L’IFOP ausculte les pneumatiques et les flottes automobiles

Dans le cadre de son Baromètre Pneumatiques, Speedy Fleet a commandé une enquête à l’IFOP sur les pratiques des responsables de flottes en la matière. D’après les résultats publiés, les coûts liés aux pneumatiques peuvent être encore optimisés.

- Magazine N°148
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La gestion des pneumatiques par les flottes

En matière de coût et de sécurité, l’importance des pneumatiques est trop souvent méconnue. En créant le Baromètre Pneumatiques, Speedy Fleet a décidé de braquer les projecteurs sur cet équipement. Cet outil d’information entame sa quatrième année d’existence en présentant les résultats d’une enquête sur la gestion des pneus dans les flottes.

Réalisée par l’IFOP, cette étude s’est déroulée entre le 9 et le 13 mars 2009. Plus de 20 questions ont été posées à plus de 200 responsables de parcs et ce, qu’ils soient gestionnaires de flottes (30 %), responsables des services généraux ou des services techniques (18 %) ou directeurs ou responsables des achats (13 %). Mode de financement des véhicules, prévention des risques routiers, écoconduite, optimisation des coûts, entretien, les questions posées ont permis de balayer l’ensemble de la problématique liée aux flottes et aux pneumatiques.

Premier enseignement,28 % des responsables de flottes interrogés déclarent que leur parc est en augmentation,58 % qu’il est stable et 17 % qu’il est en diminution. L’échantillon interrogé a été choisi parmi les entreprises de plus de 100 salariés dont le parc rassemble plus de 10 véhicules. Dans ce contexte, la location longue durée apparaît comme le premier mode de financement devant l’achat comptant et la LOA.

La sécurité en question

Premier domaine évoqué : la sécurité. Pour les responsables de flottes, le défaut d’entretien est jugé comme le premier risque routier quand le conducteur n’est pas mis en cause. Et l’état des pneus est jugé comme étant quasiment aussi important que l’état des freins. « Nous pensions que l’écart entre les freins et les pneumatiques serait plus important », affirme Marie-Laurence Guena, directrice du Pôle Services de l’Ifop. Autre question, l’institut a demandé aux gestionnaires d’attribuer une note de 1 à 10 aux facteurs de risques routiers. L’état du pneu obtient une note de 6,7 et compte davantage que les conditions météorologiques difficiles (6,5) et la forte densité du trafic (6,1). Cela étant, le facteur humain occupe une place prépondérante dans l’évaluation du danger puisque le comportement routier arrive en tête (7,7) devant l’état de fatigue (7,5).

En matière de coût et de sécurité routière, l’importance des pneumatiques est souvent méconnue. Pourtant, l’étude réalisée par l’Ifop bat en brèche cette idée reçue puisque la quasi-totalité des responsables de parcs interrogés est consciente de son importance. Encore plus probant, une majorité d’entre eux déclare que les contrôles de pression ou d’usure sont réalisés régulièrement. Si le conducteur contrôle généralement la pression, en revanche c’est au chef de parc qu’incombe la mission de contrôler l’état d’usure.

Autre enseignement de l’étude, les formations à la prévention des risques routiers et à l’écoconduite restent minoritaires. Ainsi, 29 % des responsables interrogés déclarent que leurs entreprises ont mené une formation à la prévention des risques routiers dans les 12 derniers mois et 22 % une formation à l’écoconduite. « Vu le contexte médiatique, on aurait pu s’attendre à des chiffres beaucoup plus forts sur l’écoconduite », commente Marie-Laurence Guena.

Un défaut d’information

Les responsables de parcs interrogés estiment pour 88 % d’entre eux que le budget dédié à la flotte est optimisé. A contrario, 12 % estiment qu’il n’est pas optimisé, un résultat d’autant plus important que la responsabilité des chefs de parcs interrogés est mise en cause dans cette question. Autre résultat, le carburant apparaît comme le premier poste de dépense devant le financement, les assurances, l’entretien et les pneumatiques.

Parallèlement, l’étude réalisée par l’Ifop montre que les entreprises sont encore peu nombreuses à former leurs conducteurs au contrôle de la pression et du niveau d’usure des pneumatiques. Cela étant, les gestionnaires de flottes restent conscients que le sous-gonflage affecte directement la longévité des pneumatiques. Et ce critère est loin d’être négligé puisqu’il figure en tête des recommandations faites aux conducteurs lors de la prise en main du véhicule. Mais, avec des questions plus concrètes, les résultats de l’étude montrent une autre réalité : à peine plus d’un tiers des responsables de flottes est capable d’évaluer le niveau d’usure qui nécessite le changement du pneumatique. Enfin, si 80 % des responsables de parcs estiment que les pneus hiver peuvent avoir un impact favorable sur la sécurité des conducteurs, ils ne sont que 50 % à en équiper leurs véhicules. Le fameux seuil des 7° au-dessous duquel les pneus hiver ont des performances optimales est méconnu par 90 % des responsables de flottes interrogés. Et nombreux sont ceux qui font encore la confusion avec les pneus «neige».

De la théorie à la pratique

Commentant ces résultats, Marie-Laurence Guena note qu’ « entre les intentions d’optimisation et les pratiques, il reste un fossé et ce, même si la population interrogée est constituée de professionnels ». Et Rodolphe Noulin, directeur de Speedy Fleet, d’enfoncer le clou : « En matière de contrôle de la pression, le chef de parc délègue cette mission aux conducteurs, mais ces derniers ne s’en acquittent pas. Il y a une déresponsabilisation. » Un état de fait d’autant plus étonnant que surveiller la pression permet d’optimiser les coûts de la flotte. Ainsi, une pression insuffisante d’environ 20 % (sous-gonflage de 0,5 bar) entraîne une durée de vie de l’enveloppe en baisse de 20 % et des consommations de carburant en hausse de 2 à 3 %. Sur un contrat de location longue durée de deux ans et 120 000 kilomètres, le surcoût atteindrait 698 euros, soit l’équivalent d’un mois le loyer. A multiplier par le nombre de véhicules en parc, ce potentiel d’économies devrait faire réfléchir plus d’un gestionnaire de flotte. Sans compter qu’une autre statistique montre que 4 % des accidents sur autoroute sont liés à un problème de pneumatique.

Les entreprises ont donc tout intérêt à ce que les pneumatiques de leurs flottes soient correctement gonflés. Non seulement, elles réaliseront des économies, mais elles préserveront également la sécurité de leurs salariés.

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