Les mesures pour enrayer la hausse des prix des carburants

Face à la hausse des prix du carburant, le gouvernement va appliquer une remise de 15 centimes d’euro par litre à la pompe à partir du 1er avril pour une durée de quatre mois.
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Le conflit en Ukraine tire les prix des carburants à la hausse. Ces tarifs ont ainsi dépassé la semaine dernière la barre symbolique des 2 euros par litre. Par exemple, le diesel s’affiche aujourd’hui, lundi 14 mars, à 2,1 euros/l, en hausse de 12,5 % en une semaine et de 39 % sur un mois. Le gazole se vend désormais plus cher que le SP95 E10 (2,01 euros/l) selon le site Carbu.com.

Et cette flambée des prix touche autant les entreprises que le pouvoir d’achat des Français. En réponse, le gouvernement a décidé dans l’urgence de mettre en place une remise à la pompe. Celle-ci s’élèvera à 15 centimes d’euro par litre. Cela permettra de « récupérer » près de 10 euros sur un plein de 60 litres, a souligné le Premier ministre Jean Castex dans un entretien au Parisien.

2 milliards contre la hausse des carburants

Cette mesure va coûter environ 2 milliards d’euros à l’État. Et bénéficiera à tout le monde, particuliers et professionnels. Tous les carburants comprenant du brut seront concernés, à l’exception du bioéthanol E85. À noter que la remise ne se verra pas sur les prix affichés à l’entrée des stations. Mais elle s’effectuera au moment du paiement, en caisse ou par carte bancaire dans les 11 000 stations-service de France. Cette ristourne sera ensuite remboursée aux distributeurs.

En revanche, cette mesure n’entrera en vigueur qu’à partir du 1er avril prochain et ce jusqu’au 31 juillet, le temps d’organiser le dispositif. Un nouveau dispositif plus ciblé devrait lui succéder, a indiqué Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, le lundi 14 mars au matin sur RTL. Il s’agit de venir en aide « aux gros rouleurs obligés d’utiliser leur véhicule pour travailler ou aller travailler ». Cela pourrait se traduire par une augmentation de l’indemnité kilométrique, a-t-elle précisé. Une indemnité kilométrique déjà revalorisée en début d’année.

« Un geste normal »

Pour les organisations professionnelles et de défense des automobilistes, ces aides gouvernementales sont réclamées depuis longtemps. L’association 40 millions d’automobilistes juge le geste « juste normal puisque l’État engrange actuellement des recettes de TVA qui dépassent le budget prévu. » De son côté, la Fédération nationale de l’automobile (FNA) a adressé une lettre ouverte au gouvernement pour demander une baisse des taxes sur les carburants, « soit la déduction du montant de la TICPE de la base de calcul de la TVA, soit la restauration du mécanisme de la TICPE flottante ». Des taxes qui représentent deux tiers du prix des carburants à la pompe.

Un chèque carburant au Medef

De son côté, le Medef, par la voix de son président Geoffroy Roux de Bézieux, a préconisé ce mardi 15 mars au matin la mise en place d’un chèque carburant. Ce dispositif représenterait un montant de 300 euros par an par salarié. Et il viendrait remplacer le versement mobilité réglé par les entreprises à l’Urssaf, à destination des autorités organisatrices de transports (AOT) afin de financer les transports en commun.

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