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Marché français du GPL : un potentiel de 400 000 acheteurs

L’association du Comité Français du Butane et du Propane (CFBP) a dévoilé les résultats et analyses de l’enquête sur les perspectives de développement du GPL en France, réalisée en mars 2019.

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Menée sur un échantillon de 1 000 personnes, l’enquête baromètre Occurrence réalisée en ligne entre le 14 et le 21 mars 2019 pour le CFBP dresse un état des lieux du marché du GPL en France. Bilan : le gaz de pétrole liquéfié, bien qu’étant une technologie mature, souffre d’un manque de popularité, alors que le CFBP lui donne de nombreux avantages et lui prédit un bel avenir avec l’arrivée du bio-GPL.

La perception des Français sur le GPL

Le marché du véhicule neuf fonctionnant au GPL n’a représenté que 3 000 voitures l’an dernier, en France, s’ajoutant à un parc de 200 000 véhicules alimentés au GPL. Des volumes de ventes très faibles sur un marché annuel de plus de 2 millions de véhicules. Tout le contraire de certains marchés où les politiques publiques privilégient le GPL, comme le marché neuf turc (40 % de GPL), polonais (20 %) ou encore italien (9 %).

Ainsi, le GPL est un carburant qui reste méconnu en France : 2 % des sondés seulement possèdent un véhicule alimenté au GPL. Mais celui-ci est cité comme carburant alternatif au diesel et à l’essence par 49 % des sondés. Les causes de ce manque de popularité sont variées. « Depuis 10 ans, la France a mis l’accent sur l’électrique alors qu’en Italie et aux Pays-Bas il y a une tradition du gaz depuis 50 ans », a analysé Joël Pedessac, directeur général du CFBP, lors de la présentation presse de l’enquête. De plus, les freins à l’acquisition d’un véhicule GPL parmi les sondés sont le danger perçu (16 %), le manque de stations GPL (14 %), ou encore le manque de connaissances sur le sujet (13 %).

Pourtant, les retours des 100 répondants propriétaires de véhicules GPL sondés sont bons. Ils sont 97 % à juger leur voiture globalement économique, 98 % estiment même que leur véhicule GPL a été économique à l’achat et 92 % à l’usage. Le GPL se trouve même être un critère primordial puisque pour 87 %, le choix du véhicule a été déterminé par sa carburation GPL et pour 89 % il s’agit du véhicule principal. Les propriétaires l’ont par ailleurs acheté en neuf pour 97 % des sondés. Les critères d’achat d’un véhicule GPL sont : le prix d’achat (47 %), le prix du carburant (40 %), le critère écologique (28 %) ou encore les primes (16 %).

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Le GPL : un carburant méconnu mais doté de nombreux atouts

Pour rappel, le GPL est un carburant composé de butane et de propane. Il bénéficie d’atouts écologiques, économiques et bénéficie de certaines mesures fiscales avantageuses.

Ainsi, un véhicule alimenté par ce carburant est éligible à la vignette Crit’air 1 quelle que soit son année d’immatriculation, bien pratique pour éviter les restrictions de circulation dans les grandes villes à l’heure de la loi sur les mobilités.

Les véhicules GPL sont aussi considérés comme propres puisqu’ils émettent en moyenne 20 % de moins de CO2 qu’une motorisation essence et pratiquement pas de particules ni d’oxydes d’azote. En outre, même si un véhicule GPL consomme entre 10 et 20 % de plus qu’un véhicule essence, il reste économiquement plus avantageux. Avec 40 l de GPL, le conducteur pourra parcourir 400 km, à 0,82 euro le litre, soit environ 32 euros. Le budget annuel de carburant est environ 30 % inférieur par rapport à un véhicule essence. Le véhicule GPL se révèle en plus moins cher à l’achat que le diesel et tout aussi compétitif en coût d’usage.

Pour ce qui est de la conduite quotidienne avec un véhicule GPL, rien ne diffère de celle avec un moteur thermique, si ce n’est la possibilité d’alterner essence et GPL avec un simple bouton. De plus, 1 650 stations-service disposent du gaz de pétrole liquéfié.

Rappelons pour les professionnels que la TVA sur les carburants GPL des véhicules utilitaires, de société ou particuliers, est entièrement récupérable, et pour les véhicules essence-GPL elle est déductible sur les achats essence. Les véhicules GPL qui émettent moins de 100 g de CO2/km sont également exonérés de TVS durant les trois premières années de mise en circulation. Cette mesure vise d’ailleurs à faire baisser le nombre de véhicules diesel qui constituent aujourd’hui 95 % du parc des flottes d’entreprise. À noter que les conducteurs de véhicules dotés d’un moteur carburant au GPL peuvent se voir exonérer jusqu’à 100 % du prix du certificat d’immatriculation (carte grise).

Le bio-GPL : un nouveau biocarburant

Le GPL devient aussi une alternative écologique avec l’essor du bio-GPL développé à partir de ressources renouvelables. « Le bio-GPL est arrivé sur le marché européen l’année dernière. Il est d’origine renouvelable et non pas fossile. Et comme tous les biocarburants il émettra 80 % d’émissions de CO2 en moins qu’un modèle thermique », a expliqué Joël Pedessac. Outre ces avantages, la réglementation européenne favorise aussi les biocarburants.

Le directeur général du CFBP prévoit même dans les années à venir une véritable « économie circulaire ». « Changer le carburant d’un véhicule affublé d’une vignette Crit’air 4 pour y intégrer une bi-carburation GPL-essence pourrait allonger sa durée de vie au lieu de le mettre à la casse, alors qu’il a coûté de l’énergie à produire. La production d’un véhicule devrait être prise en compte dans ses émissions de CO2 », poursuit-il.

Ainsi, le bio-GPL pourrait bien provoquer un engouement, alors que le GPL actuel n’a pour l’instant pas envahi les parcs et flottes d’entreprise, notamment car un diesel ne peut être transformé en GPL. Toutefois, le GPL représente une solution pour favoriser la transition énergétique dans les transports urbains dont 16 % de consommation d’énergie finale devront être constitués d’énergies alternatives selon le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie 2019-2023 (PPE). Le PPE indique d’ailleurs : « il existe un potentiel pour le développement du marché et le réseau est prêt à accueillir le bio-GPL. »

Des intentions d’achat d’un véhicule GPL en hausse

Malgré des opinions et des préjugés tenaces sur le GPL (accès aux parkings souterrains interdit, etc.), les intentions d’achat sont en petite hausse chez les 20 % du panel connaissant le GPL, soit 1 % de plus par rapport à 2013. Ces chiffres rapportés à l’échelle de la France pourraient soutenir un marché potentiel de 400 000 véhicules selon le CFBP. 75 % des automobilistes GPL se disent, eux, prêts à racheter ce type de véhicule en raison du caractère économique (62 %), mais aussi pour les vertus environnementales (20 %), d’où un indice de satisfaction très fort, les propriétaires d’un véhicule GPL lui attribuant une note de 7,7 sur 10.