 4. 6 l de 320 ch donne le « la » pour sa catégorie. Et la qualité de fabrication est au rendez-vous, une bonne nouvelle !

Le plan produit de Jaguar n’est pas modifié par les errements de propriété de son capital et c’est mieux ainsi. En effet, la XJ représente à elle seule le meilleur de la production anglaise : châssis aluminium et ligne classique intemporelle pour cette génération née en 2003. Sous le capot s’est glissé le petit V6 2. 7 diesel PSA-Ford de 206 ch qui n’a aucun mal à emmener cette berline qui reste légère, même en version limousine rallongée. Il sera bientôt complété par le V8 3. 6 l de 271 ch venu du cousin Land Rover. En essence, emblème de la marque, le V6 3. 0 l de 243 ch constitue une bonne entrée de gamme, suivi du V8 3. 5 l de 266 ch, plus noble, et du V8 4. 2 l atmo de 304 ch ou compressé de 406 ch pour la XJR. Une palette de moteurs que l’on retrouve bien sûr sous le capot de la XF qui remplacera la S-Type au printemps prochain.

Lexus poursuit sa diffusion à un rythme assez sage en France, mais ses motorisations hybrides rencontrent, à juste titre, de plus en plus d’écho. La LS, fleuron de la gamme, a subi récemment un léger relifting (voir notre dernier numéro) et s’équipe dorénavant de deux V8 dont l’un est couplé à un moteur électrique, celui de la LS 600h sans concurrence aujourd’hui pour ses performances et sa sobriété. « L’autre V8 » de 4. 6 l n’en reste pas moins performant avec ses 380 ch et son prix nettement inférieur (30 000 euros de moins). En revanche, seule la LS 600h est proposée en version longue avec ses fameux fauteuils massants.

Le seul Italien de la liste renaît après une longue période de calme : Maserati vient de présenter la carrosserie coupé Granturismo de sa Quattroporte. Pour tous ceux qui ne veulent pas rouler en allemande, c’est LA solution. Et qui se révèle séduisante car, sous le capot, gronde le V8 4. 2 l de 400 ch venu tout droit de Ferrari, excusez du peu. Et pour plus de séduction, la nouvelle boîte automatique six rapports vient remplacer la boîte pilotée Cambiocorsa peu docile. Une voiture à recommander en attendant l’arrivée en 2010 de la Porsche Panamerica qui en reprend le concept.

Rouler en Maybach, c’est la classe ! La Classe S de Mercedes s’entend, et c’est bien le problème de cette limousine, parfaite sous toutes les coutures mais un peu trop cousine de la berline de Stuttgart. Il n’en reste pas moins que les deux modèles 57 (pour 5,73 m de longueur) et 62 (6,16 m) déclinés avec le V12 5. 5 l de 560 ch ou 612 ch en version S biturbo préparée par AMG, sont tout à fait à même de concurrencer une Rolls Royce (et pas seulement en termes de prix). Elégance bien sûr mais aussi raffinement extrême de l’habitacle où rien n’est oublié pour satisfaire ses occupants. Y compris les deux sièges arrière qui se transforment en véritables couchettes de luxe. Un luxe inutile puisqu’aucun propriétaire de Maybach ne dormira jamais dans sa voiture ! Mais ne faisons pas la fine bouche et il suffit de voyager tranquillement à bord de cette limousine – on la conduit rarement et c’est dommage – pour entrer dans un autre univers. Signalons par ailleurs la présentation récente de la version Landaulet, une Maybach semi-décapotable avec son large toit en toile. Une réussite stylistique qui donne la réplique à la récente Roll Royce Phantom Drophead.

Mercedes donne souvent le La dans le domaine du haut de gamme. On en veut pour preuve l’originalité et la réussite commerciale de la CLS depuis son lancement en 2004. Ce grand coupé quatre portes et quatre places a droit à la dernière génération de moteurs avec le V6 3. 5 l CGI à injection directe d’essence de 292 ch, le V8 5. 4 l de 388 ch et le récent V8 6. 3 l de 514 ch préparé par AMG. En diesel, seul le V6 3. 0 l de 224 ch est au programme, c’est dommage. Raison de plus pour passer à l’essence ! Toujours dans le registre de l’originalité, la Classe R fait aussi tourner les têtes, surtout aux Etats- Unis et en Allemagne. Il s’agit d’un hybride de SUV par sa hauteur, de limousine par sa ligne et sa présentation et de coupé par… sa faible habitabilité. Ce drôle de clone de break-monospace reprend les motorisations V6 et V8 essence et diesel Mercedes et y ajoute de série la transmission intégrale. Plus conventionnelle, la Classe S affiche toujours un déploiement impressionnant de sa gamme avec pas moins de 7 moteurs et autant en version Limousine, le tout doublonné ou presque avec les versions 4Matic à transmission intégrale (non disponible sur S 420 CDI). Une offre unique sur le marché. Deux diesels «seulement» avec le V6 3. 0 l de 225 ch et le V8 4. 0 l de 320 ch, mais cinq essence et pas des moindres : S 350 en V6 3. 5 de 272 ch, V8 4. 7 l de 340 ch, V8 5. 5 l de 388 ch, V8 6. 2 l AMG de 525 ch et V12 5. 5 l de 517 ch et 6. 0 l V12 AMG de 612 ch. Si avec cela vous ne trouvez pas votre bonheur, il est temps de passer chez les sportives de la marque à l’étoile !

Icône inextinguible de la limousine luxueuse, Rolls Royce revient de loin mais a su conserver son unicité tout en osant reprendre tout ce qui fait la supériorité d’une Allemande, en l’occurrence de BMW et de sa série 7, heureux propriétaire de la marque. Toute la partie mécanique, plateforme et groupe motopropulseur arrive directement des usines de BMW et l’usine britannique confectionne le tout avec son savoir-faire pour une voiture unique. Sous le capot donc, le V12 6. 7 l de 460 ch, boîte auto et transmission arrière (fiabilité assurée), et tout le reste est assemblé artisanalement par des ouvriers-artisans ultra-qualifiés. Douceur et vivacité, silence et feulement du V12, légèreté de la caisse et pilotage tout en sagesse : conduire une Phantom reste bien une expérience unique. Il en va de même pour la récente version cabriolet Drophead qui en reprend toute la partie mécanique mais se découvre en deux portes (et deux à contresens) avec une plage arrière boisée digne d’un hors-bord Riva. La classe et l’insouciance réunies.

Terminons ce petit catalogue du luxe en entreprise par la Volkswagen Phaeton qui n’a jamais réussi à s’extirper de l’image d’une grande berline luxueuse pour arriver à la catégorie des limousines de luxe. La faute à un design beaucoup trop conventionnel et « de famille » (c’est une grosse Passat) et à l’image très populaire de VW. Pourtant, elle cache bien son jeu car ses qualités égalent les meilleures Mercedes ou BMW mais, avec un « W » sur le volant et sur la calandre, cela passe moins bien. Sous le capot, on retrouve les moteurs communs à Audi avec le V6 3. 2 l de 241 ch, le V8 4. 2 l de 335 ch, le W12 6. 0 l de 420 ch et, en diesel, le V6 3. 0 l de 225 ch et le V10 5. 0 l de 313 ch. Que du beau monde ! Notez que cette berline de luxe est proposée en version 5 places et 4 places individuelles haut de gamme mais que le choix de la version Limousine longue (5,18 m au lieu de 5,06 m) n’est possible qu’à travers le choix d’un moteur. Ainsi, seuls les V8 et W12 essence sont en empattement long.

Il ne vous reste plus qu’à opérer votre choix dans cette liste pour combler votre patron ou vos collaborateurs en 2008. Dès 2009, les données auront changé avec l’arrivée des motorisations hybrides essence-électrique chez Mercedes, BMW et Audi ainsi que par l’entrée en vigueur des normes Euro 5 en fin d’année pour tout nouveau modèle. Ce sera une excellente raison de consacrer à nouveau un petit panorama sur la berline de luxe ! Bonne année !

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