Mercedes Classe E 220 CDI : modernité et écologie

Le changement dans la continuité, c’est en résumé la philosophie qui a animé Mercedes pour la conception de sa nouvelle Classe E. Les clients fidèles retrouveront tout l’univers de l’ancienne génération –sans les défaillances électroniques– et la clientèle de conquête, en entreprises principalement, devrait être conquise par le haut niveau des prestations proposées avec des nouveaux moteurs diesels et des aides à la conduite innovantes.

- Magazine N°147
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Mercedes Classe E 220 CDI

Un design soigné

Le design de la nouvelle Classe E a plus évolué que ne le laisse supposer un premier coup d’œil qui ne sera pas choqué par l’équilibre générale de cette grande berline. Et à y regarder de plus près, les traits sont plus nerveux, les lignes plus tendues et un style résolument dynamique fuse de cette Classe E, laissant l’ancienne au rayon des «pataudes». Une réussite stylistique inaugurée par le GLK dans un autre domaine mais qui préfigure bien les orientations des futures Classe A/B et S.

A l’intérieur, même volonté de s’émanciper des arrondis trop mous, des lignes sans âme avec une planche de bord dessinée presque « au carré ». Modernisme donc mais aussi tradition puisque « rien ne bouge » dans l’organisation des commandes, l’énorme console centrale, la position de conduite basse, le volant à la verticale comme posé sur les genoux et l’énorme comodo servant aux clignotants et aux essuie glaces.

Rien ne viendra donc choquer le fidèle « gros rouleur », abonné depuis longtemps à la Classe E pour son confort et son agrément de conduite. Pourtant, une impression saute aux yeux immédiatement : la qualité des matériaux utilisés, le soin dans les assemblages, la justesse des accostages placent sans problème cette nouvelle production de l’usine de Sindelfingen (Allemagne) au niveau d’Audi et au-dessus de BMW. La marque à l’étoile gagne là son dernier blason, c’est de bon augure. Premier contact positif donc pour la qualité perçue et un sentiment d’être bien accueilli à bord de la nouvelle Classe E. Il faut dire que la sellerie a fait l’objet de nombreuses améliorations pour éviter, sur de longs parcours, l’affaissement des mousses d’assises. Pour le coup, c’est la fermeté un peu excessive au début qui se remarque puis un excellent confort.

Baisse spectaculaire du CO2

Pour notre premier parcours d’essais, nous avons jeté notre dévolu sur une E 220 CDI Avantgarde, version qui sera la plus diffusée chez les utilisateurs professionnels. Remarquez que d’un strict point de vue financier pour la TVS, le 2. 1 turbodiesel émet 139 g de CO2 (5,3 l/100 km) en 136 ch (disponible en septembre),170 ch ou 204 ch. Deux conditions tout de même à réunir : choisir les jantes de 16 pouces au lieu de 17 pouces de série (gratuit) et se limiter à la boîte manuelle 6 rapports, très agréable à l’usage. La boîte auto 5 rapports, tout aussi agréable faisant passer les émissions de CO2 à 159 g (6,0 l/ 100 km), soit 20 g de plus tout de même : la TVS faisant un bond de 695 € à 1 590 €, ce qui reste du domaine justifiable pour une grande routière.

Comme le souligne fort justement ce constructeur : « une E 220 CDI BVA vendue à société bénéficie ainsi d’un repositionnement de près de 4 000 € sur 3 ans lié à la fiscalité ». D’ailleurs, pour Roland Schell, le nouveau patron de Mercedes-Benz France, « la Classe E est clairement un outil de reconquête de la clientèle pro ». A bon entendeur. . .

Quoiqu’il en soit, ce nouveau moteur dans ses trois puissances remet les pendules à l’heure par rapport à BMW et sa série 5 qui caracolait en tête depuis longtemps dans le segment. Sur la route, les 170 ch et surtout le couple de 400 Nm dès 1 400 tr/mn permettent aisément de rester sur les 4/5/6e rapports, y compris et surtout en ville. Dès que les conditions de circulation sont meilleures, la sixième permet de voyager en toute quiétude. Rien à redire, y compris pour le niveau sonore très bas et sans rugosité aucune. Une vraie machine à rouler comme Mercedes sait les faire. Ce bas niveau sonore régnant à l’intérieur permet aussi d’apprécier l’excellente filtration des trains roulants et la bonne insonorisation de l’habitacle. Et, contrairement par exemple au récent GLK emmené par le même moteur, de savourer le silence à bord en l’absence de bruit aérodynamique (CX de 0,25).

Sécurité et confort

Reste tout de même un comportement dynamique très typé «confort» avec une prise de roulis marquée en virage, propice au confort mais ne favorisant pas l’agilité sur petites routes. La direction paraît même parfois trop assistée, gommant les informations sur le placement de la voiture. Face à cette marque de fabrique du constructeur, il sera judicieux de choisir le pack Avantgarde Executive qui comprend la suspension surbaissée (- 15 mm) et des réglages «sport».

Signalons au passage que ce pack ainsi que le pack Elegance Executive sont une particularité hexagonale spécifiquement développés pour les ventes sociétés avec un équipe- ment très complet. La liste exhaustive serait interminable mais sachez que dès le niveau Classic, le nouveau système de détection de la somnolence «Attention » est de série alors qu’en option, vous pourrez accéder au nec plus ultra des technologies de sécurité : avertisseur de franchissement de ligne (si les clignotants ne sont pas activés) avec détecteur d’angle mort, régulateur de vitesse et de distance avec freinage Pre-safe (sur boîte auto), système de vision de nuit par infrarouge, etc. Belle panoplie utile mais coûteuse.

Avec cette nouvelle Classe E, Mercedes France compte bien conquérir plus de 30 % du segment (ce qui était le cas de la précédente génération) tout en faisant passer sa part des ventes sociétés à plus de 35 %. Les nouvelles motorisations diesel l’y aideront sûrement !

Notre avis

Bien

Moteurs sobres et performants

Confort et rigueur de comportement

Qualité de fabrication.

A revoir

Prise de roulis

Innovations technologiques en option.

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