Les véhicules propres passés au crible des loueurs

Quels sont les avantages et les inconvénients des voitures propres proposées sur le marché ? Les loueurs répondent que les inconvénients l’emportent et que le diesel reste le meilleur compromis entre économie et écologie.

- Magazine N°136
482

Les loueurs ont peu ou prou le même jugement sur les différents types de véhicules dits «propres». Pour le GPL, le coût du carburant est intéressant, mais les explosions survenues en 2000 et 2001 lui donnent une image négative. De plus, l’offre de véhicules est très limitée. Quant au GNV, si son bilan écologique est favorable, en revanche le réseau de distribution pose problème. Une station de compression doit être construite pour alimenter la flotte car il y a peu de stations en libre-service. De plus, l’offre des constructeurs est limitée et le surcoût à l’achat est important.

Les véhicules hybrides associent aujourd’hui un moteur à essence, un moteur générateur électrique, des batteries à haute capacité et une unité de pilotage. Comme pour les véhicules totalement électriques, à l’état de test aujourd’hui, des interrogations demeurent quant au recyclage des batteries. Mis à part Toyota et Lexus, l’offre est inexistante. Reste que cette solution reste prohibitive même si son bilan écologique est très positif. Johanne Kaufling, chez GE Capital Solutions Fleet Services, constate que la Toyota Prius est éligible pour rentrer dans les car policies et est regardée avec de plus en plus d’attention par les entreprises pour équiper les comités de direction. Reste que tous les loueurs attendent impatiemment une offre hybride qui fonctionne au diesel. Mais pour l’hybride comme pour le GPL et le GNV, Yves Rousselle, DG d’ING Car Lease, constate que l’entreprise ne peut pas vérifier si le véhicule ne roule pas la plupart du temps à l’essence.

Diesel : le meilleur compromis

Quant au flexifuel, même si certains loueurs fondaient de grands espoirs sur cette énergie, son impact sur la déforestation, sur l’envolée du prix des matières agricoles et son réseau de distribution limité hypothèquent son développement. Et ce d’autant plus que son avantage en matière d’émissions de CO2 se calcule du puits à la roue, le CO2 absorbé par les plantes étant rejeté au moment de l’utilisation du véhicule. Or le législateur n’a pas retenu ce mode de calcul pour la TVS et considère seulement les émissions faciles de CO2 qui sont plus importantes que celles d’un moteur diesel ou essence. De fait, Yves Rousselle constate que cette technologie a été un véritable flop.

Le système stop&start ou micro-hybride essence est aujourd’hui proposé par Citroën et BMW. Les loueurs jugent très positive cette solution et regrettent qu’elle soit limitée aujourd’hui à deux constructeurs. Reste que certains spécialistes pointent des consommations et des émissions supérieures à des véhicules carburant au diesel. A ce titre, dans la plupart des cas, les véhicules diesel, qui deviennent de plus en plus propres (injection directe par common rail, filtres à particules, downsizing, norme Euro IV…) sont plus économiques que les véhicules essence ainsi que les véhicules propres malgré les différentes mesures incitatives. De plus, ils émettent moins de CO2. « Tant en terme économique qu’en terme environnemental, le diesel s’impose, constate Eric Trelet, Directeur commercial d’ALD Automobile. De plus, nous devons être vigilants sur les valeurs résiduelles et, sur ce point, le diesel comporte moins de risque. Les entreprises sont soucieuses de l’environnement, mais conserve une vision économique. » Olivier Monot, chez DCS Fleet, plaide lui aussi en faveur du diesel : « C’est une technologie très avancée avec, notamment l’injection à haute pression. Cela étant, il faut être certain que le véhicule est doté d’un filtre à particules or, il n’apparaît souvent qu’en option. »

PARTAGER SUR