L’OCP marie la performance au respect de l’environnement

L’OCP marie la performance au respect de l’environnement

L’OCP livre deux fois par jour les pharmacies et sa flotte parcourt 220 000 kilomètres au quotidien. La réduction des émissions et l’optimisation des tournées des livreurs sont donc devenus une nécessité et une stratégie essentielle. Essentielle pour l’environnement, l’image du groupe mais également pour réduire les coûts. Les solutions ? Passer au biodiesel, optimiser les tournées et apprendre aux livreurs les bonnes pratiques de la conduite.

- Magazine N°155
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L’OCP livre deux fois/jour les pharmacies et sa flotte parcourt 220 000 km/jour

«Parce que la santé n’attend pas » : le logo vert de l’OCP, leader de la répartition pharmaceutique en France avec un chiffre d’affaires de plus de 7 milliards d’euros, est connu du grand public grâce à sa présence sur les 800 camionnettes du groupe. La flotte automobile de l’OCP parcourt chaque jour 220 000 kilomètres ! « En tant qu’acteur de santé, nous souhaitons limiter nos émissions de CO2 dans l’atmosphère et nous réfléchissons sans cesse à l’optimisation de nos tournées. C’est une stratégie essentielle, à la fois en termes écologiques et économiques », précise Christine Seize, responsable services et achats généraux du groupe.

La flotte, avec ses quelque 200 voitures particulières (VP), destinées aux commerciaux et directeurs de sites, et ses 800 véhicules utilitaires (VU), essentiellement des Master Renault et des Ford Transit, représente environ la moitié des coûts du service achats généraux. Plus de mille livreurs chargent, deux fois par jours, médicaments, produits de parapharmacie et dispositifs médicaux dans les 45 sites de stockage de l’OCP pour les livrer dans 17 000 officines à travers la France (sur les 22 000 du territoire). Les véhicules sont ainsi la vitrine du groupe : ils roulent plus vert et une des faces sert depuis quelques mois de panneau publicitaire, pour des laboratoires ou des marques de l’OCP comme Pharmea (dispositifs médicaux).

« En terme de développement durable, les VU sont un peu les parents pauvres. Ainsi, l’offre en véhicules électriques est quasiment nulle. Nous avons donc mené une réflexion avec Renault pour réduire nos émissions sur le court terme et identifié le biodiesel comme solution pour nos VU. Certes, nous avons envisagé le gaz naturel de ville. Mais, nous avons d’importantes contraintes en termes de réactivité. Nous avons besoin de recharger nos véhicules rapidement. La solution a été envisagée pour notre site de Saint-Ouen qui livre Paris intra-muros et le nord de la capitale dans la mesure où un point d’approvisionnement existe à Gennevilliers pour la flotte de camions-bennes de Paris, mais cette hypothèse était peu pratique et contraignante. En outre, la charge utile des véhicules GNV est réduite par rapport à un Master classique », explique Christine Seize.

Une solution : Le biodiesel

Le biodiesel, composé à 70 % de diesel et à 30 % d’esters d’huiles végétales, s’est avéré la solution la plus pratique, dans la mesure où une grande partie des établissements du groupe disposent déjà de cuves de carburants pour approvisionner les véhicules. Le nouvel établissement breton de Carhaix (Finistère), issu du regroupement de 3 anciens sites, est ainsi le premier à être entièrement équipé pour sa flotte. L’utilisation du biodiesel sur ce premier site permettra d’économiser, pour 17 véhicules, 43 tonnes de CO2 par an.

Certes, peu de flottes utilisent ce carburant du fait d’un certain nombre de contraintes : « le biodiesel ne peut être utilisé que par des flottes captives car il n’existe pas encore d’approvisionnement pour le grand public, mais l’existence de cuves dans un grand nombre de nos sites nous permet de pallier cet écueil. Par ailleurs, les véhicules doivent être aux normes Euro 4, ce qui est le cas de la quasitotalité de notre flotte car les véhicules sont renouvelés en moyenne tous les 27 mois », souligne la responsable des services et achats généraux de l’OCP. A terme, le groupe pourrait approvisionner en biodiesel ses VU dans deux-tiers des sites.Un carburant, un peu plus cher mais qui permet de limiter les rejets de CO2 de 23 % et celles de fumées noires et de particules de 20 %. Certes, « cela n’a pas été facile de trouver un partenaire pétrolier pour ce projet et tous les sites ne pourront pas passer au biodiesel du fait du manque de points d’approvisionnement dans certaines régions. Nous sommes toujours contraints par l’offre des constructeurs, l’avancées des technologies… », ajoute Christine Seize.

« Pour le futur, souligne-t-elle, nous envisageons les véhicules hybrides ou électriques. Nous avons été approchés par Renault, qui étudie une version électrique du Master et nous participons à un groupe de travail afin que ce futur véhicule soit adapté aux besoins et contraintes des flottes. Nos contraintes sont importantes dans la mesure où nos VU doivent disposer d’une importante capacité en charge utile, afin de transporter plus de 200 caisses de médicaments, et doivent avoir une autonomie de plus de 300 km par jour. » En attendant la sortie de ce futur véhicule, prévue au plus tôt pour 2013, le biodiesel, s’imposait comme la solution la plus pertinente.

De fait, l’OCP, qui pratique la location longue durée pour l’intégralité de sa flotte, renouvelle constamment son parc, ce qui lui permet d’être à la pointe de la technologie en termes d’émissions et de disposer d’un parc adapté à ses besoins. Les VU, loués auprès de la filiale LLD de Renault ou auprès de Sixt, roulent 150 000 km en moyenne avant d’être changés, soit une durée de 12 à 48 mois, selon l’affectation (27 mois en moyenne). Pour les VP, la « car policy » est stricte. « Les véhicules des commerciaux, précise Christine Seize, ne doivent pas émettre plus de 135 g de CO2/100 km. En pratique, la moyenne est très en dessous, aux alentours de 119 g. Nous louons essentiellement, pour cette gamme de véhicules des 207, 308 ou des Golf. Avec Volkswagen, nous bénéficions notamment de leur nouvelle initiative Blue Motion. Pour les VP destinées aux directeurs de sites, il s’agit essentiellement d’Audi, louées auprès de Sixt ou ALD, avec une limite d’émissions fixée à 155 g. »

Réduire le nombre de kilomètres

Pour économiser à la fois du carburant et des kilomètres et réduire les émissions, l’OCP s’est lancée dans une stratégie de regroupement avec des tournées plus longues qui desservent plus de pharmacies. D’où la nécessité de pouvoir disposer de véhicules un peu plus gros comme le nouveau Master Renault proposé dans une nouvelle variante de longueur L4.

Regroupement signifie aussi optimisation des tournées. « Grâce à cette politique, nous avons réussi à réduire d’environ cinquante le nombre de nos véhicules en deux ans », explique Christine Seize. L’OCP, pionnière dans ce domaine, pratique l’optimisation des trajets de ses livreurs depuis une dizaine d’années. Selon l’activité, une à deux personnes sont en permanence chargées d’étudier les tournées.

« Nous disposons de logiciels d’optimisation, mais également d’une dizaine de traceurs qui équipent les véhicules pour analyser l’ensemble des trajets. Cela permet de regrouper certaines tournées. C’est notamment cette stratégie qui nous permet de fusionner trois sites en Bretagne. Le nouvel établissement de Carhaix nous permettra de réduire les émissions de CO2 d’environ 80 tonnes/an. L’optimisation des tournées entrainera une réduction de 20 % du nombre de véhicules (trois VU en moins), soit une baisse des émissions d’environ 40 tonnes de CO2 », souligne la responsable services et achats généraux du groupe. Le choix du site de Carhaix, du fait de sa position centrale, avec aux alentours les agglomérations de Lorient, Quimper, Brest, Morlaix ou Saint-Brieuc, des villes côtières comme Carnac, Quiberon, Bénodet, ou Perros-Guirec et des zones rurales, permettra de plus un plan de livraison organisé en étoile.

La réduction du nombre de kilomètres obtenue est significative pour chaque site. Dans la région Champagne Ardennes, la politique d’optimisation des tournées a permis, par exemple, de réaliser un gain de 522 000 km/an, soit une réduction de 26 % des trajets et un gain en CO2 de 140 tonnes. Quant au temps de conduite, il a été raccourci de 23 %.

Par ailleurs, « nous veillons à ce que nos pneumatiques soient en bon état et toujours bien gonflés. Dans certains de nos centres de distribution, la société Euromaster ou d’autres partenaires se déplacent chaque semaine pour vérifier le niveau de pression des pneus », explique Christine Seize. Un détail qui a son importance : 20 % d’air manquant à 90 km/h entraîne une augmentation de 3 % de la consommation et des émissions polluantes.

Une stratégie globale

L’OCP intègre le développement durable dès que cette politique a un impact sur quatre critères définis comme essentiels : « limiter les émissions de gaz à effet de serre, réduire les coûts de fonctionnement, anticiper la hausse des prix des énergies fossiles et exploiter l’exemplarité comme atout concurrentiel ».

Le groupe qui a une importante culture en termes de qualité et de fiabilité, avec sa chaîne du froid sécurisée, la nécessité de tracer les médicaments, a donc adapté ses exigences pour marier performance et respect de l’environnement, et adopte des stratégies de développement durable dans d’autres domaines que la flotte automobile. Pour l’entretien de ses locaux de St Ouen (40 000 m²), l’OCP utilise des gammes de produits Ecolabel afin d’éviter la pollution de l’eau, des sols et de l’air. « Nous avons également mis en place le tri de déchets de papier, le recyclage des cartouches d’encre et de piles,… et, dans nos points de distribution de médicaments, nous allons revoir notre gestion existante des déchets et favoriser la valorisation et le recyclage des déchets », souligne Christine Seize.

Exemple pilote, le nouveau site breton OCP Breizh, à Carhaix, est « construit différemment dans un esprit de haute qualité environnementale (HQE). Le site consommera différemment grâce à la récupération des eaux de pluie et à une forte diminution de la consommation électrique. Il produira une énergie renouvelable fournie par une éolienne de dernière génération et livrera différemment via sa flotte de véhicules fonctionnant au bio carburant », précise le groupe. Un label (et un logo) a d’ailleurs été créé à l’occasion de la conception d’OCP Breizh qui « symbolise les trois axes qui ont guidé cette conception : Innovation/ Services/Environnement ». Trois axes qui guideront les futures actions du groupe.

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