Les gestionnaires de parcs veulent adapter la LLD à leurs besoins

En ces temps de ralentissement économique, les gestionnaires de parcs sont toujours autant adeptes de la location longue durée pour exploiter leurs véhicules. Désormais mieux rodés aux mécanismes de ce système, ils cherchent à en tirer tous les avantages et à en optimiser le fonctionnement pour générer le maximum d'économies.

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Rompus désormais aux mécanismes de la location longue durée, les gestionnaires découvrent aussi au fil du temps les inconvénients de ce système comme ses éventuelles faiblesses. Ils s’aperçoivent par exemple que faire gérer un parc en externe ne signifie pas être déchargé à 100% de toute contrainte. Dans certains cas, il y a au contraire un plus gros travail de suivi des véhicules entre les gestionnaires et les loueurs, surtout lorsqu’il y a plusieurs prestataires, donc plusieurs types de documents et de reporting à compulser. Enfin, certains aspects des contrats n’apparaissent véritablement qu’une fois les véhicules livrés et remis entre les mains des conducteurs.

Des fusions bien souvent laborieuses

Nombreux sont aussi les gestionnaires à mettre en avant un manque de transparence croissant des loueurs, qui gèrent des flottes plus importantes que les leurs et qui ont donc peu de temps, estiment-ils, à leur accorder. Ce phénomène s’est d’autant plus accru que les fusions entre loueurs se sont accélérées et que les intégrations entre opérateurs ont bien souvent été laborieuses. Les changements d’interlocuteurs, les mutations des systèmes informatiques et les nouvelles méthodes de travail troublent souvent les gestionnaires qui étaient habitués à un certain type de relationnel et qui ne sont pas prêts à en changer.
Dans la pratique de la location longue durée et des méthodes des loueurs, les gestionnaires trouvent aussi à redire. Ils sont ainsi nombreux à regretter les pénalités importantes appliquées dès lors que leurs conducteurs sortent des couples-durées kilomètres. Selon eux, les budgets fixés au départ peuvent donc exploser avec les kilomètres supplémentaires, remettant en cause un équilibre économique. Mais ce sont surtout les valeurs résiduelles qui suscitent toujours le plus de commentaires de la part des gestionnaires : manque de clarté et de transparence, processus de restitution peu clair… Les entreprises ne savent pas comment sont bâties ces valeurs résiduelles et estiment que trop souvent les loueurs construisent leurs marges dessus.

L’approche multi-loueurs se généralise

Malgré tout, ils sont aujourd’hui peu nombreux à vouloir remettre en cause le principe de l’externalisation. Car si la budgétisation reste parfois insuffisamment claire, elle possède malgré tout beaucoup d’atouts. « C’est un bon moyen de réduire les coûts de détention d’un parc. En outre, en LLD, les véhicules sont toujours neufs et bien entretenus », affirment en choeur les gestionnaires de flottes. Du coup, ils adoptent de nouvelles habitudes pour contourner les difficultés. Ils généralisent la pratique du recours aux multi loueurs, soulignant qu’il s’agit là d’un bon moyen de mettre en concurrence en permanence les prestataires pour des remises sur les véhicules et des prix plus compétitifs.
Une telle démarche évite aussi que le loueur soit trop puissant dans un parc et qu’il « dicte sa loi ». On voit aussi de plus en plus d’appels d’offres distincts incluant à la fois prestataires (autrement dit les constructeurs) et gestionnaires (c’est à dire les loueurs), avec un découpage des différentes prestations.

De plus en plus de « cost killers»

Autre tendance en constante progression, les consultants « cost killers » sont de plus en plus associés à la démarche des gestionnaires. Après avoir audité les flottes, ils formulent leurs recommandations, rédigent les cahiers des charges et s’occupent des appels d’offres. « On fait face à une vague d’appels d’offres sans précédent », reconnaît ainsi le consultant Bernard Roland. Et d’ajouter : « on se rend compte que les loueurs n’ont pas toujours appliqué les clauses des contrats. Par exemple il n’y avait pas de remboursement des kilomètres non consommés ou bien les frais de remise en état n’étaient pas justifiés.» Au gré de ces appels d’offres, les gestionnaires remettent en cause certaines démarches. C’est le cas essentiellement du full service, notamment pour les pneumatiques, le véhicule de remplacement ou les carburants. Dans l’entretien, la tendance est clairement à l’achat de forfait.
Au total, donc, en 2004 comme en 2003 d’ailleurs, les gestionnaires de parcs privilégient plus que jamais la logique de « benchmarking».