Les petites et low-cost à la fête

Epousant la demande des consommateurs pour des voitures plus petites, moins chères et moins polluantes (pour continuer à rouler en ville là où des restrictions de circulation existent), les constructeurs ne sont pas à court d’innovations pour séduire le client.

- Magazine N°137
364

Ainsi, Toyota se décide enfin à sortir sa «Smart», lui le spécialiste des petites citadines nippones réservées aux centres-villes de l’archipel. La IQ tranche par rapport aux autres petites citadines déjà connues par l’intelligence de sa conception qui, dans une compacité appréciable (2,98 m de longueur), offre réellement la possibilité de loger 3 personnes et un enfant (ou des bagages, au choix) avec une architecture intérieure : 3+1, la planche de bord face au passager étant renfoncée. Outre cette originalité, il faut aussi souligner l’accent mis sur le design – pas facile de faire différent de la Smart – et sur l’offre moteur : deux essence et deux diesels, tous sous les 100 g de CO2. Toyota vise 100 000 ventes par an avec une commercialisation fin 2008 au Japon (où elle sera fabriquée) et début 2009 en Europe.

Ford : une nouvelle Fiesta sans Fusion

Si Mazda a brûlé la politesse à son mentor Ford avec sa Mazda 2 5 portes (la nouvelle 2 portes était présentée), la marque à l’ovale bleu prend sa revanche avec sa nouvelle Fiesta 3 portes dont elle partage la plateforme… le design et bon nombre de composants. Et à y regarder de plus près, cette Fiesta semble bien plus « value for money » que sa cousine nippone : qualité des matériaux, design de la planche de bord, épaisseur des sellerie, etc. Précisons au passage que la Fusion, version «haute» de la Fiesta, disparaîtra du catalogue lors du lancement de cette Fiesta au Mondial de l’auto cette année.

Toujours dans le segment des citadines, Seat dévoilait sa future Ibiza sous les traits de la Bocanegra, référence à une Seat-Fiat sportive des années 70. Peignez cette face avant couleur caisse et non plus en noir mat et vous obtenez très exactement la future Ibiza, prévue pour l’été prochain. Elle est le deuxième rejeton de la nouvelle plate-forme de ce segment du groupe VW, la première étant la très réussie Skoda Fabia, la suivante étant la future Polo. Sous le capot, de la Seat Ibiza Coupé, le 1. 4 TSI de 122 ch du groupe VW avec la boîte DSG 7 rapports. Du sport en perspective mais, plus sûrement, toute la palette des 1. 4 et 1. 9 TDI…

Le retour des monospaces compacts

Opel, inventeur du monospace compact au début des années 2000 avec le Meriva, n’entend pas perdre son avance dans ce segment concurrentiel où les concurrents trébuchent… et se relèvent (Renault avec le Grand Modus trouve enfin une clientèle !). Opel renouvelle donc aujourd’hui ce modèle phare par ce Meriva Concept bien plus abouti et réussi en design : rondeurs bienvenues, hayon élégant et surtout des portes latérales à ouverture antagoniste, mais toujours un pied milieu. Il n’est pas sûr que l’on retrouve en série l’année prochaine cette solution. Sur le stand, on retrouvait aussi la récente Agila, sœur jumelle de la Suzuki Splash, toutes deux venues de Pologne. Plus lointaine, puisque venue d’Inde chez Maruti, son partenaire de longue date pour la Alto, Suzuki en présentait sa remplaçante, le concept-car A-Star. Tout juste 3,58 m de longueur pour 1,68 m de largeur et toujours un 3 cylindres essence 1. 0 l sous le capot (109 g de CO2/km). Sa commercialisation est prévue pour la fin 2008… A un prix toujours compétitif, mais pas « low cost ».

La véritable « low cost » que tous les professionnels du secteur attendaient, c’était la Nano de Tata pour sa première apparition hors de sa terre natale, l’Inde. Mais double déception pour les professionnels lors de la conférence de presse : pas d’annonce concernant la reprise de Land Rover et Jaguar par Tata et une Nano qui, décidément, est bien loin de nos «canons» esthétiques et de nos exigences en matière de sécurité : cette citadine ressemble plus à une voiture sans permis qu’à une Suzuki-Maruti ou une future Dacia-Mahindra- Renault. D’ailleurs, le patron Ratan Tata s’est bien gardé d’annoncer une quelconque commercialisation hors du sous-continent indien.