Marché 2015-2016 : les flottes sont de retour

Dans un marché automobile reparti à la hausse en 2015, les flottes ont connu un véritable rebond, avec une progression de 6,3 % des immatriculations, soit 730 763 VP et VU. Et 2016 paraît plutôt bien engagée. Avec également des évolutions à souligner, comme la place accrue de l’essence face au diesel et l’émergence de l’hybride rechargeable.

- Magazine N°216
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Marché 2015-2016 : les flottes sont de retour

2 299 654 véhicules légers immatriculés en France, soit une augmentation de 5,5 % par rapport à 2014 selon les chiffres du CCFA : 2015 aura donc été un bon cru pour les constructeurs. Avec, plus précisément, 1 917 230 VP immatriculés (+ 6,3 %), 379 424 VUL (+ 1,6 %), mais aussi 41 722 VI (+ 11,1 %).

Et la clientèle des entreprises (administrations, loueurs longue durée et sociétés hors automobiles) a toute sa part dans ces chiffres, avec 31,85 % de ce total contre 30 % en 2012, d’après l’OVE (Observatoire du véhicules d’entreprise, Arval).

Toujours selon l’OVE, 730 763 VP et VU ont été vendus aux entreprises en 2015, soit une croissance de 6,3 % par rapport à 2014 et le meilleur chiffre depuis 2009. Pour être complet, signalons que 428 653 VP ont été immatriculés auprès des entreprises l’an passé (+ 10,4 %), et 302 110 VUL (+ 1 %).

L’OVE met aussi en avant quelques pistes de réflexion intéressantes sur les véhicules acquis par les entreprises en 2015. Ainsi, 638 298 VP et VU diesel leur ont été vendus, en hausse, par rapport à 2014, de 2,3 % sur ce total et de 3,8 % pour les seuls VP. Le diesel s’arroge donc une part de marché de 87,35 % auprès des flottes. Mais avec un recul pour les VP, de 90,54 % des parts de marché en 2012, à 80,61 % en 2015.

Immatriculations de VPN et VUN de moins de 5T100 – Ventes sociétés

Classement des 20 premières marques 

 

Janvier à décembre 2014

Janvier à décembre 2015

Total

dont VU

Total

dont VU

Rang 

Marque

Volume

Volume

Volume

Variation

Volume

 

Total

864 621

311 898

929 485

7,50 %

313 555

1

Renault

225 895

102 619

245 323

8,60 %

107 976

2

Peugeot

158 757

54 216

169 225

6,59 %

54 499

3

Citroën

119 558

56 712

113 101

– 5,40 %

52 301

4

Volkswagen

60 469

14 529

60 981

0,85 %

13 107

5

Ford

38 449

16 268

44 495

15,72 %

17 304

6

Mercedes

35 695

15 967

38 828

8,78 %

16 886

7

Fiat

31 605

14 915

35 453

12,18 %

14 952

8

Nissan

27 915

6 719

30 797

10,32 %

5 649

9

Opel

23 929

4 920

29 789

24,49 %

6 106

10

Audi

23 499

850

23 618

0,51 %

754

11

BMW

20 957

337

25 473

21,55 %

429

12

Toyota

15 834

3 298

18 150

14,63 %

3 519

13

Iveco

11 124

11 124

10 950

– 1,56 %

10 950

14

DS

9 418

608

8 913

– 5,36 %

476

15

Dacia

8 651

2 134

7 765

– 10,24 %

1 731

16

Skoda

7 001

322

6 890

– 1,59 %

316

17

Volvo

6 469

140

7 531

16,42 %

138

18

Mini

4 973

157

6 226

25,20 %

178

19

Seat

4 860

584

4 878

0,37 %

392

20

Kia

4 213

182

6 841

62,38 %

170

Source : CCFA. Décembre 2015. 

Le groupe Volkswagen fait le point
Dans le cadre de l’affaire qui touche le groupe Volkswagen, nous avons interrogé l’ensemble des représentants de ses marques. Tous nous ont répondu. Nous reprenons ici une partie des échanges avec Jean-Marc Prince, directeur des ventes entreprises pour le groupe en France.
« Nous avons mis à l’épreuve la confiance des clients et nous en sommes désolés. Une de leurs préoccupations était de savoir si les mesures correctives allaient impacter les performances de leurs véhicules en termes de puissance et consommation, et donc avoir des impacts financiers. L’objectif de nos ingénieurs est d’éviter toutes les conséquences significatives, que ce soit sur la consommation ou les performances. Cet aspect est en cours de validation avec le KBA en Allemagne. Il est important de rappeler qu’il n’y a pas de problème de sécurité, et que les véhicules que nous vendons actuellement ne sont pas concernés. Maintenant, le principal objectif est de restaurer la confiance des clients. Les interventions, de 30 à 60 minutes, pourront être faites lors d’une révision, afin de ne pas perturber l’activité des utilisateurs. Nous allons communiquer prochainement sur le planning de déploiement des mesures correctives ».

L’essence s’impose peu à peu dans les flottes

En parallèle, l’essence s’est offert une progression de 14,32 % sur le segment des VP en 2015 auprès de la clientèle des entreprises, soit au total 61 380 VP, en augmentation sur un an de 49,3 %. De même, les hybrides rechargeables ont généré 1 861 ventes de VP aux entreprises en 2015, soit un bond de 306,3 % par rapport à 2014 – un chiffre bien sûr à nuancer au vu de l’étroitesse du marché.

Autre croissance à nuancer, celle de 26 % pour les VP électriques en 2015 dans les entreprises, avec 3 247 véhicules. VP et VU cumulés, l’électrique ne représente toutefois qu’une part de marché réduite auprès des entreprises.

Pour conclure, passons la parole aux constructeurs. Après une année 2015 plutôt bien orientée, qu’en sera-t-il du marché des flottes en 2016 ? Pour les responsables des ventes des constructeurs, la réponse est marquée par un optimisme bien tempéré. « Si l’économie dans son ensemble va dans le bon sens en 2016, le marché du VU devrait continuer à progresser, notamment tiré par le BTP. Le marché du VP devrait rester actif, porté par les appels d’offres en cours, alors que les entreprises renouvellent les parcs », anticipe Hugues De Laage, directeur de Peugeot Professionnel France.

Pour le groupe Fiat, Patrice Bergonzi, directeur Fleet & Business Sales FCA, ne dit pas autre chose : « Compte tenu des prévisions d’environ 2 % de croissance des investissements des entreprises, le marché des flottes devrait poursuivre sa progression en 2016. Une croissance entre autres due au renouvellement des parcs importants de VUL acquis dans les années 2007 et 2008. »

Pour information, et selon l’OVE, en janvier dernier, 55 853 VP et VU ont été immatriculés sur le marché des entreprises, soit une hausse de 10,3 % par rapport à janvier 2015. Les VP ont affiché une augmentation de 9,2 %, et les VU de 12 %, une différence qui fonctionne habituellement en sens inverse. À suivre de près.

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