Yannick Duval, Malherbe :« Nous sommes en veille sur les tracteurs électriques frigorifiques »

Pour le transporteur Malherbe, Yannick Duval, directeur opérations et achats du groupe, aborde les différentes pistes pour la transition énergétique de sa flotte.
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Pour ses transports agroalimentaires, Malherbe n’utilise que des tracteurs à semi-remorques.

Flottes Automobiles : Gérer à la fois les achats des véhicules et leur mise à disposition dans la flotte du groupe Malherbe n’est-il pas complexe ?

Yannick Duval : Au contraire, c’est un avantage d’être directeur des opérations et des achats. Malherbe est un groupe de transport qui cumule 1 200 véhicules moteur et 3 500 cartes grises et dont les activités l’amènent à ne les garder que 24 à 36 mois. Être à la fois directeur des opérations et des achats me donne un œil opérationnel sur l’ensemble de la flotte. Je suis ainsi le comportement du véhicule à l’usage, je connais ses performances et ses coûts. Il m’est alors plus facile de répondre aux besoins des agences et des conducteurs en achetant les véhicules qui leur conviennent.

Quels sont les fournisseurs de Malherbe et rencontrez-vous des difficultés d’approvisionnement ?

Nous choisissons actuellement nos véhicules auprès de trois fournisseurs principaux. Le premier est Volvo Trucks, le second est DAF et le numéro trois, Mercedes-Benz. Nous disposons aussi de Renault Trucks et d’Iveco roulant au gaz naturel pour véhicules (GNV). Comme l’activité de Malherbe s’applique à 80 % à du transport de fret agroalimentaire sec, frais ou surgelé en semi-remorques, nos véhicules sont des tracteurs sans configuration spéciale. Nous n’avons donc pas eu de problème de renouvellement de parc en 2022. C’est en 2023 que nous pourrions en connaître si les retards de livraison perdurent.

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Les Volvo Trucks sont les véhicules privilégiés par Malherbe pour ses transports.

Combien avez-vous de poids lourds roulant au gaz et comment gérez-vous la hausse du prix du GNV ?

Nous avons 70 véhicules au GNV, dont 30 roulent au GNL et 40 au GNC. Ce choix s’explique par la nature comprimée ou liquéfiée du gaz que fournissent les stations d’approvisionnement en gaz sur nos zones d’activité. La majorité sont des tracteurs Iveco, mais nous acquérons aussi des Volvo et des Scania. Nous avons compensé la hausse du prix du GNV en revoyant nos plans de transport pour reporter nos véhicules au gaz sur des stations où le GNV était à isocoût avec le gazole.

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Malherbe a réduit l’impact de la hausse du gaz en l’achetant au prix du gazole, notamment celui qu’il consomme dans sa station GNLC de Carpiquet.

Envisagez-vous d’utiliser des poids lourds électriques ?

Nous sommes en veille sur les tracteurs électriques frigorifiques pour effectuer dès que possible des tests dans le cadre du projet ROAD (refrigerated optimized advanced design) de Fret 21, auquel nous participons avec le carrossier Chéreau et le frigoriste Carrier. L’objectif est de produire un véhicule aérodynamique, au châssis allégé et capable de produire sa propre énergie. Nous collaborons aussi au projet H2 Haul qui vise à concevoir un véhicule électrique à pile à combustible à hydrogène et le réseau d’approvisionnement dont il a besoin. Nous étudions aussi les véhicules hybrides qui offrent une solution de transition pour les ZFE-m, ainsi que la possibilité de rouler au B100. Tout est possible selon le coût, la technique et les demandes de nos chargeurs, à condition que ceux-ci participent financièrement à la transition énergétique.

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Malherbe participe au projet ROAD de Fret21 pour réduire le coût des semi-remorques.
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