Le véhicule autonome révolutionnera-t-il l’industrie automobile ?

Pour le cabinet Roland Berger, l’essor du véhicule autonome pourrait bien remettre en cause la vieille industrie automobile. En cause : l’intérêt grandissant des géants du digital comme Google ou Apple.

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Le véhicule autonome révolutionnera-t-il l’industrie automobile ?

Le scénario d’un retournement de l’industrie automobile serait-il sur les rails avec l’arrivée du véhicule autonome ? Pour les experts du cabinet Roland Berger, et plus précisément Sébastien Amichi, en charge de l’industrie automobile, il est déjà à l’origine d’un premier phénomène, celui « d’une refonte totale du développement d’une voiture, désormais beaucoup plus proche de celui de l’IT et des nouvelles technologies ». Car qui dit « véhicule autonome dit avant tout véhicule connecté », a détaillé Sébastien Amichi lors d’une conférence de presse.

Si l’acceptation du véhicule autonome reste soumise à de nombreux obstacles, n’en demeure pas moins que son essor pourrait entraîner une mutation profonde de la mobilité et donc par ricochet de l’industrie. Une aubaine pour les nouveaux acteurs du marché, Google et Apple les premiers. Pour Sébastien Amichi, ces derniers « ne se lanceront pas dans l’assemblage de véhicules, (ndlr : quand bien même des projets existent déjà dans ce domaine), car c’est beaucoup moins sûr ». En effet, « la rentabilité de l’industrie automobile est à l’opposé de leurs univers », a-t-il souligné.

La voiture : « une simple boîte » ?

L’objectif de ces nouveaux venus, auxquels il convient d’ajouter Uber : « S’accaparer la relation clients à travers le digital embarqué dans les véhicules ». Faisant ainsi de la voiture « un moyen physique de proposer des services. Une simple « boîte » gérée par ces acteurs qui prendraient alors la main sur les clients des constructeurs ».

Et Sébastien Amichi d’évoquer un scénario catastrophe pour les acteurs de cette industrie : « Si en 2020 Google décide, par exemple, de déployer gratuitement (ndlr : pour le consommateur), une flotte dans les rues des grandes villes, il n’aura plus alors qu’à monnayer les données qu’il en tirerait et s’accaparerait immédiatement le marché de la mobilité urbaine ». Un scénario qui, s’il intervenait, remettrait grandement en cause la suprématie des constructeurs sur le marché.

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