Les marques françaises perdent du terrain

Si les marques françaises perdent du terrain sur le marché des flottes, les raisons en sont simples et illustrent les caractéristiques du marché français.

- Magazine N°136
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Chaque année, la part des marques françaises s’amenuise sur le marché des ventes aux sociétés. Tous les constructeurs sont à peu près unanimes sur ce sujet et, à commencer par Renault qui explique ce mouvement par « l’arrivée de nouveaux intervenants, notamment les marques premium ainsi que d’autres marques importées généralistes ».

Vincent Salimon chez BMW est bien placé pour constater la pénétration des marques Premium sur ce type de clientèle. « Les entreprises ne regardent pas que la remise mais intègrent désormais des notions comme l’image véhiculée par leur flotte, l’impact des marques proposées en termes de motivation sur leurs collaborateurs et la stratégie des constructeurs concernant l’environnement». Même analyse d’Olivier Lécluse chez Mazda : « Les besoins et les exigences des gestionnaires de parc intègrent de nouveaux critères prioritaires : la fiabilité des véhicules, le style et le design des modèles et le niveau de rejet de CO2. » Chez GM, Philippe Peyrard estime que « la part des marques françaises baisse tout simplement parce que celles-ci ne pourront jamais proposer à elles seules toute l’offre des marques importées. Et de plus en plus de constructeurs s’intéressent au marché sociétés, lequel permet de substituer les volumes en chute sur le marché du particulier. »

Même analyse de Laurent Balayer chez Toyota, « l’offre française est limitée en terme d’innovation, et les acheteurs se sont tournés vers les marques à forte image de fiabilité : allemandes et bien entendu japonaises avec Toyota. » Et chez Ford, on précise que « le marché français est le plus compétitif d’Europe. Cela se traduit par une multiplication des offres et des services qui incite les clients à comparer dans le détail ». En complément de cette analyse, Michel Vallet, Directeur ventes marchés et entreprises de Citroën, explique aussi que « l’une des raisons de cette tendance pourrait être le non renouvellement de gammes de certains constructeurs Français ».

Autre réflexion, chez VW, Cédric Journel estime que « les marques du groupe VW représentent une alternative crédible et rassurante pour les clients ; nous présentons des modèles qui sont des valeurs refuges pour les loueurs sur le plan de la revente ». Enfin, chez Hyundai, on se montre très pragmatique. « Depuis des années, la pénétration des marques françaises était soutenue par des ventes tactiques qui tendent aujourd’hui à diminuer (LLD, flottes, immatriculations sur parc…). Dans le même temps, on a assisté à une évolution produits/gamme plus rapide et davantage innovante chez les constructeurs étrangers – Allemands et Asiatiques – notamment avec Hyundai. » Bref, si les constructeurs français veulent reprendre des parts de marché, c’est moins par un forcing commercial que par une offre produit plus riche qu’ils y parviendront.