Mercedes EQC : premier-né de la gamme EQ

Mercedes-Benz a présenté le 4 septembre à Stockholm le premier véhicule de sa nouvelle marque dédiée aux motorisations électriques, le SUV EQC.

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Mercedes EQC
Mercedes EQC

Pour inaugurer la marque EQ, synonyme de mobilité électrique intelligente, Mercedes a misé sur le très populaire segment des SUV sportifs. L’EQC mesure ainsi 4,7 m de long et 1,6 m de haut. « Avec davantage de volume, nous avions aussi plus de liberté pour implanter la batterie sans compromettre l’habitabilité du véhicule », a précisé Jochen Hermann, vice-président du développement CASE (Connected, Autonomous, Shared, Electric) et edrive.

Ce concurrent de l’I-pace, du Model X et de l’e-tron quattro conserve toutefois un design assez classique, proche de celui du GLC. Et pour cause, il sera fabriqué dans l’usine de Brême en Allemagne sur les mêmes chaînes de production que la Classe C berline et break, le GLC et le GLC Coupé. L’objectif : pouvoir adapter le mode de propulsion des véhicules produits selon la demande.

On note toutefois quelques originalités : bien que 100 % électrique, le véhicule arbore une calandre. « Qu’il y ait besoin d’une entrée d’air à l’avant ou pas, nous avons pensé qu’il fallait un visage à l’EQC », a argué Robert Lesnik, directeur du design extérieur. Une bande bleue lumineuse relie les feux à l’avant et à l’arrière, tandis que les buses d’air intérieures et le coloris rose sont inspirés des circuits imprimés. Enfin, pour renforcer l’image verte de la marque, l’EQC embarque une centaine de composants fabriqués à partir de matériaux recyclés ou recyclables.

Une autonomie de 450 km NEDC

Alors que la production du véhicule ne commencera que début 2019, ses batteries sont d’ores et déjà fabriquées à Kamenz, sur le site de la filiale de Daimler Deutsche Accumotive. Ce SUV s’équipe de six modules lithium-ion d’une capacité totale de 85 kW (80 kW utilisés) pour un poids de 650 kg et une autonomie de 450 km NEDC. Ces modules alimentent deux moteurs asynchrones situés sur les essieux avant et arrière. Le véhicule bénéficie ainsi d’une puissance nominale de 300 kW (408 ch), d’un couple maximal de 765 Nm et d’une vitesse bridée à 180 km/h.

L’EQC consomme en moyenne 22,2 kWh/100 km. Cependant, son chargeur embarqué dispose seulement d’une puissance de 7,4 kW. Et sur une borne de recharge rapide, la batterie récupère 10 à 80 % de sa charge en 40 minutes. Le VE dispose toutefois de cinq niveaux de récupération de l’énergie, de légère à forte, contrôlables par le conducteur.

La fusion des données des différents capteurs du véhicule contribue également à améliorer les performances du système de récupération de l’énergie. Par exemple, « le véhicule ralentit et récupère quand son radar détecte un véhicule qui ralentit devant ou quand ses informations lui indiquent une limitation de vitesse à venir, un carrefour ou un rond-point », illustre Markus Kern, responsable de la stratégie chaînes cinématiques alternatives. Le système tient également compte de la topographie. Un jeu de couleurs facilite la lecture de l’état de la charge et des phases de récupération sur le tableau de bord.

Mercedes EQC tableau bord
Mercedes EQC

Batterie et composants électriques : la sécurité avant tout

Mercedes a aussi travaillé la sécurité « électrique » du véhicule. La batterie de 350 V, implantée dans le plancher du véhicule, dispose d’un cadre résistant, d’une structure anticollision et d’un bouclier avant. De plus, en cas de choc important, le système électrique haute tension se coupe automatiquement. Les secours peuvent également le désactiver manuellement, et ont accès à la fiche de sauvetage via des autocollants avec QR code. Les capteurs de crash arrêtent en outre la charge en cas d’impact pendant la recharge. Plus globalement, le véhicule a déjà subi plusieurs batteries de tests dont 65 % en conditions réelles.

Le SUV s’équipe également de plusieurs technologies d’assistance à la conduite et de confort, telles que la préclimatisation, la commande vocale basée sur le langage naturel, l’assistant de régulation de distance ou encore le freinage aux intersections.

Le lancement de l’EQC et de la marque EQ s’accompagne en outre de plusieurs services spécifiques à la mobilité électrique via notamment le système d’infodivertissement MBUX (Mercedes-Benz User Experience) et l’application mobile Me Connect. Le système de navigation du véhicule planifie ainsi les arrêts pour la recharge. L’application Mercedes Me Charge permet d’accéder et de payer aux bornes de plusieurs exploitants, dont celles du réseau paneuropéen Ionity.

Recharge : des services pour les flottes

Le boîtier de recharge de Mercedes, la WallBox, intègre un compteur électrique, permet un contrôle d’accès RFID et peut être connecté à internet en version Advanced et Twin. « Il devient alors possible de gérer plusieurs véhicules de différents utilisateurs », indique le constructeur. Ce dernier propose d’ailleurs des solutions de programmation, suivi et facturation de la recharge à destination des flottes. Elles permettent notamment de distinguer les recharges à domicile et de savoir quel véhicule électrique est le plus adapté aux parcours de chaque employé.

En attendant, pour faciliter le passage à l’électrique, Mercedes vient de lancer EQ Roady App, une application mobile permettant à chacun d’étudier son comportement de conduite. « À partir de ces paramètres, elle va vous montrer combien de parcours vous pourriez faire avec une ou deux charges de batterie, à quelle fréquence vous devriez recharger votre véhicule, où vous pourriez le recharger, et ceci bien avant que vous ne soyez propriétaire d’un VE », décrit Joerg Heinermann, responsable mondial des ventes et du marketing Mercedes-Benz EQ.

Électrifier l’ensemble de la gamme d’ici 2022

Il faudra toutefois attendre 2019 pour connaître les tarifs de l’EQC, avant sa commercialisation dans le courant de l’année. Le SUV électrique sera également fabriqué en Chine par la société germano-chinoise Beijing Benz Automotive Co. (BBAC) pour le marché local.

Ce premier véhicule sera suivi par d’autres modèles, dont l’EQ et l’EQ Boost, qui seront produits non seulement en Allemagne mais aussi aux États-Unis et pour certains sur le site de Hambach en France. Mercedes a en effet pour objectif d’électrifier l’ensemble de sa gamme et de lancer au moins une variante 100 % électrique dans chaque segment d’ici 2022. « Nous investirons au cours des prochaines années plus de 10 milliards d’euros dans les nouveaux produits EQ et plus de 1 milliard dans la production de batteries », a ainsi annoncé Dieter Zetsche, président du directoire de Daimler AG et responsable de Mercedes-Benz Cars.

Caractéristiques techniques

Émissions de CO2 0 g/km
Consommation d’électricité (NEDC) 22,2* kWh/100 km
Autonomie (NEDC) plus de 450* km
Transmission 2 moteurs asynchrones, transmission intégrale
Puissance nominale 300 kW (408 ch)
Couple maxi 765 Nm
Vitesse maximale 180 km/h (avec bridage)
Accélération de 0 à 100 km/h 5,1 s
Batterie Lithium-ion
Capacité énergétique de la batterie (NEDC) 80 kWh
Poids de la batterie 650 kg
Longueur/largeur (avec rétroviseur)/hauteur 4 761/1 884 (2 096) /1 624 mm
Voie (AV/AR) 1 625/1 615 mm
Empattement 2 873 mm
Coffre (selon l’équipement) environ 500 l
Poids à vide/P.T.A.C./Charge utile (DIN) 2 425*/2 930/505 kg
Charge remorquée autorisée avec déclivité de 12 % 1 800 kg
*valeurs provisoires
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