L’électrique, un marché à créer

A l’exception d’Arval qui affiche haut et fort ses ambitions sur l’électrique avec une offre de location d’ores et déjà disponible, les loueurs longue durée manquent de visibilité et s’interrogent sur ce nouveau mode de mobilité. Ils attendent des précisions de la part des constructeurs avant de se lancer dans la commercialisation des véhicules électriques.

- Magazine N°160
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Location : L’électrique, un marché à créer

Les constructeurs automobiles voient une grande partie de leur avenir dans les véhicules électriques. Mais qu’en disent les loueurs ? Intègrent-ils déjà une offre électrique pour leurs clients ? Quels tarifs proposent-ils ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont dans l’expectative. Ils ont conclu des partenariats avec les constructeurs pour promouvoir le véhicule électrique auprès de leurs clients, à l’instar de LeasePlan, ALD Automotive, Arval ou encore Athlon Car Lease avec Renault, mais dans le même temps, ils se posent de nombreuses questions sur les conditions de déploiement de ce nouveau mode de mobilité. Et tous affirment d’emblée que cela ne représentera pas une part substantielle de leurs mises à la route dans les années à venir : compte tenu des autonomies annoncées, ces véhicules seront essentiellement destinés à des trajets urbains ou périurbains, ce qui n’est pas le coeur de cible des loueurs longue durée.

Les batteries toujours en question

« C’est un sujet sur lequel nous passons beaucoup de temps mais qui reste dans un flou artistique, alors que le produit demeure quasi virtuel », déclare tout net l’un des leaders du secteur. Tout en affirmant sa volonté de s’y engager, il rappelle que la montée en puissance ne pourra se faire « que lorsque nous saurons exactement ce que nous achetons, ce que nous revendrons et quelle sera la gestion des pièces et des services, c’est-à-dire les batteries ».

Les loueurs s’inquiètent avant tout d’un manque de visibilité sur les batteries. Seront-elles vendues avec le véhicule ou un autre opérateur interviendra-t-il ? La question reste valable pour la recharge et le changement. Seront-ils assurés ou pas par le constructeur ? L’autre interrogation réside dans les investissements colossaux à réaliser pour que le véhicule électrique prenne une ampleur nationale (bornes de recharge). « Chaque constructeur suit aujourd’hui sa route mais il faudrait que ces routes se rejoignent à un moment ou à un autre », insiste cet opérateur. Qui estime par ailleurs que, selon lui, « les utilisateurs de LLD ne correspondent pas aux critères d’usage de l’électrique ». Quant au marché de l’occasion susceptible d’accueillir les modèles en fin de contrat, il faudra « qu’il se crée et qu’il soit soutenu fiscalement ».

Les loueurs attendent les constructeurs

Chez LeasePlan la démarche de concertation avec les constructeurs a été entamée. L’objectif est de proposer une offre de modèles à la location d’ici un an, au fur et à mesure des lancements commerciaux des constructeurs. C’est sans conteste chez Arval que la démarche est à l’heure actuelle la plus aboutie. Le loueur a lancé son premier centre d’essais Green Mobility, véritable lieu d’exposition et d’essais de véhicules électriques et hybrides. Son offre multimarque de véhicules électriques en LLD ne comporte pas moins de 27 modèles disponibles immédiatement. Un catalogue baptisé « la mobilité électrique selon Arval » recense également tous les éléments de décisions pour faire le bon choix (technique, économique, fiscal), ainsi que les avantages et les inconvénients de chaque solution.

Quelle valeur résiduelle pour l’électrique ?

« Nous sommes prêts à faire des propositions de véhicules électriques : nous savons mettre des prix de location – nous vendons à nos clients un seul loyer pour le véhicule et la batterie – et définir un TCO électrique. Nous pensons qu’il sera supérieur de 35 % à celui d’un véhicule particulier et de 15 % à celui d’un utilitaire », explique Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing d’Arval France. Quid du marché de la revente ? « Il y aura un marché de l’occasion et nous adapterons la valeur résiduelle à la charge restant en cycle ». Il est vrai que la VR pourra brusquement chuter plus l’on se rapprochera de la fin du cycle de charge des batteries.

Les constructeurs présents sur le marché

Parmi les autres acteurs de la LLD, Peugeot et Citroën Business ont récemment communiqué sur les tarifs de location de leur Peugeot Ion et C-Zero, proposés à moins de 500 euros par mois, avec un TCO équivalent à celui d’un véhicule thermique traditionnel. L’offre de Peugeot inclut la location de la voiture électrique, une assistance spécifique, l’appel d’urgence, une garantie allongée et l’entretien de la voiture pendant quatre ans et 40 000 kilomètres.

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