Le véhicule autonome devra être le véhicule de M. Tout le Monde

À l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Think Tank Automobilité & Avenir, les acteurs de l’industrie automobile ont fait le point sur le déploiement du véhicule autonome. L’acceptation semble être le principal défi auquel il devra faire face.

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Le véhicule autonome devra être le véhicule de M. Tout le Monde

Si le déploiement du véhicule autonome, et plus largement connecté, sur nos routes ne fait désormais plus aucun doute, sa démocratisation, elle, ne se fera pas sans avoir auparavant relevé certains défis. C’est le constat partagé par les acteurs de l’industrie automobile à l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Think Tank Automobilité & Avenir. Son fondateur, Laurent Hecquet expliquant même que désormais, « le sujet n’appartient plus aux ingénieurs mais est désormais sociétal et global dans son traitement ».

De l’aveu de Guillaume Devauchelle, directeur de la R&D du groupe Valeo, le véhicule entièrement autonome « ne le sera pas d’un coup et arrivera sur les routes bien après 2030 ». Et celui-ci devra, pour être accepté « pouvoir se fondre dans le trafic et être simple à utiliser ». Mais avant même cette échéance, Guillaume Devauchelle a rappelé que pour automatiser peu à peu la conduite « dans certaines conditions et sur certaines voies de circulation spécifiques comme l’autoroute, le périphérique ou les rocades des grandes villes », il faudra dans un premier temps « signaler aux autres usagers la présence d’un véhicule particulier aux réactions non plus humaines mais mécaniques ».

Réglementation : la grande interrogation

Au-delà de l’acceptation ou de la technologie, un point suscite l’appréhension : la réglementation. De l’aveu de Rémy Josseaume, président de l’Automobile Club des avocats, « la convention de Vienne, qui régit le code de la route et impose la présence obligatoire d’un conducteur dans l’habitacle du véhicule, n’est pas en adéquation avec cette évolution technologique ». La législation actuelle « ne devra pas seulement évoluer, a rappelé Rémy Josseaume, mais partir de zéro pour définir un nouveau cadre réglementaire ».

Autre problème posé par l’automatisation de la conduite : l’imputabilité des infractions pénales. Et le président de l’Automobile Club des avocats de détailler : « Quid des infractions qui seraient commises par le véhicule dont le conducteur n’a ni le contrôle ni la maîtrise ? Le véhicule permettra-t-il la transgression du code de la route ? Qui sera responsable en cas d’erreur informatique ? » Autant de questions sur lesquelles devront se pencher les pouvoirs publics avant même la généralisation du véhicule autonome, sous peine de faire face à une avalanche de procédures.