Un véhicule de professionnels de l’alimentaire sur deux pourrait s’électrifier par rétrofit

D’après la MAPA et REV Mobilities, un véhicule de professionnels de l'alimentaire sur deux pourrait passer à l’électrique par la méthode du rétrofit. Pour inciter les sociétaires de la MAPA à s’y mettre, les partenaires ont lancé une offre « spéciale artisans » avec 500 utilitaires proposés sur 2022 et 2023.
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Rétrofit véhicules
Exemple de rétrofit d'un véhicule aux rencontres internationales des véhicules écologiques (RIVE) à Alès (30) © Julie Vénier

La mutuelle d’assurance des professions alimentaires (MAPA) et le spécialiste du rétrofit REV (Retrofuture Electric Vehicles) Mobilities ont appelé, en octobre 2021, plus de 100 sociétaires résidant au sein du Grand Paris pour les informer ou leur rappeler l’existence de la vignette Crit’Air et du rétrofit.

Parmi le parc auto des répondants, les modèles de utilitaires légers sont à 95 % des marques Renault, Stellantis, Daimler et Volkswagen. Concernant leur vignette Crit’Air, 29,5 % des véhicules sont classés Crit’Air 4 ou 5, 29,5 % Crit’Air 3, 40,2 % Crit’Air 2 et moins d’1 % Crit’Air 1. Par conséquent, l’interdiction de circulation dans la zone à faibles émissions (ZFE) du Grand Paris concerne déjà plus d’un quart des véhicules de ces artisans et commerçants. Et, d’après le calendrier de la métropole, 59 % d’entre eux le seront au 1er juillet 2022 (Crit’Air 3) et 99 % d’entre eux dès le 1er janvier 2025 (Crit’Air 2).

« La mise en place de 45 zones à faibles émissions mobilité ou ZFE-m en France d’ici le 1er janvier 2025 compliquera l’usage des utilitaires légers en milieu urbain. Cela concerne près de 17 millions de véhicules du parc roulant actuel en France, constitué à 98 % de modèles thermiques (diesel et essence) », affirment REV Mobilities et la MAPA.

Plus de 18 000 véhicules utilitaires éligibles au rétrofit

D’après l’étude de la MAPA et REV Mobilities, seulement 3 % des sociétaires interrogés connaissaient le rétrofit avant la présentation par leur conseiller. Après en avoir pris connaissance, 46 % d’entre eux s’y intéressent désormais. En particulier les artisans et commerçants dont la circulation de leur véhicule Crit’Air 4 ou 5 est interdite. Pour rappel, cette infraction est passible d’une amende forfaitaire de 68 euros.

Or, « près de la moitié des artisans de l’alimentation ont l’opportunité de remplacer le moteur thermique de leur véhicule par un électrique pour continuer à exercer leurs activités de commerce et de livraison dans les ZFE-m » , avance la MAPA. En effet, après l’analyse de près de 36 700 contrats d’assurance automobile de la MAPA, plus de 18 000 véhicules répondraient aux critères réglementaires et industriels du rétrofit électrique. D’après une étude de l’Ademe, le rétrofit d’une citadine diesel en électrique peut notamment réduire de 66 % les émissions de CO2 par rapport au scénario de conservation du véhicule diesel et de 47 % par rapport au scénario d’achat d’un véhicule électrique neuf.

Une offre de rétrofit pour les véhicules des artisans

De plus, selon le sondage de la MAPA, 22 % des répondants veulent être recontactés dans la cas de la mise en œuvre d’une offre de rétrofit. La MAPA et REV Mobilities ont donc lancé une offre de rétrofit spéciale pour les artisans, avec un objectif : proposer 500 utilitaires dans les 24 prochains mois. Les deux partenaires proposent désormais de voitures de société et des fourgonnettes rétrofités à partir de de 9 000 euros, contre environ 32 000 euros pour un achat de véhicule électrique neuf.

En outre, la région Île-de-France a mis en place une aide aux artisans, TPE-PME, qui peut aller jusqu’à 2 500 euros pour le rétrofit d’un véhicule thermique en électrique ou hydrogène.