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Les ventes de GPS continuent d’exploser

Le GPS est la star des produits de l’électronique grand public. Après avoir connu des records de ventes en 2006, la tendance se confirme en 2007 avec un doublement du marché. Reste à séparer le bon grain de l’ivraie au sein d’une offre pléthorique et ce, même si certaines marques abandonnent le combat.

- Magazine N°139
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Les ventes de systèmes de navigation autonomes ont atteint le seuil du million d’unités vendues en 2006 en France après trois ans seulement d’existence sur le marché. « L’ascension fulgurante des systèmes autonomes, commente Julien Jolivet, Chef de groupe chez GfK, s’inscrit d’ores et déjà parmi les records historiques de l’électronique de loisirs en France. A titre de comparaison, il aura fallu 7 ans aux appareils photo numériques et 6 ans aux baladeurs mp3 pour franchir la barre du million d’unités annuelles vendues, contre seulement 3 ans pour les systèmes de navigation autonomes. Parallèlement, la cible visée par les acteurs de ce marché est à terme bien plus large que celle des seuls automobilistes et rejoint dans une certaine mesure le potentiel d’équipement de ces autres succès nomades. »

Et la tendance observée en 2006 s’est confirmée en 2007. Le GPS reste le produit du marché de l’électronique grand public qui connaît la plus importante progression. Ainsi, selon Julien Jolivet, il s’est vendu 2 500 000 systèmes de navigation en 2007, soit des volumes multipliés par deux en une année. « C’est la locomotive du marché de l’électronique insiste Julien Jolivet. » Et d’ajouter : « En terme de prix, le marché a franchi un seuil plancher puisque certains GPS se vendent désormais sous la barre des 100 €. » Autre fait significatif, certains acteurs ont abandonné le marché à l’image de ViaMichelin. Raisons invoquées : l’activité n’est pas assez rentable et le marché est vampirisé par un leader laissant peu de place aux concurrents.

320 modèles différents

Toujours selon GfK, et si l’on exclut le segment des systèmes embarqués en première monte,85 % des ventes de systèmes de navigation se font sur les PND (Personal Navigation Device) ou GPS portables. Les GPS embarqués en after market et la navigation sur terminaux mobiles se partagent les 15 % restants. D’après l’institut de recherche, le taux d’équipement des foyers en GPS s’établit à 15 % (12 % pour les PND). « Ce taux relativement faible laisse une marge de progression très importante, explique Julien Jolivet. De plus la navigation piétonne va aussi contribuer à doper le marché. » A la fin de l’année 2007, GfK a identifié 30 à 40 marques pour plus de 320 modèles différents. Julien Jolivet constate qu’il y a une concurrence sévère qui a eu pour conséquence de faire baisser les prix. Le prix moyen d’un GPS était de 367 € en 2000. Il s’établit aujourd’hui à 263 €. « La part des premiers prix s’est étoffée, » explique Julien Jolivet. S’il n’y a pas eu de grandes nouveautés technologiques, l’info-trafic tend à se généraliser comme la cartographie européenne alors que la taille de l’écran grandit. Et Julien Jolivet de conclure : « Les mises à jour sont le nerf de la guerre sur le marché des GPS or, dans un proche avenir, les produits connectés via Internet vont se généraliser. »

Avantage à l’embarqué

Bruno Bourguet, Vice-président de Navteq Europe, nuance les analyses de GfK. « Leurs statistiques ne prennent pas en compte le marché de la navigation en première monte qui se porte plutôt bien. » Et d’enfoncer le clou : « Le marché des flottes nous intéresse de plus en plus. C’est un marché où la valeur résiduelle est une notion importante, or un système de navigation embarqué assure une plus-value. » Selon Navteq,15 % des véhicules européens embarquent un système de navigation. Le marché des PND concerne donc les véhicules d’occasion qui n’ont pas été équipés au préalable. « Dans ces conditions, les GPS portables sont intéressants, reconnaît Bruno Bourguet. Sur ce marché de l’aftermarket, les GPS portables connaissent une croissance de leurs ventes quand les systèmes embarqués accusent une baisse. »

Reste que pour Bruno Bourguet, les systèmes embarqués recèlent de nombreux avantages : « ils sont connectés au système de la voiture et ont donc une meilleure ergonomie. De plus, ils utilisent les capteurs de la voiture (odomètre, gyroscope) et donnent donc une position précise et ce, même si le véhicule passe sous un tunnel. Les systèmes embarqués sont plus chers, mais les voler est plus difficile. A contrario, la portabilité des PND est un avantage. Le conducteur peut facilement les déplacer d’un véhicule à un autre. De plus, ils peuvent se connecter à Internet via le téléphone portable du conducteur. Cela dit, on voit apparaître aujourd’hui des systèmes embarqués équipés d’une clef USB à partir de laquelle on peut se connecter à Internet via son ordinateur. Cet avantage des PND en matière de connectivité va s’amoindrir car les systèmes embarqués vont offrir des possibilités de connexion dans un avenir très proche. »

Autre avantage des PND face aux systèmes embarqués : ils sont moins chers. Les constructeurs automobiles ont des contraintes en matière de longévité de leurs équipements et d’intégration des GPS dans le véhicule ; ce qui explique une qualité supérieure mais aussi des prix à la hausse. Cela dit, les constructeurs automobiles commencent à équiper les véhicules de segment inférieur avec des prix adaptés. »

Un avenir proche

Bruno Bourguet constate que les informations de navigation des GPS sont de plus en plus précises avec de la visualisation en 3D ou, par exemple, une précision plus importante pour les sorties d’autoroute. « Le contenu 3D n’est pas fait pour recréer la réalité de façon virtuelle, explique le vice-président de Navteq Europe, mais pour offrir des repères visuels plus précis aux conducteurs. » Parallèlement, le marché a vu l’arrivée de nouvelles fonctions comme la TNT apparue sur une gamme de GPS proposée par Continental. Dans les mois qui viennent, des fonctions ADAS (Advanced Driver Assistance Systems) devraient voir le jour comme, par exemple, la possibilité d’orienter les phares en fonction des courbes négociées.

Et Bruno Bourguet de militer pour les systèmes embarqués en première monte : « Pour un gestionnaire de flotte, l’utilisation des véhicules va être professionnelle. Dans ces conditions, les systèmes embarqués ont une fiabilité plus importante. L’ergonomie est meilleure et le vol plus difficilement réalisable. Le coût supérieur est amorti par la durée d’utilisation. Le gestionnaire de flotte n’aura pas à changer de GPS pendant trois ou quatre ans. » Le vice président de Navteq Europe insiste sur l’importance de la cartographie : « Sans une cartographie précise et à jour, la navigation sera aléatoire. Chaque année, 20 % des attributs routiers changent, d’où l’importance des mises à jour. » En revanche, Bruno Bourguet avoue que l’information sur le trafic routier n’est pas encore satisfaisante. Reste que Navteq a lancé en Allemagne un service baptisé Trafic Pattern qui s’appuie sur les statistiques de circulation et donne un temps de parcours prédictif de qualité. Ce service devrait arriver sur le marché français à plus ou moins long terme. Autre nouveauté à venir : Discover City, soit un système de navigation terrestre qui permet d’être guidé dans une ville inconnue. Navteq travaille aussi à la mise sur le marché de contenus dynamiques (informations sur le prix de l’essence, sur la disponibilité de parking) mais aussi de fonctions ADAS (alertes envoyés à l’ensemble des conducteurs si un véhicule prend l’autoroute en sens inverse, possibilités de dépassement à venir…).

Bref, le GPS n’a pas encore fini d’évoluer et les mois et les années qui viennent réservent de belles innovations en perspective.

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