Logan : danger ou opportunité pour les flottes ?

La Logan, low-cost par excellence, est un peu une «bête» à part… Et certains s’étonnent de son succès : « d’habitude, pour des raisons esthétiques, les français n’aiment pas les autos de cette catégorie avec un coffre. Ils les préfèrent avec un haillon. A mon avis, seul le prix explique sa réussite », commente une marque généraliste.

- Magazine N°122
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Il est vrai que si le look de Logan n’est pas détonnant, son prix défie toute concurrence… Pour 7 500 euros, le client peut s’offrir un véhicule du segment de la Mégane, garanti trois ans ou 100 000 km ! Et la gamme se développe : après un modèle diesel à moins de 10 000 euros, Dacia devrait sortir un break, un utilitaire et même un pick-up… De quoi susciter l’intérêt des flottes en recherche d’économies ? Pour Eric Trelet, Directeur commercial d’ALD, la réponse est négative. « Notre parc de 120 000 véhicules ne compte qu’une dizaine de Logan louées à de petites entreprises. Et je doute qu’elle touche un jour les PME ou les grands comptes. La Logan risque surtout d’avoir une incidence sur le marché de l’occasion. Si sa part de marché augmente, les loueurs auront plus de mal à écouler leurs VO. Car pour le prix d’une occasion, les particuliers peuvent acheter une Logan neuve. »

Chez GE Fleet Services, pas encore de Logan, déclare Arnaud Muller, son Directeur marketing. « Mais il n’est pas impossible qu’elle parvienne à intéresser certaines entreprises qui arriveraient à dépasser la barrière de l’image. On peut même imaginer qu’une société équipée de Logan pourrait véhiculer l’idée, que, si elle dépense peu pour sa flotte, c’est pour accorder de meilleurs prix à ses clients. »

Pas encore de Logan non plus chez Aon Auto. Mais Thierry Dubois, Directeur de la société de fleet management, à l’instar d’Arnaud Muller, ne juge pas impensable que certaines entreprises en réclament. « C’est une voiture habitable, confortable et très compétitive. » Edouard Rance, Directeur d’ERCG, pense aussi que la Logan pourrait trouver sa place dans certaines flottes. « Certes, je ne vois pas un laboratoire pharmaceutique faire rouler ses visiteurs médicaux en Logan. Mais une petite entreprise, sans réel besoin d’image et qui veut abandonner le système des frais kilométriques, pourrait très bien en donner à ses collaborateurs. » Toutefois, reste le problème de la valeur résiduelle… Si celle de la Logan s’avère très faible, poursuit Edouard Rance, son loyer pourrait être équivalent, voire supérieur à celui d’une voiture plus haut de gamme…