Mauffrey intègre un premier Volvo FH Electric

Le groupe Mauffrey ajoute à son mix énergétique un Volvo FH Electric. Combinant l’électrique au multimodal et aux biocarburants, il promet 50 % de CO2 en moins d’ici 2030.
1589
Mauffrey Volvo FH Electric
Mauffrey a pris un Volvo FH Electric pour les transports de ciment d’Eqiom. © Jérôme Baudoin

Mauffrey destine son premier Volvo FH Electric aux transports franciliens de son client Eqiom. Et avec plus de 3 200 poids lourds Euro VI qu’il répartit dans plus de cinquante sites et avec une activité fluviale et ferroviaire grandissante, le groupe Mauffrey gère sa transition énergétique depuis 2012. Pour accélérer sa décarbonation, il acquiert les véhicules les plus récents au gazole, au gaz, aux biocarburants et à l’électricité. Ainsi, Mauffrey promet à ses clients une réduction de 50 % de ses émissions de CO2 d’ici 2030.

Premier Volvo FH Electric de 44 t pour Mauffrey

D’une puissance de 540 kWh et arborant une citerne pulvérulente à dépotage hydropneumatique, ce FH Electric est donc le cinquième VI zéro émission de Mauffrey. Déjà, en mai 2021 et en janvier 2022, le groupe avait intégré un Volvo FE Electric pour le transport de matériel de BTP sur les chantiers parisiens de Bouygues. Deux autres ont suivi, équipés en fourgon ou ampliroll, puis un tracteur DAF CF Electrique de 120 km d’autonomie pour la distribution de McCain.

Le Volvo FH Electric, à droite, est le cinquième VI électrique de Mauffrey. (DR)

Le FH Electric affiche quant à lui une autonomie de 300 km pour un PTRA de 44 t. « Cette autonomie répond aux besoins de nos clients et son PTAC de 44 t offre une charge utile proche des véhicules déjà en place », se félicite Kevin Mauffrey, directeur technique et achats du groupe. Mais ce véhicule n’effectuera que des navettes de moins de 46 km aller-retour entre les centrales à béton Eqiom d’Alfortville (94) ou du Pont de Tolbiac, à Paris, jusqu’à son site de Chelles (77). En incluant les temps de chargement et déchargement, il devrait remplir sa journée avec six rotations.

Du biogaz aux camions électriques, Mauffrey s’adapte aux ZFE-m

Sa première mission sera donc de montrer que Mauffrey sait investir pour ses clients qui ont des activités en ZFE-m et que l’électromobilité a de l’avenir dans le transport lourd. Avec son Volvo FH Electric, Mauffrey conforte ainsi le partenariat entamé avec Eqiom par sa filiale Mauffrey Littoral et son fournisseur de biogaz Agriopale.

Mauffrey Littoral roule déjà au biogaz pour Eqiom dans le Nord. (DR)

Ensemble, les partenaires ont reçu, en juin 2022, le trophée EVE (Engagements Volontaires pour l’Environnement) de la coopération logistique. Un prix qui les récompense pour avoir élaboré l’alimentation des Iveco au gaz, que Mauffrey Littoral met au service du cimentier, avec le biométhane fourni à la station BioGNV d’Agriopale par la brasserie Goudale à Arques (62). Aux 80 % de réduction de CO2 du biogaz qu’assure sa flotte de 120 poids lourd au gaz, Mauffrey ajoute ainsi, avec le FH Electric, la promesse d’un bilan zéro émission pour son client Eqiom.

Cimenterie d’Eqiom en bord de Seine. (DR)

100 VI au B100

Auprès de ses clients nationaux, Mauffrey joue aussi la carte des biocarburants. « Pour livrer les marchandises de nos clients au cœur des villes, nous voyons dans les biocarburants une solution, dans la mesure où leur utilisation est assortie d’une vignette Crit’Air 1, indique Kevin Mauffrey. Nous sommes avancés sur l’Oleo100 puisqu’un partenariat est en place avec le groupe Avril. Nous devrions passer le cap des 100 véhicules au B100 d’ici fin 2023. » Un cap que le groupe frôle déjà avec le rachat en octobre 2022 du transporteur Dynamic Gorlier (Vitrolles, 13127). En effet, parmi ses 300 cartes grises, celui-ci possède 20 poids lourds roulant à l’Oleo100, qui s’ajoutent à la flotte B100 du groupe.

Dynamic Gorlier apporte ses 20 tracteurs à la flotte de près de 100 VI au B100 de Mauffrey. (DR)

500 DAF nouvelle génération au gazole ou au HVO-XTL

Kevin Mauffrey (DR)

Le HVO-XTL est aussi dans les projets du transporteur pour ses locations de véhicules avec conducteur. « L’utilisation de ce biocarburant représente un grand intérêt écologique, affirme Kevin Mauffrey. Il présente le double avantage d’être totalement miscible au gasoil et d’être compatible avec tous les moteurs diesel. Nous saurons être réactifs lorsqu’un de nos clients souhaitera convertir à ce carburant alternatif les véhicules roulant pour son compte. »

Transporteur pour l’Est de la France du HVO-XTL d’Altens, qui réclame la vignette Crit’Air1 et a exprimé le souhait de voir ses fournisseurs rouler avec son HVO-XTL, Mauffrey devrait franchir le pas assez vite. Et ce avec les 500 DAF de nouvelle génération qu’il a intégrés dans sa flotte. « Les conducteurs sont satisfaits du véhicule, du confort qu’il offre et de son design, rapporte Kevin Mauffrey. Leur consommation est très compétitive en comparaison à des véhicules équivalents d’autres marques. On estime entre 4 % et 8 % d’émissions de CO2 en moins en fonction de l’usage et de la conduite. » Avec le HVO-XTL, cette réduction tomberait à 83 %.

Les nouveaux DAF nouvelle génération de Mauffrey pourraient bientôt rouler au HVO-XTL. (DR)

Le multimodal décarbonera 33 % des transports Mauffrey

Mais depuis 2017, l’axe majeur de décarbonation du transporteur reste l’activité multimodale de sa filiale MAFF (Mauffrey Affrètement Ferroviaire et Fluvial). « Surtout fluvial, notre transport multimodal représente 9 % de notre activité, explique Kevin Mauffrey. Il retire actuellement plus de 3,5 millions de tonnes de marchandises de la route, essentiellement du vrac sur des axes de l’Est de la France et dans le Nord. Nous estimons que cette activité multimodale doublera très vite. Ainsi, elle contribuera donc pour un tiers à notre objectif de réduire nos émissions de CO2 de 50 % à horizon 2030. Les deux tiers restants reposeront sur nos formations en éco-conduite et sur notre mix énergétique ». Enfin, « notre Volvo FH Electric ne se destine pas à du pré ou post acheminement pour du multimodal, mais il pourrait », complète Kevin Mauffrey.

Mauffrey compte sur le multimodal fluvial pour réduire de 50 % ses émissions de CO2 d’ici 2030. (DR)
PARTAGER SUR