Les équipements autos qui dopent les valeurs résiduelles

GPS, régulateurs de vitesse, Airbag, ESP, peinture métallisée... Comment vieillissent ces équipements automobiles et quel impact ont-ils sur la valeur résiduelle des véhicules ? Les spécialistes de la cotation des valeurs résiduelles répondent.

- Magazine N°153
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Les équipements autos qui dopent les valeurs résiduelles

Comme l’expliquent les professionnels de la cotation des véhicules, les options se déprécient beaucoup plus vite que le véhicule en général, dans les deux ans qui suivent la mise en circulation du véhicule, à l’exception de quelques options qui, au contraire, prennent de la valeur et peuvent être valorisées à la revente du véhicule d’occasion. D’une manière générale toutefois, si l’on compare deux modèles identiques, la préférence ira vers celui qui disposera d’un certain niveau d’équipements.

« Nous avons un outil statistique qui démontre que certains équipements dans les voitures donnent de la valeur sur leur revente », précise Jean- Pierre Loisel, senior expert chez LeasePlan. Cette évaluation permet d’annuler le surcoût de certains équipements, type ABS par exemple. Il reste que, ainsi que le souligne Marc Milewski, Directeur des ressources et du développement chez ALD Automotive, « il est de plus en plus difficile de tirer des lois générales en matière de valorisation des équipements, en raison de la vitesse de changement des modèles et des comportements d’achats pas toujours rationnels des clients. Par ailleurs, il ne faut jamais oublier que ce qui peut être vrai dans le cas d’un véhicule haut de gamme, ne le sera peut-être pas pour un modèle plus basique ». A bien entendre les loueurs, tout est donc affaire dans ce domaine, d’anticipation et d’une certaine dose de «flair».

Une valorisation jusqu’à 25 % de la VR

Pour Jean-Pierre Loisel de LeasePlan, il y a bel et bien malgré tout une méthodologie à suivre en matière de valorisation des options. Il existe un premier niveau d’analyse de cette valorisation qui consiste à regarder « quelle est la valeur relative des options par rapport au prix catalogue du véhicule. » « Si le total des options représente par exemple 8 % du prix catalogue, nous majorons la valeur résiduelle de 3,5 % » (VR standard x 1,035), explique-t-il. Un second niveau d’analyse permet ensuite d’affiner l’étude des types d’options du véhicule. « Si ces options entrent dans une liste déterminée (voir tableau ci-contre), nous ajoutons des points de valorisation supplémentaires selon qu’il s’agit de la climatisation, de l’ESP ou des phares au xénon. Dans notre exemple où les options représentaient 8 % du prix catalogue et où la VR était majorée de 3,5 %, nous ajoutons des points à cette dernière. Pour une voiture où la valeur résiduelle est majorée de 10 %, on peut arriver en fonction des types d’options à une valorisation totale augmentée de 25 % », indique Jean-Pierre Loisel.

Au-delà d’un certain seuil de valorisation des options d’un véhicule, les professionnels conseillent à leurs clients de passer à un modèle en finition supérieure. Dans ce cas en effet, le niveau des options leur reviendra moins cher parce qu’une partie d’entre elles sera incluse en série. « Ce qui est important dans ce domaine, c’est de fixer des barrières à la valorisation et de se dire qu’au-delà d’un certain seuil (le plus souvent 10 % du prix catalogue des véhicules), il convient de se poser des questions et de monter en gamme de véhicules », confirme Marc Milewski, chez ALD Automotive..

Voici à présent quelques cas concrets de valorisation d’équipements automobiles :

• la peinture métallisée

« C’est l’option basique, selon les termes de Christophe Delivet, responsable VO chez Arval. La différence de prix reste substantielle entre le blanc et la peinture métallisée. Dans certains cas, on retrouve quasiment la valeur neuve de la peinture métallisée en fin de contrat. » Au-delà de la peinture métallisée par elle-même, qui majore la valeur de revente d’un véhicule, il est également important de prendre en compte la couleur du véhicule. Or, l’anticipation des évolutions de couleur est difficile. Comment évaluer par exemple le retour du blanc métallisé sur des modèles haut de gamme actuellement ? Sur ce poste de la peinture métallisée, Yves Rousselle, country manager chez l’expert en estimation des valeurs résiduelles BF Forecasts, conseille de prendre en compte l’ensemble des paramètres d’optimisation lors de la revente, « c’est-àdire qu’il faut considérer la rapidité de revente et non pas s’arrêter simplement au niveau de prix à la revente. » Les loueurs gèrent cette option en jouant sur le mix : « pour que la peinture n’apparaisse pas comme un surcoût, il est courant de survaloriser l’option afin que sa dépréciation soit au mieux neutre pour le client », explique Yves Rousselle.

• le cuir

« Il est extrêmement difficile de valoriser cet équipement, qui peut revenir à 1 500 €, déclare tout net Christophe Delivet (Arval). Mais il est possible de retrouver 50 % de sa valeur lors de la revente. » Attention au segment retenu : « Il y a des véhicules qui, s’ils sont dépourvus d’intérieur cuir, subissent d’importantes décotes », ajoute-t-il.

• le GPS et l’ABS

Certains équipements ont des dépréciations rapides, car ils se généralisent sur les modèles en série. Dans le cas du GPS ou de l’ABS, la situation est complexe. Ces deux équipements en option étaient jusqu’à une période récente des éléments lourds dans la décision d’achat de certains modèles. Mais leur généralisation en série et -dans le cas du GPS- l’avènement de systèmes nomades, change la donne. « A partir du moment où l’ABS s’est généralisé à presque tous les modèles, il n’y avait alors plus d’intérêt à le valoriser, mais au contraire à donner l’avantage au modèle équipé en série », remarque Marc Milewski.

La situation est plus partagée pour le GPS, sur fond de technologies nomades performantes. « Un GPS fixe intégré sur un utilitaire 2 places, est-ce bien intelligent ? », se demande le responsable d’ALD Automotive. Certains professionnels admettent donc qu’ils sont tentés de moins valoriser le GPS intégré sur les modèles en dessous du segment M1. D’autant que certains constructeurs, Renault en tête, proposent depuis peu en série des Tom-Tom en fixe. « Il vaut mieux valoriser ces GPS qui restent mieux qu’un système nomade, susceptibles d’être volés. Les modèles équipés en série d’un GPS restent plus attractifs », confirme Marc Milewski.

Attention toutefois à ne pas en tirer de règle générale. « Le GPS reste un élément différenciant, même sur les modèles basiques. Une Audi A6 qui n’a ni intérieur cuir, ni GPS intégré, cumule quelques handicaps… », soutient Christophe Delivet (Arval). « Il est toujours important de procéder à une segmentation par modèle.Autant sur les petits véhicules la demande en GPS intégrés a beaucoup baissé au profit des GPS nomades, autant on voit que pour des raisons statutaires et d’image, le GPS intégré reste un équipement important dans les modèles haut de gamme », précise Yves Rousselle (BF Forecasts). « Les systèmes de GPS nomades ont effectivement leurs fervents adeptes. Mais pour une marque premium à 50 000 euros, la question du système nomade ne se pose même pas. Avoir des traces de ventouse sur le tableau de bord d’un tel véhicule est tout simplement impossible », renchérit Marc Milewski.

• la climatisation

Cette option demeure un élément de valorisation du véhicule lors de la revente, mais là encore, les choses évoluent vite car cet équipement s’est largement démocratisé. Du coup, « il n’y a plus vraiment d’intérêt à valoriser un modèle bas de gamme disposant de la climatisation », rappelle Marc Milewski (ALD Automotive). Comme le souligne Yves Rousselle (BF Forecasts), « la climatisation est devenue incontournable même sur les véhicules utilitaires. De fait, sur les véhicules où cet équipement n’est pas de série, il s’agit de s’assurer que l’option a bien été souscrite et, en dernier recours, de dégrader (significativement pour les VP) la valeur résiduelle d’un modèle non équipé. » « Il est vrai que la climatisation est devenue un équipement standard qui, s’il n’existait pas sur les modèles, serait extrêmement dommageable lors de la revente », insiste Christophe Delivet chez Arval.

• les régulateurs ou limiteurs de vitesse S

i les régulateurs de vitesse sont disponibles en série pour les voitures particulières, ils peuvent constituer « un plus » sur les véhicules utilitaires. « Nous donnons toutefois un petit avantage à cet équipement sur les VU à condition qu’il soit associé au limiteur de vitesse, car c’est un peu un ange gardien des points sur le permis dans le milieu professionnel », précise Marc Milewski (ALD Automotive). Là encore, les loueurs relèvent qu’il existe un standard par type de gamme. Les véhicules du segment M1 se définiront toujours par rapport au régulateur et moins par rapport au limiteur, alors que les modèles supérieurs valoriseront les deux équipements de régulation.

• les nouveaux équipements

Les spécialistes des valeurs résiduelles suivent avec attention les nouveaux équipements développés par les constructeurs. Jean-Pierre Loisel chez LeasePlan conseille par exemple de prendre dans les grands monospaces l’option « deuxième rangée de sièges ». « Une telle option sera valorisée lors de le revente », indique-t-il.Même constat pour les systèmes Blue Tooth et autres prises USB. Pour le moment ils ne sont pas valorisés, mais ce sont des équipements promis à un développement important. Quant au toit panoramique, il s’agit estime Yves Rousselle (FB Forecasts) d’un équipement de confort peu influencé par une installation en série. « Il se déprécie avec le véhicule, mais peut être valorisé en cas de revente », indique-t-il.

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