L’offre Premium la plus sobre pour les chefs d’entreprise

La voiture d’un patron de PME se doit d’être statutaire sans être ostentatoire et afficher un coût d’acquisition et de détention le plus bas possible sans obérer sa valeur résiduelle. La quadrature du cercle ? Pas si sûr, car les constructeurs redoublent d’efforts pour offrir du «premium» en prestations et équipements tout en minimisant son impact sur le prix de vente. Voici un panorama de l’offre proposée dans le segments des «compactes» et des «routières», toutes à moins de 140 g CO2/km.

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L’offre Premium la plus sobre pour les chefs d’entreprise

Une voiture statutaire de patron se doit donc d’être «premium» tout en préservant le bilan de l’entreprise. Les Françaises sont bien placées sur ce point et la Citroën C5 en impose par son image et sa classe. Avec son «petit» 1.6 HDi de 110 ch, elle est à 130 g de CO2. Par comparaison, une BMW 320d de 177 ch n’est qu’à 128 g. Citroën compense cela par une nouvelle finition Business d’entrée de gamme orientée vers les professionnels avec des équipements en série bien choisis : climatisation, radar de recul, GPS, Bluetooth, etc. Résultat : son prix débute à moins de 27 000 euros, soit 7 000 € de moins que l’Allemande.

Peugeot a choisi une voie différente pour se hisser vers le «premium » et séduire une nouvelle clientèle avec son 3008, SUV ou crossover d’un nouveau genre. Plus compact que la Citroën C5 mais plus haut (plate-forme de 308), il offre une excellente habitabilité et une praticité plus affirmée avec son plancher plat tout en s’affirmant réellement polyvalent, y compris avec le 1.6 HDi de 110 ch à 130 g en boîte pilotée qui lui offre de belles performances (137 g en boîte manuelle). Et au volant, son comportement et son confort sont tout à fait comparables au segment supérieur. Qui plus est, sa présentation intérieure se révèle d’une grande qualité et le design innovant du poste de pilotage incite à rouler.

Tout comme Citroën, Peugeot propose une finition Business Pack reprenant les équipements «pros» pour un prix… identique. Un choix qui est donc à méditer si vous ne souhaitez pas en rester à la berline «classique».

Renault : les atouts de la Laguna

Chez Renault, la nouvelle Laguna devait représenter la reconquête de la marque au Losange dans les PME et chez les patrons. Au volant, cette berline haut de gamme -en finition, en présentation intérieure comme en qualité de fabrication-, délivre un véritable plaisir de conduite et sait se faire très prévenante en confort sur longs parcours pour ses occupants. Et c’est la seule Française à offrir une puissance comparable aux Allemandes avec son récent 2.0 dCi de 150 ch à 139 g, en complément du 1.5 dCi de 110 ch, vaillant mais limité en performances sur autoroute (130 g). Notez enfin que Renault s’aligne sur Peugeot et Citroën avec une finition Business reprenant le même pack d’équipements (confort et communication) pour un prix. quasi identique (26 750 €).

Le choix d’une Mégane n’est pas à négliger : design acéré, présentation sans faute, liaisons au sol parfaites, prix serrés. On regrettera tout de même que son habitabilité ne soit pas meilleure en raison du style très bas et plongeant vers l’arrière de la carrosserie. Sous le capot, le 1.5 dCi en 110 ch est tout à fait dimensionné pour une utilisation polyvalente et allie le brio avec la sobriété (114 g). Plus performante, le 1.9 dCi de 130 ch est à 135 g mais il est de conception plus ancienne et son fonctionnement plus brutal et son niveau de bruit plus élevé de jouent pas en sa faveur.

Du côté des généralistes allemands comparables, Volkswagen, Opel et Ford se livrent à un combat sans merci pour offrir la meilleure «synthèse» en matière de voitures de patrons haut de gamme. Pour y parvenir, tout en restant dans les limites financières d’une offre de généraliste et non de «premium » comme leurs concurrents nationaux Audi, BMW ou Mercedes, ils ont choisi d’allonger considérablement leur routière respective : 4,84 m de longueur pour l’Opel Insignia et la Ford Mondeo et 4,76 m pour la Volkswagen Passat, c’est beaucoup. Mais il est sûr que l’habitabilité et le confort en sortent gagnants. Tout en pouvant se comparer, visuellement et dans la circulation, à une BMW Série 3 ou une Mercedes Classe C.

VW et Opel visent les professionnels

Pour emmener ces grandes berlines généralistes, le «down sizing» est de mise et, par exemple, la Volkswagen Passat a droit au récent 1.6 TDI de 105 ch qui n’émet que 114 g (en BlueMotion avec Stop&Start). Du coup, les performances sont limitées, surtout en accélération et reprises, et faire ce choix est surtout un geste «éco-citoyen». Le 2.0 TDI de 140 ch (124 g) est beaucoup plus à son aise dans cette grande Passat, a fortiori pour la version break, très élégante et surmontant le handicap de la berline à coffre, dépourvue de hayon. Et les 10 g supplémentaires de CO2 ne sont pas pénalisants pour le bonus ou la TVS. Mais la récente Golf est venue semer le trouble depuis 2 ans avec ses 4,20 m de longueur mais une habitabilité généreuse et une qualité de présentation (matériaux et fabrication) qui se place un cran au-dessus de sa grande soeur.

Equipée du 1.6 TDI de 105 ch, La nouvelle Golf passe à 99 g en Stop&Start ou 107/109 g sans celuici tout en offrant d’excellentes performances et un agrément de conduite de haut niveau. Par conséquent, le 2.0 TDI de 140 ch (126 g) paraît superflu même si sa polyvalence est meilleure. Mais attention, le prix à payer est élevé, en 105 ch comme en 140 ch par rapport aux concurrentes françaises ou allemandes généralistes (en moyenne 1 200 € de plus à équipement comparable).

Pour sa récente Insignia, Opel n’a pas ménagé sa peine pour offrir le meilleur rapport encombrement/ puissance/sobriété. C’est le 2.0 CDTI de 160 ch qui est chargé d’emmener cette grande berline à hayon tout en n’émettant que 136 g. Les performances sont excellentes et l’agrément de conduite s’en trouve rehaussé. Son succès auprès des professionnels ne se dément pas, aussi en raison d’un politique tarifaire agressive à moins de 30 000 €. Prenant exemple sur sa grande soeur, la compacte Astra applique le même principe d’en offrir plus que ses concurrentes pour moins cher, en acquisition/ détention et sobriété. C’est le petit 1.3 CDTI dans sa dernière version à injection très haute pression qui est à la manoeuvre avec ses 95 ch pour 109 g. Un bon choix car la voiture est relativement légère, en poids et également en prix (autour de 20 000 €).

Ford mise toujours sur la sobriété

Ford n’est pas en reste dans ce peloton des généralistes allemands et sa Focus, malgré son âge certain (elle sera remplacée dans moins d’un an), fait encore bonne figure. Elle vient d’ailleurs de recevoir une nouvelle appellation Econetic (114 g) avec le 1.6 TDCi de dernière génération qui est fabriqué en commun avec Peugeot. Une version de 90 ch qui permet d’abaisser les émissions à 114 ch, c’est bien pour cette compacte sortie en 2004 et pas optimisée à l’époque pour les très basses consommations. En revanche, sa présentation commence à dater et Ford prépare sa succession en tirant les prix vers le bas : à partir de 21 000 € pour cette version Econetic, à peine 20 000 € pour la version «normale» de 90 ch (118 g) et à peine plus pour la version 110 ch (115 g), c’est excellent.

Dans le segment des routières, la Mondeo a été l’une des premières à faire de la sobriété un maître-mot pour toute la gamme il y trois ans lors de sa naissance. En adoptant le 1.8 TDCI de 125 ch «maison», sa version Econetic est à tout juste 139 g mais, depuis, la concurrence fait mieux pour le rapport puissance/sobriété. Ford va ainsi monter dans sa Mondeo le récent 1.6 HDi de Peugeot dans sa nouvelle version de 115 ch qui permettra d’abaisser encore la consommation sans renier sur les performances grâce à un couple supérieur. Commercialisation pour le mois de juin prochain.

BMW reste la référence

Le plus en avancé dans ce domaine demeure BMW qui lance sa réputée Série 3 avec un nouveau 2.0d de 163 ch pour seulement 109 g/km de CO2, soit 4,1 l/100 km : un record et la nouvelle référence du segment. Mais l’accès à la gamme demeure toujours la 316d, équipée du même moteur mais dans une puissance ramenée à 115 ch (118 g) qui, à un peu plus de 30 000 €, permet de faire venir des acheteurs des marques généralistes. Mais c’est surtout la version 318d de 143 ch, tout aussi sobre (123 g) qui permet d’accéder réellement à l’univers de BMW en matière de dynamisme (31 500 €). Et pour tous ceux que la performance séduit, la version 320d en 177 ch reste la référence en matière de puissance/ sobriété avec 128 g, soit 4,8 l seulement (à partir de 34 000 €).

Et BMW ne met pas tous ses oeufs dans le même panier et propose sa propre interprétation du SUV crossover compact avec le X1, une sorte de break surélevé dérivé du X3 qui combine les avantages des deux univers : une tenue de route digne d’une berline, une habitabilité venue d’un SUV, le tout dans un design proche d’un break surélevé. Et pour bien asseoir sa domination sur la concurrence dans ce segment, ce X18d équipé du 2.0d dans une version de 143 ch s’autorise 136 g, en deux roues motrices uniquement sDrive (à partir de 29 500 €). La version X20d sDrive de 177 ch parvient à 139 g, un beau record mais plus coûteux à 32 350 €. Pas  de concurrence à ce jour.

Le grand concurrent Mercedes compte toujours sur sa Classe C pour dominer le segment des routières «familiales» dont raffolent les patrons. La C 200 CDI parvient à 130 g et même 127 g en 220 CDI (respectivement 136 ch et 170 ch), assurant des performances en tous points comparables à la BMW Série 3. Mercedes a présenté au dernier salon de Genève (pour commercialisation à l’automne) sa nouvelle C 220 CDI dont les émissions descendent à 119 g, c’est excellent et permettra de contrer BMW, mais également Audi avec son A4 2.0 TDI de 170 ch à 134 g. Quoiqu’il en soit, la Classe C demeure une berline de référence tant pour sa ligne classique et même luxueuse que pour son agrément de conduite et son confort de roulage. Et son prix se veut compétitif avec un accès à la gamme diesel à partir de 31 900 €, déjà largement équipée.

Audi à la pointe du Premium

Dans cette compétition au coude à coude entre les trois allemands haut de gamme, Audi s’est taillé une belle place en raison d’une qualité de fabrication et du choix de matériaux et du soin apporté dans l’assemblage frisant la perfection. L’accès à la gamme A4 diesel revient à la 2.0 TDI de 120 ch (129 g) à un peu plus de 30 000 € mais elle devrait être supplantée par la plus récente version 2.0 TDIe de 136 ch et 119 g en finition Attraction à 30 750 €, bien plus agréable à conduire même si sa puissance fiscale passe de 6 à 7 CV. La version standard du 2.0 TDI de 136 ch est à 124 g et au même prix mais se passe des artifices aérodynamiques et du rallongement des rapports de boîte pour un agrément de conduite meilleur.

Citons enfin la version 143 ch de ce 2.0 TDI qui pointe à 134 g, tout comme l’ultime 2.0 TDI de 170 ch dont les tarifs dépassent les 35 000 €. Précisons que, comme pour BMW ou Mercedes, les versions à transmission intégrale dépassent les 140 g et que nous ne les avons pas retenues malgré leurs atouts indéniables pour les gros rouleurs en tenue de route, surtout l’hiver ou en zone montagneuse.

Nous ne serions pas complet dans ce panorama du «premium» sans citer Volvo qui renouvelle sa berline S60 (disponible en juin prochain) et son break V60, inédit chez le suédois (commercialisé début 2011). Cette berline haut de gamme est directement dérivée de la récente S80 dont elle reprend la plate-forme raccourcie et inaugure un nouveau 2.0 D cinq cylindres de 160 ch (5,2 l/100 km, 130 g), dérivé de l’excellent 2.4 D de 205 ch, ainsi qu’une version DRIVe avec le 1.6 D d’origine Peugeot-Ford dans sa version 115 ch et 270 Nm de couple dont les émissions seront de 115 g. Des voitures toujours parfaitement finies, parées de matériaux nobles et affichant un design raffiné et non ostentatoire.

De nombreux Challengers

Pour terminer ce tableau des voitures de patrons, il faut aussi signaler l’arrivée dans le segment des grandes compactes à vocation familiales de la Toyota Avensis, la Skoda Superb, la Seat Exeo et la Lancia Delta qui tentent une percée vers les entreprises et les patrons de PME. La japonaise Avensis n’est pas une inconnue par sa réputation de qualité de fabrication et son confort de roulage, même si sa ligne assez commune ne suscite pas l’engouement des «pros». Un seul moteur diesel passe à moins de 140 g, le 2.0 D-4D de 126 ch seulement (139 g).

De son côté, la Tchèque Skoda Superb, directement dérivée de la plate-forme de la cousine Volkswagen Golf rallongée, s’équipe du 1.9 TDI 105 ch à injecteur pompes limitant les émissions à 136 g et son… prix à moins de 26 000 €. Il s’agit d’une voiture spacieuse, très bien équipée et qui bénéficie d’une qualité des matériaux de l’habitacle et un soin de fabrication à souligner.

Le groupe Volkswagen fait également feu de tout bois avec sa Seat Exeo qui n’est autre que la génération précédente d’Audi A4 dont l’outil de fabrication a tout simplement été transféré à Martorell en Espagne mais dont les fournisseurs et équipementiers allemands sont conservés. Qualité garantie même dans sa version break ST. Sous le capot, on retrouve le 2.0 TDI en 120 ch ou 143 ch, tous deux à 139 g à un prix concurrent de la Tchèque.

Fermons ce panorama par la Lancia Delta, une compacte «immense» puisqu’elle atteint une longueur de 4,52 m et qu’elle entend se frotter aux routières. Ligne originale, design intérieur qui ne l’est pas moins et habitabilité record en font une alternative chic et classe. Sous le capot, c’est le 2.0 MJT Fiat qui officie en 165 ch (139 g) ou le plus récent et intéressant 1.6 MJT de 125 ch à 120 g dont une finition Platino Entreprise est spécialement conçue pour les sociétés (27 800 €).  

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