Le nombre de stations services baisse, pas la consommation de carburant

Les flottes consommeraient autant malgré la crise, mais seraient plus attentives…

- Magazine N°148
519

Baisse du nombre de stations services

La répartition du marché des carburants en France, entre les deux circuits de distribution, est très atypique par rapport à ce qui se passe dans le reste du monde, dit Thierry Forien, directeur adjoint de la société d’importation E. Leclerc. « A ma connaissance, il n’y a pas d’autres exemples d’un pays, où 36 % des stations services (3 800), celles de la grande distribution, réalisent près de 60 % des volumes, quand celles des pétroliers (64 %, soit 8 200 points de vente), beaucoup plus nombreuses, ne distribuent que 40 % des carburants. » Et le nombre de stations services en France, on le sait, baisse depuis des années. La principale cause de cette érosion est économique, indique Jean-Alfred Reinhardt, directeur d’Avia France. « A cause des taxes élevées, la marge brute des stations services est au mieux de 10 centimes par litre de carburant ! Elles ne vivent que grâce aux activités annexes : ventes de produits alimentaires, d’accessoires ou de pièces automobile, etc. » C’est cette même équation qui explique d’ailleurs, la raison pour laquelle les grandes surfaces peuvent afficher des prix si bas : la rentabilité du carburant est compensée par la vente de tous les autres produits de l’hyper ou du supermarché à côté.

Une consommation stable

Toutefois, en volume de carburant distribué, le secteur ne se porterait pas si mal que cela malgré la crise… « La hausse du prix des carburants n’a pas engendré une baisse significative de la consommation, mais l’on constate chez les gestionnaires de parc une vigilance accrue, un besoin croissant de contrôle des dépenses », explique Karine Poisson, responsable marketing de la Carte Total GR. Certes, depuis début 2008, la consommation de gazole (tous réseaux et tous consommateurs confondus) a reculé de 1 % et celle d’essence a chuté de 9 %, rappelle le pétrolier. « Ce recul des essences est essentiellement dû à la progression de la part du diesel sur le parc. Ainsi, en 2007, pour environ 47 millions de mètres cube distribués en France, l’essence avait baissé de 6 % au profit du gazole qui, lui, avait progressé de 2 %. » Aussi, selon Karine Poisson, si baisse de marché il y a, elle n’est pas aussi forte que certains ont bien voulu l’annoncer. Et face à l’inflation, moins que de se serrer la ceinture, les entreprises veulent plutôt rationaliser, éviter les consommations de carburant inutiles, les fraudes, etc. , sans que ce soit au détriment de leur activité.

PARTAGER SUR