Les hybrides ont de l’avenir !

Si l’électricité a ravi la vedette aux véhicules hybrides, ces derniers étaient cependant nettement plus nombreux sur les stands du salon et promis à une commercialisation plus rapide.

- Magazine N°152
689

Dans ce domaine, l’avenir dira si l’impasse opérée par Carlos Ghosn, le patron de Renault, en misant tout sur l’électrique sera le bon pari. Pas étonnant dès lors d’entendre le patron de Peugeot, Philippe Varin, en digne représentant de la famille Peugeot, déclarer « ne pas vouloir mettre tous nos œufs dans le même panier et préférer offrir à la fois des modèles hybrides et des électriques, de façon à pouvoir accélérer sur l’une au l’autre de ces technologies en fonction de la demande. » Même son de cloche chez Mercedes qui nous précisait lors d’une table ronde avec le patron des R&D, le Dr Weber, « qu’il ne faut pas enterrer le moteur à combustion interne car il reste encore quelques dizaines de grammes de CO2 à économiser sur les moteurs essence et diesel et l’hybridation sera déterminante. » Et de citer son fameux moteur Diesotto dévoilé l’année dernière (injection directe, turbo, lead burning et admission variable) qui permettra encore d’abaisser les consommations. Les véhicules hybrides essence ou diesel ont donc un bel et long avenir devant eux. Un avenir qui commence aujourd’hui et non pas demain pour l’électrique. Fermez le ban et n’oubliez pas que l’hybride plugin risque bien de prolonger encore la durée de vie de la voiture avant que le 100 % électrique ne fasse ses preuves, résumait-il en substance.

Toyota déploie ses hybrides

Toyota a la victoire discrète, et regarde avec distance ses concurrents développer l’hybride à grands pas. Mais le N°1 mondial n’a pas dit son dernier mot. Notamment dans la technologie utilisée uniquement par lui, celle du « full hybride » ; c’est-à-dire une technologie qui se veut bien plus sophistiquée que celle qui consiste à intercaler un simple moteur électrique à récupération d’énergie entre un moteur thermique et sa boîte.

C’est donc l’originalité de la Prius depuis trois générations, laquelle était présentée à Francfort dans sa version «Plug-in»; à savoir rechargeable sur le secteur avec un simple câble électrique ce qui donne à la nouvelle génération de batteries lithium-ion qui équipe ce modèle, plus d’autonomie et une puissance double par rapport à la Prius 3 actuelle équipée quant à elle de batteries nickel hydrure.

Du coup, la barre des 100 km/h est atteinte en mode ZEV 100 % électrique au lieu de 50 km/h actuellement avec une Prius «normale ». De même, l’autonomie en mode ZEV de la Plug-in est portée à 20 km, contre 5 km pour la Prius 3 en tout électrique. Et les émissions de CO2 sont inférieures à 60 g/km. Autre nouveauté sur le stand Toyota, la nouvelle Auris HSD Full Hybrid qui reprend le bloc moteur hybride et la technologie de la Prius mais dans une voiture compacte, forcément moins chère (pas de précision sur ce point). Les 100 km/h sont atteints en 10 secondes et les émissions inférieures à 100 g de CO2/km. Commercialisation dans un an.

Vers un haut de gamme hybride

Chez Lexus, marque haut de gamme du constructeur nippon, tous les regards se sont tournés sur la nouvelle Lexus LF-Ch, berline 5 portes du segment C (4,30m de longueur) qui propose un sérieux avantage sur ses concurrentes allemandes : son hybridation est issue du récent Rx450h. Du coup, elle sera la seule de sa catégorie à proposer un vrai mode ZEV, certes sur 5 km au maximum, mais cela devrait ravir la clientèle visée, plutôt urbaine-chic.

Toujours dans le segment du haut de gamme, BMW et Mercedes suivent la voie tracée par Toyota et Lexus. Après avoir développé l’hybridation de leurs grandes berlines, les marques allemandes descendent en gamme.

Chez Mercedes, la S400 Hybrid à peine lancée, c’est au tour de la S500 Plug-in Hybrid de tenir la vedette. Version encore plus étourdissante de l’imposante Classe S, ce futur modèle prévu pour 2013 affiche des caractéristiques «révolutionnaires » : moteur 3.5 l.V6 de 272 ch, moteur électrique de 60 ch, 5,5 s de 0 à 100 km/h, 250 km/h de vitesse maxi et… 3,2 l/100 km, soit 74 g/km de CO2 en cycle mixte ! Qui dit mieux ? La réponse est chez Mercedes toujours avec la Classe B Blue Zero E-Cell Plus, la fameuse BlueVision revisitée puisqu’un petit moteur 1.0 l trois cylindres de 67 ch vient seconder le moteur électrique de 100 ch afin de porter l’autonomie des batteries lithium-ion de 100 km à 600 km. Le tout avec des performances très satisfaisantes de 150 km/h pour un 0 à 100 km/h en 11 s. Ce modèle de plus large diffusion devrait être commercialisé en 2013.

BMW n’est pas en reste et met en avant sur son stand les Séries 7 et X6 ActivHybrid pour donner la réplique. Le V8 essence de 465 ch est secondé par un moteur électrique de 20 ch en sandwich entre le moteur et la boîte qui permet de limiter les rejets à 219 g de CO2/km. C’est bien, mais le X6 ne fait pas mieux malgré ses deux moteurs électriques de 91 ch et 86 ch complétés par le V8 essence de 407 ch. Au bilan, ce SUV 4×4 passe à 9,9 l/100 km et 231 g de CO2/km. Manifestement, BMW s’est concentré sur le « mild hybrid » et sur son programme « Efficient Dynamic » qui a permis récemment à la Série 320d de passer à 109 g pour 163 ch.

La réplique à Mercedes était plutôt donnée par le concept BMW Vision, cette sportive futuriste qui annonce 99 g pour 356 ch grâce à son 3 cylindres turbo-diesel 1.5 l de 163 ch et ses deux moteurs électriques, l’un de 34 ch sur le train arrière, l’autre de 81 ch sur le train avant. Autonomie affichée en mode ZEV : 50 kilomètres.

Les hybrides prennent le pas

Autre axe de développement des modèles hybrides, Peugeot et Citroën déployaient la technologie Hybrid4 sur le petit roadster Peugeot RCZ mais aussi sur la Citroën Revolte et, plus connu de nos lecteurs de Flottes Automobiles, la 3008 HYbrid4 essayée dans nos colonnes cet été. Pour «rentabiliser » l’investissement en R&D, PSA décline sur tous les véhicules des deux marques, ce groupe motopropulseur diesel-hybride. Dorénavant, le bloc diesel HDi est indépendant du moteur électrique qui se place sur le train arrière ou sur le train avant. Telle est l’architecture du 3008 HYbrid4.

Mais la surprise venait donc de la Citroën «Revolte» dotée en plus d’un système Plug-in, autorisant la recharge des batteries et une extension de l’autonomie. Aucun chiffre n’étant annoncé, c’est du côté de la Peugeot RCZ HYbrid4 qu’il fallait se tourner pour en savoir un peu plus. Commercialisé au printemps 2011, ce coupé reprend le 2.0 HDi de 163 ch et un moteur électrique de 37 ch à l’arrière afin de délivrer 200 ch et émettre 95 g de C02.Peut mieux faire !

Mieux faire ? C’est bien l’ambition du coréen Hyundai qui met les bouchées triples pour ses hybrides. Un prototype futuriste, l’ix-Metro, un SUV compact animé par un 1.0 l essence de 125 ch secondé par un moteur électrique de 15 kW, dont les émissions sont limitées à 80 g. Deuxième bouchée : la Blue Will avec son 1.6 l essence et son moteur électrique de 100 kW. Troisième bouchée très originale : l’Elantra LPI Hybride, doublement originale avec son hybridation électrique alimentée par des batteries lithium-ion-polymère (identiques à celles annoncées par Bolloré) et un moteur fonctionnant au GPL (gaz de pétrole liquéfié). Mais attendons de voir la mise sur la route de ces modèles. La marque sœur Kia bénéficie aussi des avancées technologiques sur les hybrides et le stand de Francfort révélait le nouveau Sorento ainsi que sa future variante hybride 1.6 l diesel-électrique qui, malgré un encombrement de 4,70 m et un profil de 4×4 devrait se contenter de 119 g/km de C02. Autre nouveauté hybride : la Cee’d qui reprend une hybridation 1.6 l essence de 122 ch et moteur électrique de 15 kW et batteries lithium-polymère, venue de la Forte hybride déjà commercialisée en Corée.

Volkswagen absent des hybrides ?

Le plus surprenant dans cette débauche de futurs modèles hybrides, c’est la quasi absence du groupe Volkswagen-Audi qui se limitait à présenter le futuriste L1 ; une «fusée» deux places en tandem avec carrosserie en plastique et fibre de carbone pesant en tout 380 kg et propulsé par un deux cylindres 800 cm3 TDI de 39 ch (la moitié du 1.6 TDI) et un moteur électrique de 14 ch limitant les émissions à 36 g de CO2. On a plus l’habitude de voir rouler ces drôles d’engins sur le marathon Shell…

Pour être complet, il faut citer Volvo et sa V70 hybride diesel-électrique Plug-in en test chez l’électricien suédois Vattenfall et dont la commercialisation est prévue pour 2012. Pas de données techniques disponibles, c’est dommage ! Enfin, nous retrouvions sur le stand Opel la fameuse Ampera, cette Chevrolet Volt développée par General Motors dont les caractéristiques n’ont pas changé, à savoir un 1.4 l essence entraînant un générateur alimentant lui-même les batteries nécessaires au moteur électrique (150 ch). Les batteries lithium-ion de 16 kWh sont alimentées soit par le « groupe électrogène », soit par le Plugin (3 heures en 220 V). L’autonomie est de 60 kilomètres en mode ZEV et de 500 kilomètres si l’on utilise alors le moteur essence pour produire de l’électricité. Un drôle d’hybride qui n’est donc pas une voiture électrique puisqu’elle émet localement du CO2. Commercialisation prévue pour la fin 2011.

PARTAGER SUR